V. Moore. Un aperçu rétrospectif des lois automobiles
rues de Londres, et qu’on est accoutumé à les voir passer rapidement sur les routes à la campagne avec impunité à la vitesse réglementaire de 20 milles à l'heure, il est difficile de se rendre compte qu'il y a seulement treize ans, si on avait pu réussir à construire une voiture automobile en se conformant aux règlements surannés sur la construction des voitures, on aurait trouvé qu’il n’était pas permis de la conduire sur une voie publique à une vitesse supérieure à 2 milles à l’heure dans les villes et à 4 milles à la campagne. Non seulement on aurait été tenu de diminuer la vitesse à un pas qui serait lent pour un piéton, mais on aurait été obligé, en plus, de se conformer à certains règlements qui paraissent aujourd’hui presque bizarres dans leur sévérité. Ces règlements s’appliquaient à toutes les locomotives mues par un moteur inanimé ; aussi est-il intéressant de rappeler d’un mot ces règlements pour migux montrer les progrès réalisés depuis.
Avant la loi du 14 août 1896, la circulation des locomotives sur les voies publiques était réglée par une série de règlements très surannés que l’on peut résumer ainsi :
Tout d’abord, il fallait au moins trois personnes pour conduire une pareille locomotive, et si plus de deux voitures y étaient attachées, un conducteur de plus était nécessaire.
Un de ces conducteurs, pendant que la locomotive
était en mouvement, devait précéder celle-ci d’au moins 20 mètres, et, en cas de besoin, aider les chevaux et les voitures traînées par des chevaux qui passaient auprès d'elle.
Les conducteurs des locomotives avaient l’ordre spécial de laisser le plus grand espace possible sur la route pour les voitures à chevaux et les piétons.
Le sifflet des locomotives ne devait jamais être entendu, pour aucune raison, et les robinets des cylindres ne devaient pas être ouverts, car ils auraient pu effrayer les chevaux.
Les locomotives devaient s’arrêter immédiatement lorsque la personne qui les précédait ou toute autre personne avec un cheval ou une voiture traînée par un cheval levait la main pour faire signe à la locomotive de s'arrêter.
Toute locomotive devait être munie de deux lumières puissantes, fixées d’une façon visible, une de chaque côté, en tête, une heure après le coucher du soleil jusqu’à une heure avant le lever.
Le nom et l’adresse du propriétaire devaient être fixés d’une façon bien apparente sur la locomotive.
On conviendra, qu'avec de pareils règlements, l’automobilisme en 1896 pouvait à peine être considéré comme un passe-temps récréatif.
Il est bien certain qu’au jour où ces règlements furent édictés, on n’avait pas songé aux automobiles
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et on n'avait en vue que les machines énormes et encombrantes de l’ancienne traction à vapeur; il n’était pas venu à l’idée de ceux qui ont eu la responsabilité de cette loi qu'il serait jamais possible de mettre sur route un exemple aussi frappant de l’habileté de l'ingénieur que l'automobile légère moderne.
C’est en 1896, que fut votée la loi qui, pour la première fois, rendit l’usage des automobiles praticable sur les voies publiques. C’est l’act du 14 août 1896 (50 et 60, Vict. ch.36), intitulé : An act to amend the law with respect to the use of locomotives on highways (1). Cette loi introduisit la distinction fondamentale entre les locomotives lourdes et légères ; elle exempta celles-ci des règles étroites et surannées imposées aux locomotives en général, tandis qu’elle laissait les lourds véhicules mus par une force mécanique (machines de traction) soumis à ces anciennes règles. Les automobiles ne dépassant pas trois tonnes étaient placées dans une classe à part ;le Zocal government board avait le pouvoir de faire des règlements en ce qui concerne leur usage et leur construction ; elles pouvaient marcher désormais à une vitesse maxima de 14 milles à l'heure. Mais le
Local government board s’est servi du pouvoir à
1. Cette loi n'a fait l’objet que d'une analyse très succincte de M. Emilien Giraud dans l’Ann. lég. étrang , 1896, p. 38. Aussi nous
a-t-il paru intéressant d'en donner la traduction complète.