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Jinconscient sente ces mouvements qu'il n’a pas produits, mais “qu'il constate. J'ai suggéré à Léonie que si elle touche mon papier, elle aura le bras contracturé. Elle a oublié complètement “ce commandement et veut faire une plaisanterie en déchirant mes notes suivant sa déplorable habitude : à peine a-t-elle touché le papier que son bras se raidit. La contracture est bien produite «par la seconde personne, qui d’ailleurs s’en vante par écrit : elle a donc senti, par le sens kinesthésique, le mouvement que Léonie “faisait, elle, au moyen des images visuelles, et le contact du papier. Une des observations qui m'ont paru les plus originales, “dans l’article de MM. Binet et Féré sur les actes inconscients des hystériques, a rapport à ce qu'ils appellent, très heureusement, le bégaiement de l'écriture ‘. Une hystérique, anesthésique de la main droite, ne pouvait écrire, même spontanément, sans répéter . deux ou trois fois, et à son insu, la même lettre. La collaboration est, dans tous ces exemples, évidente : l’acte est commencé par la conscience normale, grâce aux images qui lui restent ; cet acte provoque une sensation musculaire ou autre, chez le second “personnage et celui-ci faible, inintelligent, la répète ou la développe automatiquement.
Cependant, dans certains cas, cette explication de la collaboration ne doit pas être suffisante. Il est très probable que la pensée consciente amène, par‘association d'idées, d’autres pensées qui, “elles, sont subconscientes et qui se développent alorsàleurfaçon, sans que la personne qui a senti le premier phénomène sente les suivants. Cette supposition semble bizarre, car il faut admettre que les phénomènes sont, d’un côté, réunis par l’asso- -ciation des idées et, de l’autre, désagrégés en deux perceptions personnelles, mais cela ne nous paraît pas incompréhensible. Cependant comme l'explication de ce fait est plus délicate et qu'il joue en réalité un rôle assez faible dans les expériences que nous venons de rapporter, nous renvoyons cette discussion à la fin de ce chapitre où nous rencontrerons des phénomènes de ce genre plus nombreux et plus précis.
Il suffit de constater ici que, soit d’une manière soit de l’autre, la collaboration des deux groupes de phénomènes est nécessaire. M. Chevreul pousse aussi loin que possible l'explication des faits par la tendance au mouvement créée par les images conscientes,
* Archives de physiologie, 1° octobre 1887, 351.
mais quand les faits dépassent cette théorie, il retombe dans les explications banales par la fourberie et la simulation. Il faut voir alors comme M. de Mirville triomphe facilement, en montrant que le pendule enregistreur peut être très spirituel sans que la personne qui le tient en sache rien, et il revient à son refrain : c’est le démon ou ses agents subalternes qui parlent par le pendule. Il faut aller plus loin que M. Chevreul et, après avoir admis des actes sans volonté, il faut parler des pensées sans conscience ou en dehors de notre conscience, si l’on veut se débarrasser des innombrables petits diables de M. de Mirville.