‹ L'automatisme psychologiqueChapitre 36 sur 90 · DRE · texte numérisé non relu

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… d'expression.» Ajoutons que ces phénomènes, dans les cas que

nous étudions, étant isolés et, pour des raisons particulières, ne

trouvant pas de résistance à leur manifestation, se comportent

suivant la loi des phénomènes psychologiques isolés; ils se manifestent, ce qui pour eux est exister et durer. Les catalepsies partielles nous montrent le premier germe des consciences partielles que nous verrons grandir et se préciser dans nos autres études.

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L'anesthésie était la condition essentielle des phénomènes précédents; la catalepsie n'existait normalement que sur les menbres insensibles et disparaissait dès le retour de la sensibilité. Or tous les observateurs ont remarqué incidemment que quelquefois les membres sensibles participaient à cet état et restaient, ne fûtce qu'un moment, dans la position où on les mettait. J'ai cherché quelles étaient les conditions de ce nouveau fait et elles m'ont semblé tenir à un état de distraction momentané du sujet. La

distraction en effet, comme nous l’avons vu, équivaut chez les

hystériques à une anesthésie au moins momentanée.

Léonie étant bien réveillée, je la laisse causer avec une autre personne et, pendant un instant où, toutentière à la conversation, elle ne songeait plus à moi, je soulève doucement son bras droit ; ce bras reste en l’air, continue le mouvement commencé, etc., se comporte exactement comme faisait tout à l'heure le bras gauche. Il y a cependant une différence entre les mouvements inconscients du bras droit et ceux du bras gauche, c’est qu’ils existent dans celui-ci, même quand Léonie est prévenue et fait attention à moi, pourvu que le bras soit dissimulé par un écran, l’anesthésie du brasgauche rendantinutile la distraction ou plutôtétantelle-même une distraction suffisante ; tandis que les mouvements inconscients du bras droit n'existent que si l'attention de Léonie est complètement distraite sur un autre objet. Gesse-t-elle de parler,elle s’aperçoit de ce que fait son bras droit et l’arrète de suite. Sans doute, théoriquement, le mouvement inconscient peut-être plus

‘Dumont. Sensibilité, 102.

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facilement simulé par le bras droit sensible que par le bras !

gauche anesthésique ‘, mais nous ne nous arrêterons pas à cette objection trop générale ettrop vague qui porterait sur toute espèce d’'expérimentation psychologique. C’est à l’observateur à prendre ses précautions et à mettre à l'épreuve la bonne foi du sujet dans une foule d'expériences préalables. La meilleure preuve de la réalité des faits nous semble être, comme nous l'avons dit, dans leur complication, dans le lien que les expériences ont les unes avec les autres : le plus souvent le sujet ne comprend pas ce que l’on fait et il simulerait tout de travers.

Si la distraction précédente a produit une anesthésie momentanée du sens tactile et musculaire dans le bras droit, elle pourra produire d’autres anesthésies pour les autres sens. Voici d’abord une anesthésie visuelle obtenue par ce moyen. Quand les yeux de Léonie sont ouverts et que je ne me sers pas d'écran, il n’y a pas de mouvements inconscients, le mouvement que je commence s'arrête de suite. Mais, dès qu’on lui parle, le bras gauche se relève et reprend, même devant les yeux, la position que je voulais lui donner. Il avait enregistré l’ordre sans pouvoir l’exécuter ; à la première occasion, c’est-à-dire à la première distraction de Léonie, il se hâte de reprendre sa place.

La même distraction produira (sans qu’il soit possible dans ce chapitre d'expliquer comment) des anesthésies particulières de l’ouïe au moins pour mes propres paroles. Léonie, avec cette distraction facile qui est, comme nous l’avons vu, le propre des hystériques, écoutera les autres personnes qui lui parlent, mais ne m'écoutera plus et ne m’entendra pas même, si je lui commande à ce moment quelque chose. Cette femme ne présente pas, comme d'autres sujets, une véritable suggestibilité à l’état de veille. Si je m'adresse directement à elle et lui commande un mouvement, elle s'étonne, discute, et n’obéit pas. Mais quand elle parle à d’autres personnes, je puis réussir à parler bas derrière elle sans qu’elle se retourne. Elle ne m’entend plus, et c'est alors qu'elle exécute bien les commandements, mais sans le savoir. Je lui dis tout bas de tirer sa montre, et les mains le font tout doucement; je la fais marcher, je lui fais mettre ses gants et les retirer, etc., toutes choses qu’elle n’exécuterait pas si je les lui commandais directement quand elle m’entend. Il en

: Binet et Féré. Op. cit., 333.

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