‹ L'automatisme psychologiqueChapitre 11 sur 90 · HR A · texte numérisé non relu

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ment pas le néant de toute conscience. D’ailleurs, la léthargie naturelle présente bien quelquefois des contractures générales, mais ordinairement n’amène pas cette hyperexcitabilité neuromusculaire !. La léthargie hypnotique me parait être plutôt un degré de conscience élémentaire, une sensation musculaire si rudimentaire qu’elle reste tout à fait isolée et ne se généralise pas assez pour diriger le mouvement de tout un bras?. Un troisième exemple sera plus net encore. Un caractère singulier de Léonie, c’est que tout changement d'état quel qu'il soit est toujours signalé par un soupir brusque, une sorte de petite convulsion respiratoire. L'état de syncope est rare chez elle, tout à fait accidentel, et il m'a toujours effrayé, car 1l s'accompagne de troubles respiratoires et d’étouffements. Qu'il cesse spontanément ou qu'on précipite sa conclusion en mettant la main sur le front du sujet, il se termine toujours par un soupir brusque, après lequel le sujet est dans un état bien connu qui est tout à fait la léthargie hypnotique classique avec tous ses caractères *. Mais nous pouvons remarquer dans cette léthargie, plus nettement que dans celle de Lucie, le premier retour de la conscience. Quand une contracture à été produite par le choc des tendons ou des muscles, il n’est pas nécessaire, comme on l’a déjà remarqué, de frapper exactement les muscles antagonistes pour la résoudre ; il suffit de frapper les muscles au hasard pôur que d’autres sensations musculaires remplacent la première. Bien plus, pour défaire une contracture du bras en flexion, il me suffit de tirer doucement le bout des doigts. Ne semble-t-il pas qu'il y

‘ Gilles de la Tourette. L’hypnotisme el les étais analogues, 1887, 223.

? Sans vouloir discuter dans ce travail purement psychologique la question sicontroversée des trois états de l’hypnotisme dont on a d’ailleurs beaucoup exagéré l’importance, je puis faire quelques remarques à propos des observations précédentes. La catalepsie et même l’état improprement appelé léthargie avec hyperexcitabilité neuro-musculaire me semblent des états parfaitement réels qui surviennent naturellement au cours d’une grande crise d’'hystéro-épilepsie ou même pendant l’état de somnambulisme provoqué chez des sujets qui ont déjà eu des crises de ce genre, Mais il faut ajouter que ces états, surtout le dernier, sont fortrares, ensuite qu’ils sont bien plutôt des modifications psychologiques que des modifications physiques et que la conscience subsiste, quoique très altérée, et réduite même, dans la léthargie, enfin qu’un très grand nombre de sujets reproduisent ces états par simple automatisme quand ils en ont entendu parler ou quand ils ont pu les voir. Cf. ["° part., ch. 11.

# J'ai déjà décrit cet état de Léonie et les suivants dans mon article sur les Phases intermédiaires de l'hypnotisme. Revue scientifique, 1886, 1, 577

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ait quelque conscience capable de sentir l’extension du bras, comme il y en a une dans la catalepsie qui sent la position des membres? La léthargie se termine par un soupir brusque et le sujet a fait de nouveaux progrès. Les membres ne se contracturent plus quand on les touche, ils comprennent plus vite les modifications qu'on veut leur imprimer, ils gardent avec une précision étonnante la position où on les met. Mais les mouvements communiqués ne se continuent pas encore, les bras restant toujours immobilisés dans la dernière situation. J'avais cru utile autrefois de désigner cet état qui participait de la léthargie et de la catalepsie par un nom particulier. Mais cette nomenclature n’a pas en réalité grand avantage; on peut établir autant de degrés que l’on voudra dans ce réveil graduel de la conscience. Chez Léonie, ces degrés marqués par des soupirs présentent quelque netteté, mais chez Rose le changement se fait d’une manière continue, et quand il se fait lentement, on peut noter un nombre considérable d'états entre la syncope et la vie somnambulique complète. La seule chose qu'il faille retenir, c’est que la catalepsie ne se présente pas sous une forme unique avec les yeux ouverts et avec l'aptitude à présenter simultanément tous les phénomènes que j'ai décrits. Chez Léonie, il y a trois degrés de catalepsie avec les yeux fermés: d’abord les membres restent immobiles sans continuer les mouvements, puis les membres sont capables de continuer les mouvements communiqués et la figure prend une expression en harmonie avec ces mouvements, enfin la sensation du tact semble renaitre et un objet mis dans les mains provoque certains mouvements habituels. Après ce dernier degré, les yeux s'ouvrent d'eux-mêmes, et il y a quatre formes de catalepsie avec les yeux ouverts. Je n’insiste pas sur les différences de ces états qui sont, je le répète, insignifiantes ou du moins très particulières à ce sujet. C’est d’abord le sens de la vue qui se réveille et le sujet est susceptible d’imitations, puis le sens de l’ouie dans une écholalie qui n’est jamais aussi parfaite que celle de Rose, ensuite un début d'intelligence, de la parole et la possibilité de provoquer des hallucinations, puis des paroles incohérentes, une sorte de délire et enfin des paroles sensées dans une vie somnambulique complète. Quand on approche de ce dernier point, les caractères de la catalepsie, limitation, l'harmonie de l'expression disparaissent. Cet exemple prouve donc, comme les précédents, que les états cataleptiques correspondent à une pen-

sée très rudimentaire, à des sensations tout à fait isolées et incapables de réagir les unes sur les autres.

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