‹ L'automne des lysChapitre 3 sur 13 · prologue · texte numérisé non relu

prologue

Mais si le peuple lui conteste Le tertre qu'au paysan modeste Garde le sort le moins clément, Pour offrir mes fleurs à la Reine Je lui vais, dans ma foi sereine, Dresser un discret monument.

Et vraiment je veux qu'il ne pèse Pas plus qu'un ruban Louis Seize Sur sa mémoire et sur son nom, Qu'il soit svelte et fort tout ensemble.

Et que dans sa grâce il ressemble A son gracieux Trianon.

Une strophe trop peu légère Peut chiflfonner une bergère Qu'elle veut simplement bercer.

Amant que ton amour entraîne, Si tu veux toucher à la Reine, Garde-toi bien de la froisser!

Sur ta mémoire, si tu l'aimes, Il faut que d'un doigt fin tu sèmes Les fleurs pâles du souvenir.

Comme son portrait dans la glace, Un souffle, même frais, qui passe, D'un nuage peut la ternir.

Mon vers que son nom seul constelle Et brodé comme une dentelle.

Aura des soupirs musicaux.

Ainsi qu'une écharpe de gaze

La Guirlande

L'ondulation d'une phrase Frémira parmi les échos.

Vers elle que mon chant s'élève

Ainsi qu'un monument de rêve

Où s'iriseront jusqu'aux pleurs :

Je veux, comme aux temples antiques.

Faire bien légers les portiques

Où pendra mon bouquet de fleurs I

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