‹ L'autographeChapitre 18 sur 31 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

LA COMTESSE

Est-ce qu’il était beau, ce bal?^

CUASTKNAY.

Ce bal... oui, il était superbe.

LA COMTESSE

Je regrette de ne pas y être ailée...

Vous aimez le monde, comtesse?

LA COMTESSE

Mais sans doute...

CHASTENAY

Vous aimez le monde... au fait c’est tout naturel... vous... vous devez Taimer.

LA COMTESSE

Vous ne l’aimez pas, vous?..

CHASTENAY

Le jour où je voudrai rencontrer un sentiment vrai... profond, sérieux... ce n’est certainement pas dans le monde que j’irai le chercher.

LA COMTESSE

Et pourquoi cela?

CHASTENAY

Donner peu pour recevoir beaucoup... les gens du monde ne suivent pas d’autre maxime dans ce qu’ils appellent un commerce d’amitié... commerce... commerce est bien dit, et luand ce n’est pas d’amitié qu’il s’agit... quand il s’agit de... Ah! comtesse, comtesse, savez-vous comment j’aurais voulu être aimée... si j'avais été femme !..

LA COMTESSE

Je ne m’en doute pas, mais je serais enchantée de le savoir.

CHASTENAY

J’aurais voulu être aimée par un homme à qui une position inférieure eût interdit toute espèce d’espoir, par un homme qui eût fait de moi le but unique de toutes ses pensées, sachant bien que jamais il n’aurait le droit de me demander une seule des miennes.

LA COMTESSE

Mais, c’est absurde, ce que vous me dites là...

CHASTENAY

Mais non, non, et j’avoue que si un jour cet homme, ou bliant toute retenue, s’était laissé emporter jusqu’à, laisser pa raître cet amour... Eh bê^n! j’aurais été singulièrement flatté et heureu...se, si j’avais été femme!..

LA COMTESSE

C’est absurde, et puis, c’est inconvenant.

CHASTENAY

Ah! vous ne pouvez pas me comprendre.

LA COMTESSE

je vous suis bien obligée... (Entre Rlscara de ch«* lui.)

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