‹ L'automatisme psychologiqueChapitre 41 sur 90 · EXÉCUTION SUBCONSCIENTE DES SUGGESTIONS POSTHYPNOTIQUES · texte numérisé non relu

EXÉCUTION SUBCONSCIENTE DES SUGGESTIONS POSTHYPNOTIQUES

Une femme hystérique, que j'ai eu l’occasion d'étudier, présentait au plus haut degré et d'une manière extrêmement nette un phénomène important qui existe chez tous les autres sujets d’une manière plus ou moins dissimulée. C’est un de ces cas prérogatifs dont parle Bacon qu'il faut bien comprendre avant de passer aux autres. Il s’agit de Lucie, cette jeune femme de 19 ans, qui avait tous les jours de grandes crises d'hystéro-épilepsie et que j'avais endormie pour la première fois au milieu d’une attaque. Après avoir étudié sur elle les suggestions ordinaires pendant l’état hypnotique qui réussissaient d'une manière remarquable, je lui donnai des ordres à accomplir après le réveil et je fus frappé de la manière singulière dont elle les exécutait. Elle avait, à ce moment, l'apparence la plus naturelle, parlait et agissait en se rendant bien compte de tous les actes qu'elle faisait spontanément; mais, au travers de tous ces actes naturels, elle accomplissait, comme par distraction, les actes commandés dans le sommeil. Non seulement, comme la plupart des sujets, elle les oubliait après les avoir accomplis, mais elle ne paraissait pas les connaître au moment même où elle les exécutait. Je lui dis de lever les deux bras en l’air après son réveil : à peine est-elle dans l’état normal qu'elle lève les deux bras audessus de sa tête, mais elle ne s’en inquiète pas; elle va, vient, cause, tout en maintenant ses deux bras en l'air. Si on lui demande ce que font ses bras, elle s'étonne d'une pareille question et dit très sincèrement : « Elles ne font rien du tout mes mains, elles sont comme les vôtres. » Par ce procédé, je lui fais faire des pieds de nez, je la fais marcher au travers de la

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plus trace de ce chagrin qui ne semblait pas avoir été conscient: Je la priai même un jour de faire tous ses efforts pour me résister; elle ne parut pas très bien comprendre, car elle ne se souvenait pas de son obéissance. Elle m’assura en riant qu'elle ne ferait certainement pas l’acte que j'allais dire. Je commande quelque chose pendant un instant de sommeil et mon commandement est aussitôt exécuté au réveil; mais elle continue à rire en disant toujours : « Essayez donc de me commander, je ne ferai rien du tout. » En un mot, tout ce qui avait rapport à la suggestion posthypnotique semblait ne plus pénétrer dans sa conscience.

Les choses se passaient un peu différemment quand ce n’était plus un acte, mais une hallucination qu’on prescrivait pour le réveil. Le commandement était également ignoré; mais l’hallucination elle-même était ou semblait consciente, c’est-à-dire qu’elle envahissait brusquement la conscience sans que Lucie pût savoir d’où elle venait. « Vous allez, lui dis-je, boire un verre de cognac. » Réveillée, elle dit n’avoir rien entendu et veut parler d'autre chose; mais son bras se lève automatiquement, la main s'approche des lèvres, Lucie semble goûter quelque chose et, interrogée, dit qu’elle boit du cognac, ce dont elle est bien contente parce que le médecin le lui a défendu‘. L’oubli d’ailleurs est très rapide et il faut interroger assez vite pour constater cette conscience passagère de l’hallucination. Sauf dans ce cas, où la suggestion s’exécutait avec une certaine perception, la conscience semblait complètement abolie.

Une fois convaincu de cette inconscience qui, sans doute, a déjà été remarquée par bien des observateurs, mais que je n'avais pas encore constatée à ce degré, j'ai essayé de déterminer jusqu'où elle s’étendait, c’est-à-dire quels étaient les actes, les phénomènes psychologiques qui pouvaient revêtir ce caractère; en même temps j'ai essayé d'apporter quelque lumière sur un petit problème de psychologie qui a été signalé autrefois à propos de la suggestion hypnotique.

‘C'est là un phénomène complexe analogue à ceux que nous avons signalés plus haut.

chambre; je lui commande de pleurer et au réveil elle san glote réellement; mais elle continue au milieu de ses pleurs à

parler de choses très gaies; les sanglots arrêtés, il ne restait .

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M. Paul Janet, dans les articles qu’il a publiés sur l’hypno-

-tisme’ et par lesquels il a fait connaître aux philosophes ces

phénomènes curieux et trop négligés de la pensée humaine, avait élevé quelques doutes sur un genre particulier de suggestion. MM. Richet et Bernheim, à l'exemple de la plupart des magnétiseurs anciens, avaient cité des exemples de suggestions que le sujet devait accomplir à son réveil, non à une échéance fixe marquée par un signe, mais au bout d’un certain nombre de jours : « à S..., dit M. Bernheïim, j'ai fait dire en somnam-

- bulisme qu'il reviendrait me voir au bout de treize lours : J ;

réveillé, il ne se souvient de rien. Le treizième jour, à dix heures, il était présent. » M. Paul Janet écrit à ce propos : « J’admets

. que ces souvenirs ignorés, comme les appelle M. Richet, puissent

se réveiller à une époque quelconque, suivant telle ou telle circonstance. Je comprendrais encore le retour même à une époque fixe de ces images et de ces actes qui en sont la suite, si l’opérateur les associait à l'apparition d’une sensation vive; par exemple, « le jour où vous verrez M. un tel, vous l’'embrasserez», la vue de M. un tel devant servir de stimulant au réveil de l’idée. Mais ce que je ne comprends absolument pas, c’est le réveil à jour fixe sans aucun point de rattache que la numération du temps, par exemple, dans treize jours. Treize jours ne représentent pas une sensation; cest une abstraction. Pour rendre compte de ces faits, il faut supposer une faculté inconseiente de mesurer le temps; or, c’est là une faculté inconnue. » M. Ch. Richet répondit quelques mots?; mais, si je ne me trompe, il ne fit guère que confirmer l'exactitude du fait et le rattacha assez vaguement à d’autres du même genre : « l’intelligence, dit-il, peut travailler en dehors du moi et, puisqu'elle travaille, elle peut mesurer le temps; c’est une opération évidemment plus simple que de trouver un nom, de faire des vers, de résoudre un’ problème de géométrie, toutes choses qu’elle peut accomplir sans que le moi y participe. »

Depuis, M. Bernheim a tenté une explication ingénieuse : cette mesure du temps, dit-il, a eu lieu réellement et consciemment; de temps en temps, le souvenir de la suggestion est revenu dans la conscience et, de temps en temps, le sujet a compté les

1 Revue littéraire, 26 juillet, 2, 9, 16 août 1884. ? Revue litléraire, 23 août 1884.

jours écoulés, mais cette réflexion a passé rapidement dans son À esprit et il l’a oubliée. « Il ne se souvient plus qu'il s'est souvenu ‘. » Il en est de même quand nous nous couchons avec l'intention de nous réveiller le lendemain à une heure fixe ; de temps en temps on se réveille, on surveille l'heure, puis on se rendort et, « quand nous sommes éveillés, nous ne nous rappelons pas que nous avons songé toute la nuit à ne pas manquer l'heure et nous croyons que le réveil a été spontané et inconscient?. » La supposition est intéressante et elle avait déjà séduit plusieurs philosophes, on la trouve dans l’article de Jouffroy sur le sommeil® et dans le travail de Charma sur le même sujet : « Les actes intelligents, les précautions prises dans le sommeil sont prises en réalité dans un instant de veille qui sépare deux sommeils immédiats et qui est oublié après. C’est pour cela que nous nous réveillons à un bruit qui nous intéresse et non à un

autre, parce que, après l’autre, nous nous rendormons sans en

garder souvenir“. » Cette explication aurait l’avantage de simplifier les choses et de substituer un phénomène d’oubli à un phénomène d’inconscience. Je crois cependant qu’elle est encore insuffisante ; d’abord cette théorie ne nous expliquerait pas pourquoi le souvenir de la suggestion, qui semble ne pas exister, revient de temps en temps et qu'est-ce qui pousse le sujet à prendre ces précautions. En outre, la supposition ne me paraît pas conforme aux faits. Si on examine sérieusement l’esprit d’un sujet dans tous les moments qui précèdent l'exécution de la suggestion, on ne trouvera pas un instant où il en ait réellement

le souvenir. Il y a Ià, non pas un oubli, mais une vraie incons-

cience, comme M. Beaunis le remarquait en discutant la supposition de M. Bernheim.

Pour éclaircir un peu cette question, j’avoue que je ne poserais pas le problème de la même manière que M. Paul Janet. « Cest là, dit, 5 un fait nouveau, d’un tout autre ordre que les précédents et qui, s’il était vrai, nous ferait entrer dans le

‘ De la suggestion, 174.

? De la suggestion, 1172.

$ Jouffroy. Mélanges philosophiques, 1875, 233.

4 Charma. Du sommeil, 1852, 26,

s Beaunis. Somnambulisme, 243.

® Réponse à M. Richet. Æevue lilléraire, 23 août 1884.

domaine des facultés mystérieuses et inconnues du magnétisme animal, double vue, pressentiment, etc. » Je ne puis partager ce sentiment : Île oombale à qui'on a suggéré d'accomplir un acte dans treize jours n’a pas besoin d’une faculté particulière et mystérieuse pour mesurer le temps; il se trouve dans les mêmes conditions que nous tous; il voit le jour et la nuit: il voit l'heure sur les horloges et je ne sais pas pourquoi il mesurerait le temps d'une façon mystérieuse, quand rien ne l’empêche de le mesurer de la façon ordinaire. Mais, dira-t-on, il na pas souvenir, 11 n'a pas conscience de la suggestion ; cela - n'empêche pas que les jours et les nuits ne fassent impression sur lui et pour exécuter la suggestion à l'heure dite, il n’a qu’à les compter. Il est vrai que ce compte doit être fait sans conscience, … puisque le sujet, dans sa conscience ordinaire, ne sait pas qu'il a - une action à accomplir dans treize jours. Mais, de toute facon, . ce n’est qu'une faculté de compter inconsciemment des choses parfaitement réelles et non une faculté mystérieuse de mesurer … le temps qui me paraît ici inutile. Cela dit, je trouve que M. Paul … Janet a parfaitement raison, d'autre part, de distinguer cette opé- “ ration d’un souvenir ordinaire, et ce genre particulier de sugges- … tion de toutes les autres. Quand on fait une suggestion ordinaire : … « Dès que vous verrez M. X..., vous l’embrasserez, » le somnambule, une fois réveillé, ne garde rien dans sa conscience, ou plutôt il conserve une association d'idées latente qui n’a pas … besoin de se traduire actuellement en phénomène psychologique. - Nous-mêmes, nous ne savons pas toutes les associations latentes qu'il y a dans notre esprit; la vue de telle personne doit peutêtre réveiller en nous une idée triste ou gaie dont nous ne nous doutons pas maintenant. Le somnambule réveillé a dans sa tête une association latente de pJus; la vue de M. X... éveillera en lui l’idée de l’embrasser. Il n'y a rien là qui sorte de la psycho- logie la plus normale. Mais, dans le second cas, quand on lui a dit : « Vous ferez tel acte dans treize jours, » sa pensée ne peut -pas oublier entièrement la suggestion au réveil; celle-ci ne - peut pas rester latente jusqu’au treizième jour, car ce treizième pur n'étant pas en lui-même différent des autres n’éveillerait pas en lui l’idée de la suggestion plus que le douzième ou le quatorzième. Il faut que, depuis son réveil et dans tout l’interï valle, il pense sans cesse : « C’est aujourd’hui le premier jour, ou le second... » puis, quand il pensera : « c’est le treizième »,

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l'association se fera. Or, il est évident pour tout le monde que les somnambules réveillés n’ont pas un tel souvenir même par instants, et n’ont pas conscience de faire ces remarques et ce compte. Cependant le compte doit être fait. Nous avons ici, non pas une association, c’est-à-dire une pure possibilité persistant à l’état latent, mais de véritables phénomènes psychologiques, des remarques, des comptes, en un mot des jugements persistant pendant treize jours dans la tête d’un individu, sans

qu’il en ait conscience : un jugement inconscient est tout autre

chose qu’une association latente.

Le problème ainsi ramené à des termes qui me paraissaient plus

simples, j'ai essayé avant tout de vérifier la réalité du fait en.

question. La personne dontje m’occupais me présentait, comme les autres d’ailleurs, bien des exemples d'associations latentes. Je Jui avais suggéré de s'endormir dès que je lèverais le bras.et je," l’endormis ainsi avec la plus grande facilité. Je l’interrogeai un jour à l’état de veille pour voinsi elle savait le procédé dont je

me servais pour la mettre en somnambulisme ; elle l'ignorait .

absolument. Je lui parlai d’un signe, du bras levé : elle crut à une plaisanterie et cependant la vue de mon bras levé l’endormit immédiatement. C’est Ià un fait bien connu : M. Bernheim avait déjà remarqué que si, pendant le somnambulisme, on a fait comprendre au sujet que l’aimant produisait le transfert, il n’a con-

servé à son réveil aucun souvenir de ce qu'on lui a dit à ce

propos. « Cependant, si je répète l'expérience de transfert faite pendant le sommeil avec suggestion, les mêmes phénomènes se reproduiront à leur grand étonnement, preuve que le cerveau avait conservé dans l’état de veille le souvenir inconscient des phénomènes suggestifs provoqués pendant l'état hypnotique !

[l y a donc des associations latentes dans l'esprit des sujets, mais …

y a-t-il de même des jugements inconscients et le sujet peut il faire des comptes sans le savoir?

Lucie étant en état de somnambulisme constaté, je lui dis du.

ton de la suggestion : « Quand j'aurai frappé douze coups dans -

mes mains, vous vous rendormirez ». Puis je lui parle d’ autre. . chose et, cinq ou six minutes après, je la réveille complètement. L'oubli de tout ce qui s'était passé pendant l'état hypnotique et

de ma suggestion en particulier était complet. Cet oubli, chose fl à

Ÿ Bernheim. Revue pilosohique, 1885, 312, — Cf, Data suggeshuon, 161.

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importante iei, m'était garanti, d’abord par l’état de sommeil

. précédent qui était un véritable somnambulisme avec tous les

signes caractéristiques, par l'accord de tous ceux qui se sont occupés de ces questions et qui ont tous constaté l'oubli au réveil de semblables suggestions, enfin par la suite de toutes les expériences précédentes faites sur ce sujet où j'avais toujours constaté cette inconscience. D’autres personnes entourèrent Lucie et lui parlèrent de différentes choses ; cependant, retiré à quelques pas, je frappai dans mes mains cinq coups assez espacés et assez faibles. Remarquant alors que le sujet ne faisait aucune, attention à moi et parlait vivement, je m'approchai et je lui dis: « Avez-vous entendu ce que je viens de faire? — Quoi done, je ne faisais pas attention, — Et cela ? (Je frappe dans mes mains). — Vous venez de frapper dans vos mains. — Combien de fois ? — Une seule ». Je me retire et continue à frapper un coup plus faible de temps en temps; Lucie distraite ne m’écoute plus et semble m'avoir complètement oublié. Quand j'ai ainsi frappé six coups qui, avec les précédents, faisaient douze, Lucie s'arrête immédiatement, ferme les yeux et tombe en arrière endormie. « Pourquoi dormez-vous ? lui dis-je. — Je n’en sais rien, cela m'est venu tout d’un coup.» Si je ne me trompe, c’est là l’expérience de MM. Richet et Bernheim, mais réduite à une plus grande sim plicité.'La somnambule avait aussi dû compter, car je m'appliquais à faire les coups égaux et le douzième ne se distinguait pas des précédents; mais, au lieu de compter des jours, ce qui avait fait croire à une mesure de temps, elle avait compté des bruits. Il n'y avait aucune faculté nouvelle, car tous les coups étaient faciles à entendre, quoiqu’elle prétendit n’en avoir entendu qu'un seul : elle avait dû les écouter et les compter, mais sans le savoir, inconsciemment. L'expérience était facile à répéter et je l'ai refaite de bien des manières : Lucie à compté ainsi inconsciemment jusqu’à 45, et les coups furent tantôt réguliers, tantôt irréguliers, sans que jamais elle se soit trompée sur le résultat. Une des expériences les plus frappantes fut celle-ci. Je commande : « Au troisième coup vos mains se lèveront; au cinquième elles se baisseront; au sixième vous ferez un pied de nez ; au neuvième vous marcherez dans la chambre ; au seizième vous vous endormirez dans un fauteuil ». Nul souvenir au réveil, et tous ces actes s’accomplissent dans l’ordre voulu, tandis que, pendant tout le temps, Lucie répond aux questions qu’on lui

adresse, et n’a aucune conscience qu’elle compte des bruits,” qu’elle fait un pied de nez ou qu'elle se promène.

Après avoir répété l'expérience, il fallait songer à la varier et” j'aiessayé d'obtenir ainsi des jugements inconscients très simples. La disposition de l’expérience reste toujours la même; les suggestions sont faites pendant le sommeil hypnotique bien constaté, puis le sujet est complètement réveillé, les signes et l'exécution ont lieu pendant la veille. «Quand je dirai deux lettres pareilles l’une après l’autre, vous resterez toute raide ». Après le réveil, je” murmure les lettres « a... €... d... e... a... @...», Lucie demeure immobile et entièrement contracturée ; c’est là un jugement de ressemblance inconscient. Voici des jugements de différence : | « Vous vous endormirez quand je dirai un nombre impair », ou

bien : « Vos mains se mettront à tourner l'une sur l’autre quand je

prononcerai un nom de femme. » Le résultat est le même : tant que je murmure des nombres pairs ou des noms d'homme, rien n'arrive; la suggestion est exécutée quand je donne le signe : Lucie a donc inconsciemment écouté, comparé et apprécié ces différences. ;

J'ai essayé ensuite de compliquer l’expérience pour voir jusqu’où allait cette faculté inconsciente de jugement. « Quand la

somme des nombres que je vais prononcer fera 10, vos mains

enverront des baisers. » Mêmes précautions ; elle est réveillée, l'oubli est constaté et, loin d'elle, pendant qu'elle cause avec d’autres personnes qui la distraient Le plus possible, je murmure 2... 3... 1... 4... et le mouvement est fait. Puis j'essaye desnombres plus compliqués ou d’autres opérations : « Quand les nombres que je vais prononcer deux par deux, soustraits l’un de l’autre, donneront comme reste six, vous ferez tel geste, » ou des multiplications cu même des divisions très simples. Le tout s'exécute presque sans erreur, sauf quand l'opération devient trop compliquée et ne pourrait plus être faite de tête. Comme je l'ai déjà remarqué, il n’y avait là aucune faculté nouvelle, mais des phénomènes ordinaires s’exécutant inconsciemment.

Il me semble que ces expériences se rapportent assez directement au problème soulevé dans la Revue littéraire et, en général, au problème de l'exécution intelligente des suggestions qui paraissent oubliées. Les faits signalés sont parfaitement

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