‹ L'autographeChapitre 7 sur 31 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

FLAVlOj s’asseyant à droite.

J^y rf^Conmerai, moi aussi^ si vous ne vous arrangez pas de façon « remettre les choses sur l'ancien pied.

Voyons, ne te fâche pas... et... dis-moi... si la comtesse n’aime plus la musique, elle aime antre chose sans doute?

FL A VIO.

Oui, elle aime la littérature...

RISCARA.

Ah! diable et depuis quand?

FLÂVIO.

Depuis le jour où ce monsieur Chastenay a mis les pieds

RISCARA.

Un homme de talent, M. Chastenay.

FLAVIO

Du talent... un homme qui chante faux... je l’ai entendu...

(il se lève.)

RISCARA.

Cela ne fait rien, on peut chanter faux et avoir...

FLAVIO

Mais non! mais non!.. Enfin, tout à l’heure je l’ai trouvé seul avec la comtesse; en partant il a dit qu’il reviendrait : depuis trois semaines il ne bouge pas d’ici...

RISCARA.

Diable... diable!..

FLAVIO

Vous voyez qu'il n’y a pas de temps à perdre. Si la comtesse me traite ainsi, c'est ce monsieur Chastenay qui en est cause.

RISCARA, remontant.

Tu as peut-être raison, cousin... et je m’occuperai de cela...

FLAVIO, remontant aussi.

11 faut VOUS en occuper tout de suite.

RISCARA.

C’est que j’allais sortir...

FLAVIO

Vous ne sortirez pas... Je suis votre cousin, que diable... si roiis m’aimez, mes affaires doivent passer avant tout...

RISCARA.

Voyons... il y a peut-être moyen de tout arranger, (ils r«desendent.) Pendant que je vais m’occuper de tes affaires, ta va«, oi, t'occuper des miennes.

FLAVIO

Je le veux bien...

RISCARA.

Tu vas... tâche de bien comprendre...

FLAVIO

J'écoute...

Tu vas aller au théâtre du Palais-Royal; il est huit heures et demie. Le prince Foscarini est sans doute déjà dans sa stalle. Tu te placeras de façon à ce qu’il ne t’aperçoive pas, et tu ne le perdras pas de vue. Dans la pièce que Ton va jouer il y a une petite hlonde fort jolie qui se nomme Armande. Tu remarqueras si elle s'occupe du prince. La pièce finie, tu descendras. Foscarini sera en train de se promener sur fun des deux trottoirs de la rue qui est [derrière le théâtre. Tu te promèneras sur Pautre. Armande sortira par la porte des artistes et s'en ira. Tu verras si elle monte dans la voiture du prince, et tu viendras me le dire.

FLAVIO

C’est tout?..

RISCARA.

Oui. As-tu compris? Faut-il recommencer?

FLAVIO

C’est inutile. Je vous dirai si Armande s’en va avec le prince.

RISCARA.

Maintenant, cousin, un conseil. Tu te négliges beaucoup depuis quelque temps; ma parole d’honneur, tes cheveux sont presque en désordre.

FLAVIO

C’est le désespoir.

RISCARA.

C’est une faute, une faute très-grave. C'est justement lorsque les femmes font mine de s'éloigner de nous, qu'il faut bien nous garder de leur donner le moindre prétexte de s’entêter dans leur éloignement. Va te faire friser, cousin, et aie confiance en moi.

FLAVIO

Je compte sur votre promesse... (ii sort par le fond.)

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