LES BEAUX JOURS
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Voilà déserte, morte et veuve de sa gloire, La chapelle dorée où venait autrefois La France, en grand habit de velours et de moire. Chanter aux Saint-Louis VExaudiat des Rois.
Que le Seigneur t'exauce au jour de la détresse, Que le nom du Dieu fort te protège, ô mon Roi ! Que de son sanctuaire il aide ta faiblesse, Que du haut de Sion il veille aussi sur toi.
Sur ses cheveux bouclés, TEvêque a ceint la mitre, Les prêtres à genoux devant l'ostensoir d'or, Les courtisans rangés, selon Tordre et le titre. Dans un silence auguste, en moi , chantent encor :
Que de ton sacrifice il garde la mémoire, Qu'il estime à leur prix tes holocaustes saints, Qu'il t'accorde selon ton cœur, et pour ta gloire Par sa grâce confirme à jamais tes desseins !
10 Les beaux jours
Et ceux qu'a balafrés le baiser des batailles. Les Turennes pensifs et les Villars heureux, Font trembler en mon cœur les vitraux de Versailles A ces mots qui vraiment avaient un sens pour eux :
C'est dans ton seul salut, ô Roty qu'est notre joie; Notre gloire est au nom du Dieu qui fit les jours. Tout ce que veut ton cœur, que le ciel te Venvoie. Car nous savons que Dieu sauve son Christ toujours I
Entre deux madrigaux, l'œillade encor friponne, D'un plus profane encens inondant le saint lieu, Des femmes qu'aime Greuze et que Boucher pomponne, Amoureuses du Roi, se souviennent de Dieu :
Donc il r exaucera des demeures célestes.
Sa droite est son salut che!{ les forts ^ en tout lieu. Les autre sont des chars et des chevaux plus lestes; Mais notre force à nous est au seul nom de Dieu.
Et tous, d'un seul élan, militaires et prêtres, Cordons du Saint-Esprit, princes, dames d'atours. Répétaient à plein cœur le vieux cri des ancêtres Dont l'ironie en moi retentira toujours.
Ils se sont empêtrés , ils sont tombés ^ les autres ; Nous, nous voici levés debout sur Vétrier, Seigneur, sauves^ le Roi; faites vainqueurs les nôtres ! Exauces^'nous au jour oit nous viendrons prier !
S-.JL
Pourpre et t)r
L'or des blés a bruni sous l'or de l'astre fauve, La plaine a modelé l'ampleur de ses contours ; Ce que 1 homme a détruit, la nature le sauve, Le mois d'août est resté le mois royal toujours.
Il s'éploie impassible au faîte de l'année, Dans une inaltérable et grave majesté.
De gerbes et de feux la tête couronnée ; C'est le premier des mois et le roi de Tété.
Son nom devant les yeux met des splendeurs de gloire, Des tentures de pourpre et d'or recouvrent tout. Un cortège imposant remonte à la mémoire :
Nîmègue n'a-t-il pas fleuri dans le mois d'Août?
Il me semble revoir à travers les grisailles, L'âme mélancolique en ses émotions, Sous les plafonds dorés du fastueux Ve-rsailles, Les Saint-Louis d'antan et les Assomptions,
/ 2 Les beaux jours
Prêtres aux chapes d*or qu'une gloire ensoleille, Raides dans le brocart de leurs ornements lourds, Et portant à travers la campagne vermeille Le « Rayon » d'or massif sous un dais de velours,
Suisses à grand habit^ sur lequel se marie
La pourpre aux ors pesants pour le gala divin,
Avec des baudriers veinés de broderie,
En des processions que Ton regrette en vain.
Or et pourpre ! Voilà des couleurs que la France Eut à son firmament en ces temps sans pareil, Pendant l'auguste mois de chaude exubérance Où le Roi, pour image, eut lui-même un soleil.
Et l'Eglise, à son tour, oubliant les profanes Et dans la chrétienté ne voyant que le Roi, Jetait en strophes d'or d'allures gallicanes UExaudiat de pourpre avec des cris de foi !
Le vieil or a pâli, la pourpre s'est éteinte, Louis Quatorze est mort, et Versailles désert ; Mais le ciel au mois d'août reprend la même teinte, Et l'Eglise est fidèle à son ancien concert ;
Elle seule, en un rite, a fixé ce qui passe : Comme au temps du grand Roi, quand revient Messidor, Elle ne cesse point de jeter dans l'espace UExaudiat de pourpre au vieil ostensoir d'or.
^'oAntomne des (Lis
Ils ont fleuri jusqu^à Textrême automne, Les lis de France au calice changeant, Muant leur forme autrefois monotone, D'un or plus vif brûlant leur vieil argent.
Et quand la faulx des moissonneurs suprêmes En eut sabré les bouquets abolis.
Sur rhorizon des cieux atteints eux-mêmes, Jamais si haut n'avaient fleuri les lis !
Vers les secrets que Tespace recèle
Quand Montgolfier cherche un chemin plus sûr.
Du lis royal il charge sa nacelle
Et son ballon l'emporte dans l'azur.
Le lis s'élève avec l'aéronaute.
Qui voit ainsi ses succès ennoblis ;
La fleur sans tache orne l'homme sans faute.
Jamais si haut n'avaient fleuri les lis.
i^ Le beaux jours
Le lis suivait au ciel la montgolfière, En Amérique, il suit la liberté ; Dans son audace il suit la raison fière.
Avec la grâce au trône il est monté.
Abaissez-vous, sommets de la science, Dévoilez-vous, secrets ensevelis :
Jamais avec pareille confiance, Jamais si haut n'avaient fleuri les lis.
Et le ballon dont l'orbe se dessine Au front lointain de l'Occident rosé, Paraît au peuple un soleil qui fascine Et que Dieu même aurait fleurdelisé.
Il tourne au vent, montrant sur chaque face Les écussons du Roi jamais pâlis ; Quand dans la brume et le soir il s'efface.
Jamais si haut n'avaient fleuri les lis.
Les lis, aux jours de leur brillante aurore, Avaient conquis la France aux regards clairs Lorsque l'hiver à jamais vint les clore.
Dans leur automne ils ont conquis les airs.
Montant vers Dieu de la terre française.
Ils emportaient sa gloire dans leurs plis.
Quand, avec eux, fut tombé Louis Seize, Jamais si haut n'avaient fleuri les lis.
Ils se courbaient sous la vertu sans tache Du Roy Loys sur un grabat mourant.
Ils ondoyaient sous le brillant panache Qui ralliait tou^ vers Henri le Grçind.
L* Automne des Lis i^
Sous le grand Roi, majestueux et graves, Ils s'évasaient comme d'orgueil remplis.
Sous Louis Seize, exempts de leurs entraves, Jamais si haut n'avaient fleuri les lis.
Avec les arts et la foi généreuse De ces hardis et superbes savants Dont le génie au fond du ciel bleu creuse Pour asservir à leurs rêves les vents, Avec le Roi dont la bonté sereine Voulut les vœux des Français accomplis.
Et la beauté suave de la Reine, Jamais si haut n'avaient fleuri ks lis !
(L'hommage
Un jour mélancolique et tamisé de brume, Une brise mouillée, un triste et blanc soleil, Comme une fleur mourante et que sa mort parfume. En ce matin d'octobre ont navré mon réveil.
Une ombre s'est levée en mon âme sincère; Dans son vol idéal, mon élan s'est brisé, Et de son poids sanglant un sombre anniversaire Sur mon rêve a pesé.
Car j'avais remonté la route de l'histoire, Y cherchant des leçons sans cesse, ainsi qu'il faut; Mais croyant ne marcher qu'à la sereine gloire. Ma course s'est heurtée au bois d'un échafaud.
Dans cette vision sinistre, une charrette Avançait au milieu de citoyens hurlants :
C'était l'adieu du peuple à Marie-Antoinette. La Reine avait les cheveux blancs.
VHommage / 7
Elle passait ainsi, bras liés, pauvre femme, A travers un remous de fronts tumultueux»
Cahotée aux ressauts de la charrette infâme Qui grinçait en roulant sur ses rayons boueux*
Elle allait lentement au suprême supplice ; La foule à ses côtés hurlait en se brisant ; Mais ayant épuisé jusqu'au fond le calice, Nulle horreur ne pouvait Teffrayer à présent.
Elle allait lentement... O Christ que je révère, Pardonne si^ songeant aux misères des rois, 11 m'arrive à Paris d^oublier ton Calvaire Et ta mort sur la croix.
Lentement elle allait. Auprès des Tuileries La charrette au milieu des clameurs s'arrêta, Et devant son palais aux murailles meurtries, La Reine des douleurs à Téchafaud monta...
Et nous marchons encore, ô martyre sublime, Sur la terre qu'aurait dû sacrer ton trépas ! C'est là que fut commis l'épouvantable crime. Et nous ne pleurons pas !
Et la France n'a point, pour monter dans l'Histoire Pure de ton sang pur, vers le ciel attesté.
Dressé pieusement Tautel expiatoire Qui garde ta relique à la postérité.
AUTOMNI BS LIS. a
i8 Les beaux jours
O toi qui d'un sourire as reconquis Barnave Et qui vis à tes pieds se jeter Mirabeau, Victime sans faiblesse, héroïne si brave, Qui n'eus point de tombeau ;
Toi qui vis à Versaille autrefois Miomandre Auprès de Varicourt massacré sur ton seuil, Laisse-moi, si je n'ai pas de sang à répandre, Epancher mes regrets en poèmes de deuil.
J'ai sur ta mort souvent versé des larmes vraies, Fidèle à tes malheurs comme Toulan jadis :
J'aurais aussi voulu suivre au Temple Jarjaies Et vivre, pour t'aimer, aux jours les plus maudits.
^es (Etapes de la ^eiiie
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Chanson sur Vair de Malbrough, dont Marie-Antoinette aimait à ber»
cer son fils.
A Versailles, la Reine, Qu'elle était douce et belle et sereine !
Dans son sillage entraîne Sur les flots assouplis Des courtisans polis Le nef des fleurs de lis !
A Trianon la Reine, Qu'elle était douce et belle et sereine Seule, file la laine Au seuil de sa maison.
Un rouet à blason Tourne sur le gazon.
20 Lês beaux jours
En octobre la Reine, Qu'elle était douce et belle et sereine !
A mesuré l'arène Des suprêmes combats.
La foule hurle en bas, Elle, ne tremble pas,.
Dans sa prison, la Reine, Qu'elle était douce et belle et sereine !
A vu pleurer la haine Et ftit de ses geôliers, Soudain apitoyés, Ses derniers chevaliers.
Sur réchafaud, la Reine, Qu'elle était douce et belle et sereine !
Avance en souveraine.
Rien ne lui fait plus mal.
Elle a d'un pas égal Gravi son piédestal !
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^Hanon
Le Roi menant par le parc de Versailles Sa jeune Reine en robe de linon :
« Voici, dit-il, Tanneau des fiançailles, Mais le bouquet de fleurs, c'est Trianon.
Je sais qu'il est petit pour vos mérites.
Qu'à plus beau don vous avez tous les droits ; Mais ce cadeau fut à leurs favorites Toujours offert jusqu'ici par les Rois.
11 convient donc qu'à vous seule j'adresse Ce rendez-vous où Tamour est vainqueur.
N'êtes-vous pas, Madame, ma maîtresse, La seule Reine au trône de mon cœur ?
Là, vous vivrez unique souveraine,
Sans appareil et sans gardes du corps
Pour retenir votre robe qui traîne
Dans l'eau du lac dont vous suivez les bords !
2 2 Les beaux jours
Là, vous serez libre comme les brises ; J'y fais venir d'habiles jardiniers.
C'est seulement pour cueillir des cerises Qu'à Trianon vous prendrez vos paniers !
Et vous aurez ces bosquets pour empire, Et pour sujets les oiseaux et les fleurs.
A vos plaisirs je veux que tout conspire ; Vous n'y verrez que la rosée... en pleurs ! »
La Reine a fui l'apparat de Versaille :
Dans ce royaume à son désir échu, Pour diadème elle a chapeau de paille, Et pour manteau la gaze d*un fichu.
A pas glissants sa silhouette blanche, Qu'une langueur fait parfois se pencher.
Sous les berceaux passe de branche en branche, Rieuse enfant qui joue à se cacher !
Elle a changé vite à sa fantaisie Le pavillon de Monsieur Gabriel ; Mi que en a fait vivre la poésie Dans le détail d'un décor irréel.
La Reine ici dans son rêve séjourne :
Ce vieux moulin, il fait tic-tac vraiment.
Ce grain se moud ; cette roue, elle tourne !
Et le Roi porte un gros sac : c'est charmant!
Trianon 2J
C'est vrai que pond chaque jour chaque poule, Et grâce à Part que sait y mettre Artois, En courtisan parfait, loin de la foule, Le coq très fier pond aussi quelquefois !
Oh ! la charmante et fraîche maisonnette Aux fins balcons découpés et fleuris, Où des paliers, avec leur chansonnette, Aux avant-toits montent les colibris !
Oh ! ridéal et ravissant royaume Qu*à peine on eût rêvé sur un trumeau :
Mettre un blason sur un palais de chaume.
Et sans souci régner sur un hameau !
N'obéir plus qu'au caprice volage, Voir l'impossible à vos ordres soumis ; A la baguette élever un village, Et dans sa ferme inviter ses amis !
Aux frontons blancs tresser des églantines, Et sur ce fond neuf et criard encor Discrètement profiler des ruines, Et d'une brume estomper le décor.
Avoir avec le midi qui rougeoie Le soir qui tombe et qui va tout brunir.
Avoir avec le présent plein de joie La volupté calme du souvenir.
24 Les beaux jours
A Trianon, comme la Reine allie Le rêve tendre aux fastueux désirs !
Elle a teinté d*une mélancolie Le gai théâtre ouvert à ses plaisirs.
L'orage un jour a pu de ce domaine Dans sa rafale à jamais Tarracher ; Suave encor son ombre s'y promène, Et sur ses pas chacun craint de marcher.
Vers elle seule un souvenir emporte, Car elle a dû sur tous ces bancs s'asseoir.
Voici ce qu'elle a vu, de cette porte, En y venant se reposer le soir.
^es (i^onps
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Monsieur de Florian, j'admire Dans vos romans enrubannés» Où le Talon Rouge se mire, Le menuet que vous menez.
Il est exquis dans vos prairies, Le son rustique du biniou; Je me pâme à vos bergeries, Mais j*y voudrais un petit loup !
Vous êtes un beau militaire, L'or galonné vos parements ; La consigne n'est point austère, N'est-ce pas? dans vos régiments.
Vous chassez aux lèvres fleuries.
Vainqueur aux assauts coup sur coup.
Je me pâme à vos bergeries, Mais j'y voudrais un petit loup !
26 Les beaux jours
Le linon des robes légères A des envois capricieux; Des reines qui seraient bergères Ne se pomponneraient pas mieux.
Même dans les saisons flétries, On en suit le soveux froufrou.
Je me pâme à vos bergeries, Mais j'y voudrais un petit loup !
Sur ses nœuds bleus le chien repose, Les moutons broutent des rosiers, En justaucorps de satin rose Colin prend des airs très princiers.
A ses trop molles rêveries Je voudrais crier casse-cou !
Je me pâme à vos bergeries.
Mais j'y voudrais un petit loup !
Ils sont très gentils sous l'ombrage, Mais j*aimerais aussi les voir Surpris par un subit orage ; Il faut songer qu'il peut pleuvoir.
Sous l'eau toutes ces broderies Seraient-elles d'aussi bon goût ?
Je me pâme à vos bergeries, Mais j'y voudrais un petit loup !
Le Cours de vos romans s'achève En un lac aux paisibles eaux.
Supposez qu'un nuage crève Et secoue un peu ces roseaux.
Les Loups 2J
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Parfois dans les badineries Un drame éclate tout à coup...
Je me pâme à vos bergeries, Mais j'y voudrais un petit loup.
Elles sont bien blanches, vos chèvres, Pour ainsi grimper dans les bois.
C'est du biscuit, du joli Sèvres, Très cher et fragile à la fois.
Les dentelles de vos féeries S'accrocheraient au premier clou.
Je me pâme à vos bergeries.
Si nous allions y voir un loup !
Vos bergères sont très sensibles, Vos bergers sont très séduisants.
Ces grâces sont-elles possibles En d'authentiques paysans ?
Vous les voyez des galeries De Versaille ou de Chanteloup.
Sur terre est-il des bergeries Où ne vienne jamais le loup ?
Monsieur de Florian, la danse N'est pas le métier des bergers.
On peut mourir d'une imprudence Et tout plaisir a ses dangers :
Sous vos guirlandes si fleuries, Par je ne sais quelle nuit d'août.
Je me pâme... en vos bergeries J'ai cru voir l'oreille du loup.
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(Les 'Paniers
^^P«MAAM^M^M#
Dans un chatoiement de moire Et les festons du satin Qu*a chiffonné la Bertin, Mais sans en donner le mémoire, La Marquise, au saut du bain, S*est assise à sa toilette; Derrière elle Chérubin Veut remplacer la soubrette :
« Fi ! sortez, les braconniers ! »
Mais lui, dans sa grâce exquise,
Qui l'a conquise :
« C'est pour vos paniers. Marquise, C'est pour vos paniers I »
Monsieur, comte de Provence, Pour faire sa cour au Roi, Offre à la Reine, à Brunoy, P^ête nocturne que d'avance A Versaille on applaudit.
Les Paniers 2 g
Sous des guinguettes de foire Les dames, à ce qu'on dit, Aux seigneurs vendront à boire, Marchande ! sous les pommiers Votre page par surprise
Vous dévalise 1 Gare à vos paniers. Marquise, Gare à vos paniers !
Un soir de gala superbe, Quand du bronze des roseaux Jaillissent les grandes eaux.
Avec son beau page sur l'herbe.
Près du Temple de l'Amour, La Marquise un peu coquette A Trianon fait un tour, Sans souci... de l'étiquette.
O jour, vous les surpreniez...
Quand on cueille la cerise,
Quelle méprise !
Perdre vos paniers. Marquise, Perdre vos paniers!
Mais dans le ciel qui scintille D'un soleil royal encor, Comme on brise un beau décor Le peuple détruit la Bastille.
On émigré à l'étranger.
Adieu, menuet, gavotte.
D'atours il vous faut changer, Car la populace vote.
Le Roi périt des premiers,
; o Les beaux jours
La guillotine égalise...
Tout se défrise. Faites vos paniers, Marquise, Faites vos paniers 1
Hélas I la Conciergerie Sur la Marquise aux yeux doux A tiré ses lourds verrous ; La source d'espoir est tarie.
On la mène à l'échafaud En charrette avec son page, Le bourreau se tient en haut Et le peuple fait tapage :
En longs regards, les derniers, Chérubin voit Thumble mise...
Sa voix se brise, a Où sont les paniers, Marquise, Où sont les paniers? »
Un homme du populaire Entend cet adieu navrant.
Il avance au premier rang Et là, ricanant de colère, Il montre, près de Samson Indifférent, qui s'apprête, La corbeille où dans le son Va rouler la fine tête Avant d'aller aux charniers, Et dit : La mesure est prise
Sans mignardise, Voilà tes paniers, Marquise, Voilà tes paniers ! »
4Sf 4Sf 4tf 4Sf 4tf 4kf 4tf 4Sf 4Sf
^ Ji 4a) Ji 4a) Ji 4a) Ji 4a)
^e ^omte ^ersen
>rv>^\^sésf>^*r*f%fs^
Fersen! héros charmeur du romande la Reine, Qui Taimas assez fort pour la fuir assez tôt ; Qui par amour sauvas de Tamour la Sirène Et de son cœur livré respectas le dépôt.
Belle âme suédoise, exquise et vaporeuse, Qui fleuris à l'amour sous l'éclair de ses yeux, Quand au soir du départ ta royale amoureuse Sur tes regards fixa ses regards anxieux !
Toi qui fus follement aimé de la déesse Dont Lauzun implorait un sourire à genoux, Sous les pleurs échappés de ses yeux, quelle ivresse A dû noyer ton cœur sentimental et doux I
Cependant tu partis, et, déserteur sublime, Tu t'enfuis à l'appel de ton bonheur certain. Et l'abîme des mers se creusa sous Tabîme Qu'avait entre vos cœurs mis déjà le destin.
y 2 Les beaux jours
Car pour vous les gradins du trône inviolable N'étaient pas assez hauts ni même assez sacrés ; L'amour peut, on a vu mainte histoire semblable, Par un soir de délire en franchir les degrés.
Mais c'est aux seuls adieux que la Reine se penche ; Son cœur t'a vu si haut dans l'amour et si grand, Qu'en élevant vers toi, Fersen, son âme blanche, Pour t'atteindre elle a dû remonter à son rang.
Donc vous n'aurez tous deux goûté l'amour qu'en rêve. Vos âmes, au prélude, avaient vibré d'accord ; Mais avant qu'en baisers le soupir ne s'achève. L'honneur brise le chant sous ton superbe effort.
Or, ce prélude seul devait d'une harmonie Immortelle, pour nous, envelopper vos jours.
Et vous nimber tous deux de la grâce infinie Qu'à l'ombre des amants mettent les vrais amours.
Fersen, si le destin sur ton bonheur lésine, Si le cours du soleil en ton cœur s'est hâté, N'as-tu pas. Chérubin de cette autre Rosine, De la gloire à ton front pour une éternité ?
Car n'es-tu pas le seul que cette Reine fière. Entre Vaudreuil épris et Mirabeau charmé.
Sans pouvoir retenir ses pleurs sous sa paupière^ D'un amour éperdu sans espoir ait aimé ?
Le Comte Fersen jj
Et ton amour la garde aussi pure que tendre.
C'est toi le chevalier fidèle et généreux De celle que jamais d'autres n*ont pu surprendre, Et qui, pour toi de feu, fut de marbre pour eux 1
Et dans Téclat de rire à la fin monotone De ceux pour qui Tamour n'était qu'un jeu charmant, Votre roman discret est doux comme à l'automne L'arôme pur d'un lis fleuri tardivement !
/AUTOMNE pES us