‹ L'Automobile aux États-Unis et en AngleterreChapitre 3 sur 70 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

La question automobile aux États-Unis a un caractère peut-être plus aigu dans ce pays que nulle part ailleurs ; plusieurs causes expliquent cette situation. C'est tout d’abord (et ceci n’a rien de spécial aux États-Unis) l’antagonisme des intérèts en présence. Comme le dit fort bien un publiciste américain (1) : « Celui quiest dans l’automobile voit la situation sous un certain angle, tandis que celui qui est dans la rue la voit sous un angle tout différent... L’altitude du public en ce qui concerne les possibilités et les droits des automobilistes n’a pas évolué aussi vite que l’automobile elle-même, » C’est d’autre part la diversité profonde des dispositions législatives ou réglementaires de chacun des États de l’Union, qui fait que l’automobiliste peut voir, dans une excursion, presque

autant de réglementations différentes que de paysa-

1. M. H.-P. Burchell dans l’article: « Our chaotic automobile laws», paru dans le « Harper's Weekly » du mois de juin 1908.

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ges variés ; il en voit même tellement qu'il arrive souvent à ne plus s'y reconnaître, car ce ne sont pas seulement les règlements qui varient suivant les États, mais aussi la manière de comprendre et d'interpréter des dispositions analogues (1). C’est enfin la fougue toute spéciale, lemballement vraiment extraordinaire avec lesquels les Américains pratiquent l’automobilisme, et qui les amène à en faire un sport d'une nature particulièrement dangereuse par les excès de vitesse aussi bien pour ceux qui sont dans la voiture que pour ceux qui se trouvent sur la roule.

La crise de l’automobilisme a donc aux États-Unis une acuilé particulière qui se manifeste tant sur le

terrain économique et social que sur celui de larégle-

1. L'auteur du même article donne quelques exemples intéressants sur celte diversité d’appréciations : « La Cour suprême de Massachusetts, dit-il, vientde décider qu'une route n’a pas à être tenue en état pour assurer une sécurité parfaite aux automobilistes, pourvu qu’elle soit dans un état satisfaisant en ce qui concerne le trafic ordinaire ; c'est dire en termes détournés qu’une automobile n’est pas une voiture, au sens réglementaire du mot. Tout autre estle sentiment des juges de Wilkesbare (Pensylvanie). Une compagnie qui percevait un droit de péage sur une route (cela arrive souvent aux États-Unis) en défendait l'usage aux chauffeurs, sous le prétexte qu'elle n’était pas construile pour les automobiles. Sur la demande des chauffeurs, le juge déclara que la route devait être ouverte librement, l'automobile étant une voiture comme tous les véhicules trainés par des chevaux ctqu'à ce titre elle doit pouvoir user de toutes les routes ouvertes aux

autres véhicules, »

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mentation légale. C’est à ce double point de vue que nous voulons étudier le problème, sous ses deux aspects, nous réservant de déduire, des enseignements recueillis à l’un et à l’autre point de vue, les critiques que l’organisation actuelle comporte; nous ferons

connaître alors les réformes que l’on propose actuellement.

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