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Sa fine chemise ouverte à la gorge, L'habit bleu poudreux, le front ruisselant, Ses rouleaux roussis au feu de la forge, Le Roi bat le fer, soufflant, martelant.
Sa main où s'écrase, au Conseil, la plume Et qui ne sait pas fraiser les jabots, D'un son cadencé rythme sur Tenclume Un refrain qui plaît au peuple en sabots.
C'est un artisan de lourde carrure, Le sceptre tient mal en ses doigts noircis.
Et le jeu secret de quelque serrure Lui donne ses vrais et ses seuls soucis.
Il n'est pas non plus le coquet artiste Qui penche son front de rêve chargé.
Et d'un fer épais tire une batiste Où l'humble métal en fleurs s'est changé.
y 8 Les beaux jours
Son labeur pesant loin des arts Tentraîne, Jamais il n'aurait signé de son nom Ces coquets verrous que tire la Reine Quand elle s'enfuit seule à Trianon.
Les jolis boudoirs ont des ciselures Où, fouillé, le bronze éclôt en fleuron ; Mais les gonds sculptés^ les sveltes moulures Ne sont pas le fait du Roi forgeron.
Il dédaigne aussi les tambours de basque, Les nœuds de rubans, les frêles carquois, Les hochets d'Amour, dont le dieu fantasque Pour lui, trop longtemps, eut des airs narquois.
Il exerce au feu sa vigueur heureuse, Se plaisant surtout aux travaux sans art ; Il n'encadre point les portraits de Greuze :
Ces ouvrages-là font coucher trop tard.
Cependant parfois dans sa robe blanche Et d'un doigt distrait feuilletant Berquin, Sur le Roi surpris la Reine se penche :
Sous l'Etna, Vénus vient baiser Vulcain.
(§je oJ^œud
Rubans étroits, à petits plis Froncés dans la moire et la soie, Nœuds par le caprice assouplis Et dont la forme instable ondoie ; Nœuds frêles, nœuds fins, nœuds légers, Nœuds au zéphyr flottant à Taise, Nœuds de corsets, nœuds de bergers.
Jolis, jolis nœuds Louis Seize 1
Nœuds bleus aux reflets satinés, Qu'elle dut être souple et fine La main qui vous a chiffonnés Aux épaules de la Dauphine I Ce fut sans doute un ciseau d*or Qui vous sculpta le long des frises ; Dans vos envols soupire encor Le frisson d'amoureuses brises I