‹ L'automatisme psychologiqueChapitre 60 sur 90 · BI. T · texte numérisé non relu

BI. T

voir dire exactement ce qu’on avait pensé, ce qu’on avait voulu leur faire faire, si on les hypnotisait quelque temps après l’expé-

rience!. La sensation avait si bien appartenu à la seconde cons- …

cience qu'elle ne se manifestait que dans la seconde existence mise au jour par le somnambulisme. Il y a donc, dans certains cas, plus qu’un acte automatique, manifestation involontaire d’une image visuelle ou auditive ; il y a une véritable action sub-

consciente, une véritable collaboration de la seconde personnalité .

avec la première.

Une pareille collaboration, évidente dans certains cas, n’est pas toujours facile à comprendre. N’avons-nous pas admis, tout en faisant des réserves, que les deux groupes de phénomènes s’ignoraient réciproquement et que, par conséquent, ils ne pouvaient

pas collaborer à une même œuvre. Sans doute, les deux person-:

nalités (nous les nommons ainsi par convention, car, dans le cas présent, la seconde est loin d’être complète) ne se connaissent pas directement et ne réunissent pas les différentes pensées dans une même conscience. Mais elles peuvent se connaître indirectement, comme nous pouvons connaître les idées d’autrui. Un des sujets dont j'ai parlé, N..., mélait quelquefois dans son écriture automatique des mots qui n'avaient point de sens, mais qui élaient la reproduction de ceux qu’elle prononçait par la bouche. Si je lui faisais faire une opération arithmétique inconsciemment par l'écriture et si une autre personne lui demandait de prononcer des chiffres consciemment, on constatait dans l'écriture la confusion des deux sortes de chiffres. Ce mélange eut lieu aussi, mais très rarement, chez Léonie; je ne me souviens pas de l'avoir jamais constaté avec Lucie ; mais il s'explique facilement. Il suffit que je prononce un mot pour que la main du sujet l’écrive automatiquement; pourquoi n’écrirait-elle pas aussi comme sous la dictée, les mots que prononce la bouche même du sujet? La communication entre les deux personnalités est ici le

son de la parole, comme entre des personnes normales. Mais”

allons plus loin : nous savons que la seconde personnalité possède la sensibilité tactile et musculaire dans les membres anesthésiques et que cependant la première personne peut les mouvoir au moyen des images visuelles. N’est-il pas naturel que

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