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rien qui indique la disparition de la pctile iiiduslrie qui se maintient presque intégralement sur ses positions. Comme l'a fait si justement observer Al. Y. Guyot, il y a dans Taccroissement observé,dans Timporlance de$ établissements une part importante à faire au développement industriel. Il est certain qu un établissement comme la Steel corporation paraît gigantesque, mais il faut le comparer à l'importance de la production générale des richesses aux Etats-Unis et à l'importance de la population. Quelles cpie soient les difficultés qui se présentent lorsqu'il s'a'git de (ktefmincH* combien le nonAre actuel des établissements industriels d'un pays est affecté par la consolidation des industries et leur concentration dans de larges manufactures ou services, si on tient compte, non pas seulement de l'accroissement du nombre des ouvriers et de l'importance des capitaux affectés à la marche de l'entreprise, mais encore de l'importance du produit, il résulte cependant, à ne pouvoir le nier, des chiffres que la concurrence n'est pas sur le point de prendre fin par la concentration. C'est là, au point de vue do la base même de toute la théorie économique, l'affaire capitale : l'hypothèse de la concarfence n'est pas eneore iBenocée de passer au rang des conceptions inutiles pour le progrès de la science ; elle n'est pas à la veille de céder la place à l'hypothèse de l'établissement unique dont parlent certains économistes, tout en reconnaissant d'ailleurs que le problème de la production ne relève pas d'une solution uniforme et que la petite industrie a encore en elle-même de larges perspectives et qu'elle ne disparaîtra pas de sitôt !
On peut en dire autant des tentatives de monopolisation des cartels, trusts, etc..., en tant que ces organismes tentent de réaliser des hausses de prix factices ; leur importance paraît énorme ; elle l'est peut-être si on la compare à des groupements plus anciens, mais si on tient compte du milieu dans lequel ils opèrent, ils n'ont guère plus de chances de réussir; leurs opérations, qui d'ailleurs seraient d'une réalisation beaucoup phis difficile sans les droits de douane n'ont réussi que lorsqu'ils se sont contentés de stabiliser, dans une certaine mesure, les prix. Jusqu'à présent, rien n'autorise à dire que ces établissement puissent réussir à autre chose qu'à retenir une part plus ou moins importante des bénéfices qu'ils réalisent grâce à leur organisation; bénéfices dont, tôt ou tard, le public profitera par suite d'un abaissement du prix des objets fabriqués. C'est la seule conclusion qu'il soit permis de tirer des faits observés jus-
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^'à présenl (1), Les forraes que peut prendre la concurrence ue varient-elles pas à Tinfini? Le local, le champ sur lequel elle s'étend esl devenu national d*abord, il tend à devenir noondial. Mais il y a ptas, les limite» à Texlension de» ewfreprises se dressent déjà de toutes parts par ssite de la nature, de la coQslitatioft même de ces entreprises. Les raisons dk>rdrQr technique, le mackiinsmo et la division au travail sur les avantages desquels il serait vain d'insister à nouiean ne sauraient être poussés au^elè de certaines limites sans déterminer des résultats négatifs ; ce* limites sont fixées par le degré d^avancement des sciences et le taux de l'intérél. D'ailleurs, comme on Ta dit, une invention nouvelle, lapplication de réleclricité par exemple, peut défaire ce qu'a fait la machine à \^peur. L'organisation de la grande industrie permet des économies sur les frais généraux; le paiement du service de directicMi est d'autant moins lourd par unité do produit que l'entreprise est plus importante, mais à mesure que le champ de la production s'étend, la surveillance devient moins efficace, Fœil du maître ne peut pénétrer partout et, lu encore, nous trouvons une limitation à faccroissement indéfini des entreprises. De plus, dans certaines branches, l'agriculture par exemple et certains métiers à façon, la concentration ne fait pas de progrès; parce que la nature de ces industries ne s'y prêle pas au point de vue technique.
Telles sont quelques-unes des raisons qui s'opposent à un développement démesuré des entreprises.
La concentration est donc, à n'en pas douter, un phénomène de concurrence, elle naît dans la concurrence, se développe grâce à elle, c'est en elle qu'elle trouve ses limites. Ce phénomène est sous la dépendance étroite de la loi du moindre effort dont elle subit toutes les conséquences. Certaines circonstances d'ordre technique et physique favorisent son développement, d'autres peuvent le ralentir ou même en arrêter le progrès ; mais faudra-l-il considérer que suivant le succès de l'une ou do l'autre solution, la théorie marxiste soit confirmée ou réfutée par les faits ? En d'aulres termes, devons-nous considérer qne si la concentration continue à s'opérer dans la forme où les faits nous la montrent, il faille proclamer le triomphe de la thèse socialiste, si au contraire la concentration des industries
(1) Journal des Economistes, Cinquantenaire de Lerasseur (Salaires).
subit un recul, il faille annoncer la victoire du libéralisme économique ?
C'était bien ainsi que se présentaient les choses tant que se maintenait le prestige du théorème de Marx et la persistance de cette opinion survit au fantôme. Mais dans quelle mesure convient-il .vraiment de rester sur ce terrain actullement ? A une époque où les idées se transforment si rapidement qu'il est difficile de suivre leurs modifications, il n'est peut-être pas sans intérêt de noter l'évolution qui s'impose à l'opinion devant l'incontestable témoignage des faits. S'il est vrai de dire qu'une idée meurt réellement le jour où elle est abandonnée par ses partisans, on peut dire que la thèse fondamentale du socialisme scientifique est morte aujourd'hui et le changement qui s'est opéré dans la pensée des théoriciens du collectivisme est significative, elle commence déjà à faire sentir son action sur la politique du parti. Nous no voulons pas dire par là que les socialistes se désintéressent de ce phénomène de la concentration ; certes, autant que jamais, celle question les occupe, mais elle ne joue plus le même rôle théorique et l'instrument dans lequel le marxisme voyait Toulil de destruction fatale de la société individualiste n'a plus les mêmes qualités invincibles. Il apparaît maintenant que le glaive a un double tranchant.
Avant de mettre en lumière le rôle que joue la concentration économique dans la thèse marxiste, serrons de plus près l'analyse du phénomène, tel qu'il se présente dans la réalité des faits.
Nous avons passé rapidement sur le caractère que revêt la concentration économique au point de vue de la technique et de l'organisation financière et industrielle, il est un autre aspect de la question qui n'est pas moins important et qui, à l'égard do la théorie socialiste de l'exploitation, joue un rôle certainement plus décisif : je veux parler de la différenciation des fonctions économiques.
Le pouvoir producteur de la grande industrie n'est pas dû seulement au fait (|ue la concentration permet d'utiliser certains procédés techniques dans des conditions d'efficacité toutes particulières, grûce à la formation des grandes agglomérations ouvrières ou aux prodigieux résultats de la spécialisation des lâches; il doit se rattacher aussi, dans une large mesure, à la dissociation des facteurs productifs réunis naguère dans la personne de l'artisan et du producteur autonome, à la spécialisation des fonctions économiques de la terre, du capital et du
travail. Sous rinfluence de la dialectique socialiste d'une part, et, d'autre part, ù cause des perturbations sociales que produit forcément tout changement important dans des habitudes séculaires, on s'est habitué à ne considérer cette dissociation que comme un effet et, disons-le, un effet regrettable de la concentration, alors qu'elle constitue un de ses aspects économiquement rémunérateurs.
Lorsque l'instrument du travail, terre, outil ou machine est possédé entièrement par celui dont le travail lo fait fructifier, sa productivité se trouve limitée par l'étendue de la propriété individuelle et lorsque cette propriété est réduite à l'état fragmentaire, la rémunération do l'effort ainsi disséminé est quelquefois très faible, alors que la réunion d'une quantité considérable de petites propriétés. mobilières ou immobilières dans une même organisation, sous un contrôle unique, dans un but déterminé, peut donner des résultats unitaires infiniment supérieurs et hors do proportion avec la valeur globale de toutes ces propriétés ajoutées les unes aux autres. Marx lui-même s'était rendu compte de l'importance de ce phénomène : « Le monde, dit-il, se passerait encore du système des voies ferrées, par exemple, s'il eut dû attendre le moment où les capitaux individuels se fussent assez arrondis par l'accumulation pour être en état de se charger d'une pareille besogne. La centralisasation du capital au moyen des sociétés par actions y a pourvu pour ainsi en un tour de main. » (p. 275 et suiv.). Il semblerait qu'en insistant sur ce caractère de la concentration, on ne fasse que développer une vérité banale ; combien cependant dans la littérature économique sont nombreuses les pages où seuls sont décrits les inconvénients de la disparition de l'atelier familial et du petit producteur. Trop souvent on néglige l'autre aspect de la question : la tendance économique qui vient arracher l'outil des mains qui l'exploitaient insuffisamment, lorsqu'elle s'affirme dans le libre jeu des lois de la concurrence, n'est-elle pas à la fois la réalisation d'un progrès et la justification la plus élevée de la propriété individuelle fondée sur le travail, la volonté et le service rendu ?
Cette dissociation de l'ancienne unification des facteurs productifs dans la personne du producteur autonome qui constituait à lui seul une entité économique et jouissait du produit intégral du procès productif, n'implique nullement une concentration nécessaire de la propriété des instruments du travail et si une rémunération, suffisante pour permettre l'épargne, échoit au
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travailleur salarié^ il lui «eet poasiUe alore 4e rentrer en poséession d*u»e propriété et <4è fOuir d*un revetm plus éievé,
La structure «de La Société anonyme, ce type le plus eosoplet de la ioouceiitRatM>n écoûctfoique, ne lakse aucua doute sur sa destination; utàUsaiion <ie la |:ropriéié, de T^pargne la plus fragmentaire, utiLisatioQ possible de toutes les qualités économiques de rhomme indépendamment de Timportanoe de ses ibions matériels. Tout, dans la Société anonyioie, r-év^éle son adaptation à Tunification de [l'ex|)loi4ation et à la ddlféresickdÂcm des fonciions.L'uniûcatioû de TexploitaiLoû est réalisée dans le Conseâi d'administration cft -dans la porsonne «du direc4aur;elle se répand dans le réseau "des nombreuac services, «doet les chefs .constituent aîutant de petits patrons exerçant 4ans leur spbère une partie du oontrôile et de Tinitia^ve nécessaires. 11 »oesse 'désormais d'être nécessaire de posséder un capital {>our éire investi de fonctions directrices, cependant que la division de la tâche permet d'utilieer les qualités dominantes dans chaque ouvrier et d'élever 6on salaire en conséquence. La distinction qui s'établit entre la part de fondateur, l'action et l'obligation permet d'utiliser le capital sous les différentes formes que revêt sa fonction, pendant que la division des titres en coupures r^uiies tient compte du morcellement de la propriété et de l'épargne. Cette association de la propriété et du travail sous une forme nouvelle ouvre un champ plus étendu à l'adaptation ^es qualités et des tendances incUviduellcs, aux nécessités ^onomiques; elle élargit le domaine de la concurrence. C'est là, au point de vue de la propriété, une transformation de son caractère, une spécialisation de ses attributs. De plus en plus s'éloigne la conception du droit de cooiquète ; il -devient lévident que, pour être propriétaire, il :faut avoir produit au delà de ses besoins, il faut avoir épargné, et pour toucher un revenu, il faut employer cette épargne à une production nouvelle ou l'avoir prêtée à qui en manque. A ce point de vue comme au point de vue purement technique, nous trouvons des bornes à la concentration ; aussi bien pour l'entrepi eneur que pour l'ouvrier, les inconvénients qui résultent de réloignement du produit de leur travail constituent orne limitation à l'extension indéfinie de cette méthode d'oi^^anisation. liorsqu'un grand établissement fonde des succursales, rautoneoûe tend à renaître dans ^es ennexes; les exigences ouvrières font penser aux solutions individualistes ^quc la science nous apporte chaque jour.
Il ne paraît pas nécessaire d'insister : la théorie socialiste
LA CONCranHATION DES ENTREFRISES S^
ne s'-appuie guère sur la ooncentration en tant que phéfiosaèile deeiiné à mettre fin à la libre concurrence; elle se contente ff^ètPe favorable auK trusts dans lesquds elle voit une orgamsation devant faciliter Iteocpropriation totale.
Par dessus tout le Marxisme a voulu donner aux vagoea aspirations du «ocialisiiie >ut(^ique une 'base scientifique s'^appuyant sur la théorie générale de révolution historique. Celler^i devant entraîner le triomphe définitif du collectivisme intégral, soit à la suite de catastrophes ou de crises se produisant dans Tordre économique, soit simplement par suite de la nécessité d'une transformation du mode d'appropriation devenue la solution nécessaire d'un dilemme sociaLL'édifice tout entier repose sur la théorie de la valeur; les marchandises, nous dit Marx, ont une valeur qui est entièrement due au travail et si les capitalistes opèrent un prélèvement, ce prélèvement ne doit pas être considéré comme une valeur ajoutée par le capital aux marchandises, mais comme une retenue sur la valeur produite par l'ouvrier. Ce n'est pas ici le lieu d'une discussion sur cette théorie de la valeur; signalons seulement l'abus injustifiable qui est fait de l'idée de travail, les critiques dirigées contre la prétention de baser la valeur sur le seul travail, les erreurs auxquelles Marx lui-môme a été amené par ses prémisses lorsqu'il a traité du capital variable qui seul produit la plus-value ; enfin les contradictions mises en évidence dans le dernier et troisième livre du Capital.
Comme preuve théorique de son assertion, nous ne trouvons rien : Marx ne discute pas, il affirme que le capHal ne crée pas un atome de valeur et il invoque la seule autorité de Smith et Ricardo, à l'appui d'une vérité qu'il considère comr me démontrée, sans môme se demander comment ces maîtres de la science ont entendu poser la question. C'est cette pauvreté de démonstrations qui a permis au professeur de Bohm B. de dire que, de toutes les théories de l'intérêt, la plus «pauvre était certainement la théorie socialiste.
La preuve que n'a pas su faire Marx en s'appuyant ?ni»r l'analyse des motifs économiques auxquels répond l'intérêt du capital, il a cru la trouver dans l'évolution du mode de production capitaliste ; dans la concentration. Cest là ce qui fart dire que la critique, faite par Marx, s'adressait plutôt au capitalisme qu'au capital.
Admettons, pour un instant, que la question de savoir si le prélèvement du bénéfice du capitaliste répond, ou non, à*
un acte économique déterminant la formation d'une valeur nalurelle, pour ainsi dire, n'ait pas été tranchée, qu'elle reste en suspens ; il faudrait au moins que le fait économique sur lequel est basée la théorie de l'exploitation de l'ouvrier, ayant pour conséquence nécessaire l'institution de la propriété collective, démontre cette exploitation du salarié. Il faudrait, qu'à mesure du développement de ce phénomène, la condition de l'ouvrier empirât ou tout au moins ne profitât d'aucun des progrès réalisés, autrement ce serait un devoir absolu de tout esprit non prévenu de se demander si l'amélioration des conditions du sort des salariés n'est pas due, précisément, au développement du capitalisme.
C'est bien le rôle de phénomène témoin que Marx a voulu donner à la concentration dans sa doctrine : il y a vu la genèse, ïe dévelopi)ement et le dénouement de la période capitalistique. On peut trouver une preuve de la chose dans ce fait que la théorie marxiste postule nécessairement ce phénomène parce qu'elle s'appuie sur cette caractéristique de la concentration, la dissociation des facteurs productifs. L'agglomération ouvrière qui sert généralement à mesurer la concentration n'en est qu'une conséquence. L'exploitation du lavailleur, d'après Mai'X, se révèle dans sa fortune primitive dès qu'apparaît l'intérêt du capital. L'outil prêté, moyennant une redevance fixe, laisse bien à l'ouvrier le rôle d'entrepreneur, mais affirme la dissociîxtion de l'instrument de travail ; or ceci ne peut s'opérer que si le propriétaire du capital n'est pas celui qui le fait fructi-* fier. Cette condition est suffisante, mais nécessaire pour que le prélèvement capitaliste s'affirme d'une manière concrète dans l'échange et par le prix payé. A cet état primitif, succède rapidement l'éclosion du salariat et, dès qu'un seul ouvrier salarié travaille sous la direction d'un entrepreneur qui loue des outils pour son compte à une troisième personne, nous possédons le type dont la grande usine moderne n'est ((ue le développement. Il est facile de voir ainsi le trait essentiel, la marque caractéristique du m!ode de production du capitalisme.
Celui-ci ne doit pas se confondre avec une simple association entre de petits travailleurs autonomes possesseurs de leurs instruments de travail dans un but spécial, comme celui de la vente de leurs produits, ou l'achat de leurs matières premières. On conçoit, sans pouvoir, cependant, l'excuser au point de vue de la logique, que les socialistes ne réclament pas avec la
même insislance la socialisation d*une propriété réduite qu'ils jugent indifférente du moment que son revenu se confond avec celui du travail et n'a pas pour conséquence l'emploi d'un ouvrier salarié ; mais une fois la désintégration opérée, celle-ci ne fera que se développer de plus en plus par la concentration des entreprises, et l'exploilation du prolétariat ira en s'aggravant (1).
Il résulte logiquement de cet élat de choses que plus le capital giossit dans une civilisation et plus il lui faut trouver de celte marchandise-travail dont l'achat au prix de ses frais de production lui permet seul de s'accroître. Il a donc iîilérèl a développer cclto dissociation de l'ouvrier et de son oulil pour en faire un proiélariat, c'est-à-dire quelqu'un n'ayant pour tout bagage économi(|ue que sa force de travail à vendre. L'augmentation incessante de ce genre de marchandise ne peut se faire que par une diminution dans le nombre des possesseurs de ces instruments de travail ; elle a pour conéquence d'immenses accumulations de richesses dans un petit nombre <le mains. Car, seule, Texislence de l'ouvrier libre, et sans propriété d'aucune sorte, permet au capital de recueillir sa plus-value. A mesure donc que le capital s'accroît, il lui faut, non çeulemenl s'entourer (le misérables de plus en plus nombreux, mais il est obligé de s'expalrier, de franchir les frontières de sa terre natale pour chercher au dehors, dans des civilisations arriérées, de nouvelles victimes, pour les plonger dans la misère et les mettre dans ce dilemme terrible d'avoir à accepter sa loi ou à mourir de faim ; d'où la contradiction entre le mode d'appropriation individuelle et le mode social de production, qui doit déterminer par évolution une catastrophe, ou un changement nécessaire.
C'est ainsi que s'enchaînent, réagissant l'un sur l'autre, ces trois phénomènes de la cohcentration, de Taccumulation et de la paupérisation, qui constituent les cataractéristiques du capitalisme, la preuve et le développement de la théorie de l'exploitation. L'édifice est ainsi assis sur une base solide et tous les éléments se tiennent et se renforcent mutuellement. C'est le développement d'un phénomène de production basé, Marx le saitparfaitemnt, sur la loi du moindre effort, qui organise la puissance prolétarienne et ce sont ses effets sur la dislribution
(1) Voir Marx: (t page 22 à partir de Vastériêque.,. et 28 un trarail n» 1).
JOtmNA^. DES ÉCONOMISTES
des richesses qui. faisant la preuve de rcxploitation, font ressortir la contradiction qu'il y a entre le mode de production el le mode d'appropriation rendant ainsi nécessaire l'inslilution "de la propriété -collec^ve. C'est précisément à cause de la lo- ^cfue qui préside à celte théorie qu'aucun de ces éléments ne peut é!re sacrifié sans que tout s'écroule.
Or, jamais démenti plus éclatant ne fut donné par les faits >è une théorie ! Depuis la naissance de ta thèse marxiste, Taccunnilation du capital s'est bien opérée, mais par diffusion ; la concentration industrielle s'est bien réalisée, mais en marchant de pair avec l'augmentation du nombre des possédants et c'est précisément Jù où le capitalisme est le plus développé, et dans les industries où la concentration est la plus intense que des salaires sont les plus élevés.
C'est sur ce terraio que s'est placé Bcrnstein pour critiquer la thèse orthodoxe ; c'est par des statistiques de la diffusion de la propriété et de la hausse des salaires qu'on doit répondre aux partisans de la théorie de l'exploitation. Mais, chose curieuse, lorsque Bernstein, dans son livre fameux, Social-démocratie pratique et socialisme théorique, a jeté le cri d'alarme et montré le danger pour l'idée socialiste de maintenir contre la réalité des faits une thèse aussi manifestement caduque, Kautsky a cru devoir présenter la défense de la thèse marxiste en traitant d'invention ^bourgeoise l'idée de la misère grandissante ! Il consent à reconnaître que le salaire s'est élevé à mesure cfue -s'est dévelopipé le capitalisme, admettant ainsi que la seule base sur laquelle repose la fhéorie marxiste à l'égard du capitaliste s'évanouit. Il achève de ses propres mains l'œuvre commencée par le critique du socialisme théorique, car que roste-t'il alors de la doctrine de la plus-vatlue et du profit ? de la conception -du capital et de son rapport orvec le prolétariat. •Cependant il conclut au maintien de la fhéorie de Marx sur le capital et il affirme que Marx n'a jamais entendu parler de la misère physique, mais de la misère sociale, c'est-à-dire d'un état progressif des conditions d'existence de l'ouvrier au point de vue matériel, mais un état ne faisant qu'aggraver les contrastes sociaux et par conséquent favorable à l'antagonisnie des classes.
Ce qui est plus remarquable encore, c'est que nombre d'écrivains à tendances plus ou moins socialisantes se coalentent d'enregistrer cette interprétation des doctrines marxistes, «n