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L’OUBLI ET LES DIVERSES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SUCCESSIVES

Ce n’est que dans des circonstances fort rares et fort extraordinaires que les actions humaines sont ainsi isolées et impersonnelles ; elles semblent d'ordinaire être la manifestation d’un caractère et dépendre d’une personnalité. Afin de poursuivre

l'étude des actions automatiques dans des conditions plus complexes qui se rapprochent de l’état normal, il nous faut chercher des états psychologiques susceptibles d’expérimentation, mais dans lesquels cependant le caractère et la personnalité commencent à se développer : c’est l’état connu sous le nom de somnambulisme qui remplit le mieux ces conditions.

Nous voyons, en effet, chez les somnambules, la vie automatique de l’esprit grandir et s'étendre, former une mémoire particulière, donner naissance à un caractère et à une personnalité nouvelle. Découvrir la nature et les caractères principaux de cette nouvelle forme de la vie psychologique, c’est voir sous une autre face l’activité des éléments de notre pensée.

LES DIFFÉRENTS CARACTÈRES QUI ONT ÉTÉ PROPOSÉS POUR RECONNAITRE LE SOMNAMBULISME

Cet état est en apparence fort connu; tantôt, comme on sait, il survient spontanément au milieu du sommeil, tantôt il forme une partie importante d’une crise nerveuse, tantôt il est artificiellement provoqué par des procédés qui ont été trop souvent décrits

pour que j'y insiste. Cependant il est fort difficile de trouver un signe qui le caractérise d’une manière générale, et la plupart des caractères qui ont été ainsi désignés nous semblent insuffisants ; en les passant en revue, nous verrons quelques caractères accessoires de cet état, mais il nous restera à en chercher le signe distinctif. |

Quelques-uns de ces caractères ont été appelés physiques, non pas qu'ils fussent de véritables modifications visibles, mais parce qu’on les constatait au moyen de diverses expériences faites sur le corps du sujet. |

La plupart des anciens magnétiseurs considéraient l’insensibilité absolue de la peau comme étant la règle constante et le signe indubitable du somnambulisme. « Pour qu'il y ait somnambulisme, disait de Lausanne !, il faut que les sens extérieurs n'occasionnent aucune distraction et ne sentent rien. » « I n’y a pas de sommeil magnétique, écrit Baragnon?, sans insensibilité complète du corps et des sens, de telle sorte que nous nous aiderons, pour la constatation du sommeil, de tout ce qui peut nous convaincre de cette insensibilité. » Aussi les magnétiseurs ne manquent-ils pas d'essayer sur leur sujet des brülures et des piqüres d’épingles dès qu'il commence à dormir *. Dans le célèbre rapport présenté à l’Académie de médecine en 1837; M. Dubois (d'Amiens) se plaint qu’on ne lui ait laissé faire pour vérifier le somnambulisme « qu’un simple tatouage à coups d’épingle sur la figure et sur les mains ». Il aurait voulu faire mieux. Eh bien, le procédé de M. Dubois n'aurait pas grand résultat si on l’appliquait aux somnambules que j'ai étudiées. La plupart de ces personnes, presque toutes, étaient déjà anesthésiques sur une partie plus ou moins considérable du corps avant tout sommeil hypnotique, dans leur état le plus normal. En outre, elles étaient loin d’être régulièrement anesthésiques en somnambulisme; au contraire, j'ai été amené, pour certaines d’entre elles et dans certains cas, à considérer le retour de la sensibilité comme une preuve du somnambulisme le plus profond.

Un autre caractère curieux est signalé par les mêmes auteurs, L]

. 1 De Lausanne, Principes et procédés du magnétismeanimal, 1819, IT, d4 ; de même dans Teste, Magnétisme animal expliqué, 1845, 285. *Baragnon. Etude pratique du magnétisme animal, 1853, 33.

8 Lefortaire. L’art de magnéliser, 1860, 99.

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