CHAPITRE V
Comparaison avec les métho es parallèles (Lait - Vaccins)
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Nous voudrions, dans ce chapitre, établir la comparaison entre les avantages et les inconvénients respectifs de l’autohémothérapie et des méthodes parallèles.
Nous avons limité cette étude comparative aux injections de lait et aux stock-vaccins.
Nous avons laissé de côté les sérums antigonococciques et les auto-vaccins qui sont d’un emploi beaucoup plus restreint.
Mais la comparaison des PAU que donnent ces diverses méthodes est extrêmement délicate. L’épididymite blennorragique est une affection à marche capricieuse ; les douleurs cessent parfois brusquement bien que la tuméfaction subsiste aussi intense du niveau des bourses ; les phénomènes inflammatoires peuvent persister très longtemps ou, au contraire,
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disparaître précocement au delà de toute espérance. De plus, à quel moment peut-on déclarer guéri un épididyme, alors que souvent les malades reprennent leurs occupations habituelles, conservant un noyau induré volumineux pendant longtemps encore?
Ces réserves étant faites, examinons le traitement par les injections de lait.
Les injections de lait
L'efficacité du lait dans le traitement des orchiépididymites blennorragiques est indiscutable. |
Les travaux de MM. Hudelo, à Paris, Bonnet, à Lyon, l'ont pleinement mise en lumière. |
Les injections de lait exercent une action analgé- -sique, décongestionnante de premier ordre et abrègent l’évolution des lésions : Sur les 12 observations que M. Bonnet présente dans la thèse de son élève Bouhet, une épididymite au début a été jugulée par deux injections de lait et dans les 11’autres cas, l’évolution de cette complication a duré de quinze jours à un mois.
Cependant, cette thérapeutique, excellente dans ses résultats, n'est pas à l’abri de toute critique.
Elle s'accompagne très souvent d'une série de réaclions assez pénibles pour le malade : élévation thermique à 40°, sensation de lassitude générale et de fatigue avec céphalée qui oblige le malade à s’aliter alors que ce dernier désirerait précisément un soulagement immédiat qui lui permettrait de pouvoir continuer ses affaires ou, dans d’autres cas, de ne point révéler l’affection à son entourage.
Mais les injections de lait entraînent des risques beaucoup plus sérieux et les médecins qui ont employé cette méthode de traitement ont décrit des réactions vraiment impressionnantes : dans certains cas, la fièvre monte à 40° et même 41°, le pouls devient rapide, la tension baisse, le malade est pris de nausées et de vomissements, d’une ,céphalée très pénible et d'un état d’abattement qui peut durer plusieurs heures.
On a même signalé des cas de mort à la suite d’injJections de lait.
Enfin, rappelons les risques éloignés d'accidents anaphylactiques par la sensibilisation que l’on crée dans l'organisme (Danysz).
Si exceptionnels que puissent être les accidents que nous venons de décrire, leur simple possibilité peut faire hésiter le praticien.
Autre inconvénient — il existe une série de contreindications à l'emploi du lait : l'asthme (Hudelo), la bacillose, l’albuminurie et les néphrites, les affections cardiaques graves (Domec), la cachexie et l’artériosclérose (Wiesc), enfin les injections de lait antérieures à une dizaine de jours (accidents anaphylactiques).
Cette série de contre-indications, la réaction habituelle aux injections de lait et surtout les accidents graves qui peuvent survenir constituent des inconvénients sérieux à la lactothérapie.
Nous ne pensons pas d’ailleurs que les résultats ob-tenus soient suffisants pour compenser les risques que cette méthode présente.
Il nous semble que l'on doive hésiter à employer
une thérapeutique qui peut devenir si dangereuse chez des malades qui guériraient presque à coup sûr par le simple repos du lit, et chez lesquels, en tout cas, l'amendement des phénomènes douloureux peut être obtenu sans réaction par l’autohémothérapie.
La vaccinothérapie
Nous n'avons pu expérimenter tous les divers vaccins qui ont été proposés, ni étudier tous les résultats publiés.
Nous nous sommes rapportés aux travaux qui ont traité l’ensemble de la question de la vaccination antigonococcique ; en particulier nous nous sommes documentés dans le Compte Rendu de la 23° Session de l’Association française d'Urologie et dans la thèse de M. Lebeuf, chef de Service à l’Institut bactériologique de Lyon.
Avec les vaccins à faible concentration microbienne, vaccins de Bruschettini, de Wright, de Nicolle et Blaizot (Dmégon), les auteurs ont eu en général de bons résultats dans le traitement des épididymites blennorragiques ; ils ont, en particulier, observé une sédation rapide des phénomènes douloureux.
Les vaccins plus puissants, comme celui de l’Institut Pasteur, ont donné également satisfaction sur la courbe de la température, la tuméfaction locale et la douleur.
M. Borelli a traité 62 épididymites avec succès par le vaccin de Bruschettini. a
M. Payenneville, employant celui de l’Institut Pas-
teur, eut, sur 5 cas, 4 sédations rapides, dont 2 après exacerbation passagère de la douleur.
M. Bonnet de Nancy traite avec succès 29 épididymites par la vaccinothérapie.
De même, M. Roussille apporte une statistique heureuse sur les malades de l’armée.
En commençant le traitement tout au début de l’affection, M. Bonnet obtient, au moyen des vaccins, une évolution abrégée et presque indolore (16 cas).
M. Colombino écrit même : « Aujourd’hui, quand un malade se présente à nous atteint d’épididymite . gonococcique, nous pouvons le rassurer il ne gardera pas le lit, et n’aura ni fièvre, ni douleurs. »
Cependant, à examiner d’autres statistiques, on s'aperçoit que les résultats n'ont pas toujours été aussi bons que les précédents. Ainsi Maltète utilisant le vaccin de l’Institut Pasteur sur 14 épididymites note que dans 6 cas le vaccin a été inactif.
MM. Nicolas, Favre, Massia et Gaté dans un article de la Province Médicale du 18 avril 1914 donnent les résultats obtenus sur deux orchi-épididymites traitées par le vaccin de Nicolle et Blaizot Un des malades entre à l'hôpital avec une épididymite double datant d’un mois : l'amélioration apparut à la troisième injection seulement et l'affection ne prit fin que vingtcinq jours plus tard.
L’autre malade présentait à son entrée une épididymite datant de huit jours. La deuxième injection : de vaccin calme les phénomènes douloureux. Puis dans la suite du traitement il se produit une rechute sérieuse, la température monte à 40° et les lésions re-
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viennent à leur maximum. On cesse le traitement. Le malade guérit alors en une dizaine de jours.
Enfin, nous avons essayé nous-même sur 3 malades du Service de M. le Professeur Nicolas le vaccin de l’Institut bactériologique de Lyon :