‹ L'autohémothérapie dans le traitement des épididymites blennorragiquesChapitre 8 sur 48 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Nous n'’entreprendrons pas de retracer toute l’histoire de l’autohémothérapie depuis que Denis (de Montpellier) l’utilisait sur ses malades dès 1667, mais seulement de rappeler les principaux travaux qui s’y rattachent.

Ce n’est qu’à partir de 1906, avec M. P.-E. Weil,

‘que l’on voit l’autohémothérapie utilisée et étudiée d’une façon scientifique. Cet auteur l’employait dans l’hémophilie : une seule injection de 25 centimètres cubes par crainte d'accidents anaphylactiques.

En 1912, on relève de nombreux travaux, en France ceux de MM. Sicard et Gutmann, puis ceux de M. Ramond. Les premiers essayent l’autohémothérapie dans l’épilepsie tandis que M: Ramond l’emploie pour combattre les hémoptysies des tuberculeux. Mais c’est en Allemagne que l’on a utilisé pour la première fois le sang dans le traitement des derma-

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toses et l’on doit citer les noms de Mayer, Linser et de Spiethof.

L'honneur d’avoir établi en France l’autohémothérapie en dermatologie revient à M. Ravaut. Cet auteur traite avec succès 11 dermatoses et 2 épididymites blennorragiques et publie ces premiers résultats dans les Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie de mai 1913.

De 1914 à 1921, l’autohémothérapie est appliquée à un grand nombre de maladies avec des résultats divers ; au rhume des foins par M. Sicard, à la fièvre typhoïde par MM. Ramond et Goubert, à l’encéphalite léthargique par M. Mouriquand, aux vomissements gravidiques, à divers états hémorragipares. La liste est incomplète, disparate, mais elle montre que les esprits sont tournés vers l’étude de cette nouveile thérapeutique.

En 1921, paraît le remarquabte travail de MM. Widal, Abrami et Brissaud sur la protéinothérapie et le choc colloïdoclasique, travail qui a singulièrement | éclairé le mode d’action de l’autohémothérapie.

La même année, MM. Nicolas, Gaté et Dupasquier publient 10 cas de dermatoses puéries par les injections d’auto-sang.

Nous sommes à l’origine des nombreux travaux dont M. le Professeur Nicolas a pris la direction à la Clinique de Dermatologie de l’Antiquaille.

I fallait, en effet, préciser la conduite du traitement, les indications, la valeur ie l’autohémothérapie comparée à celle des autres méthodes de traitement.

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Aussi, à partir de 1921, M. Nicolas et ses élèves font publier dans les journaux médicaux lyonnais, dans les Annales de Dermatologie et Syphiligraphie, dans plusieurs comptes rendus à la Société de Biologie les résultats de leurs travaux sur l’Autohémothérapie.

Les études de MM. Arloing et Langeron sur le rôle du Sympathique dans les chocs colloïdoclasiques, celles de M. Kopaczewski sur le mode d'action comparé de la protéinothérapie banale et de la bactériothérapie spécifique, parues en 1923, permettent de mieux saisir le mécanisme par lequel agit l’autohémothé- . rapie.

Au cours de 1924, de nombreux travaux paraissent à l’ étranger.

En Italie, Mino précise un point important de la technique des injections d’auto-sang ; G. Mariani apporte les résultats de près de 400 traitements par les injections de protéines les plus diverses.

En Allemagne, nouvelles études sur le mécanisme de la protéinothérapie par Uhlmann, qui confirment les théories de-MM. Arloing et Langeron sur le Sympathique.

En France, ainsi que M. Gougerot l'avait fait quelques mois plus tôt, M. J. Danysz insiste sur les inconvénients de la protéinothérapie pour l’avenir des malades.

Enfin, le 20 mais 1924, le Journal de Médecine de Lyon publie une étude critique de l’Autohémothérapie en dermatologie de MM. Nicolas, Gaté et Dupasquier, qui synthétise les travaux des années antérieu-

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res et constitue un exposé précis de l’état actuel de la question.

Vers cette époque M. le Professeur Nicolas nous fit l'honneur de nous charger d'étudier, sous sa haute direction, l'influence de l’autohémothérapie sur le cours des orchites blennorragiques.

Il n’était paru en effet que peu de travaux sur ce sujet. À part les deux observations de M. Ravaut (1913) qui ne permirent pas à l’auteur de conclurè,. nous n'avons relevé dans la littérature que les études de M. Mélamet et de M. Lavenant. Ce dernier, dans le compte rendu de la vingt-troisième Session de l’Association française d’Urologie (Paris, 10-13 octobre 1923), expose les résultats qu'il à obtenus sur quatre cas d’épididymites aiguës. D'ailleurs, ces résultats étaient peu concluants car : 1° l’auteur s’est adressé à des malades dont l'affection remontait au moins à douze jours ; 2° le nombre de ces malades est notoirement insuffisant.

Une affection, comme l’épididymite, dont la marche est essentiellement variable, dans l'intensité de ses manifestations, dans la durée de son évolution, demande un nombre considérable de résultats constants avant que l’on puisse poser des règles formelles.

Au surplus, M. Lavenant emploie la technique de M: Mélamet, assez différente de l’autohémothérapie ordinaire ; elle consiste, en effet, à injecter 2 centimètres cubes de sang additionnés de 2 centimètres cubes de manganèse colloïdal. Il est donc assez difficile de dire la part qui revient au sang et celle du manganèse dans les résultats obtenus.

L'action de l’autohémothérapie dans le traitement des orchi-épididymites restait donc assez peu con nue. Nous sommes heureux de pouvoir apporter quelques observations nouvelles, qui permettront peutêtre d’avoir une opinion un peu plus nette sur la question — sans toutefois que nous puissions prétendre l'avoir entièrement résolue.

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