‹ L'automobile est-elle une richesse?Chapitre 50 sur 87 · L.V COSCCNTRATION DGS CfQTRfTRISES · texte numérisé non relu

L.V COSCCNTRATION DGS CfQTRfTRISES

constatant cftie c'est plutôt d'un prolétariat laidement rémunéré, que d'un prolétariat famélicp^e que les théoriciens du socialisme attendent la réalisation de leurs prophéties. Ne nous est-il pas arrivé de lire fréquemment, ailleurs que dans Kautr sky, à propos des objections £aites aux statistiques de la dis- ^rsion de k richesse, qu'une des raisons pour lesquelles celle-ci ne s'opère que lentement, c'est que l'ouvrier n'épargne pas ? et les auteurs concluent, néanmoins, à l'inutilité du capitaliste.

Il semble pourtant bien clair qu'on n'est plus en droit, s'il y a amélioration du sort de la classe ouvrière, de conclure à une exploitation. L'enrichissement d'une poignée de bourgeois laissant le prolétariat misérable peut constituer la preuve qui manque au théorème de Marx. Mais lorsqu'on parie d'exploitation partielle, c'est d'elle qu'il faut faire la preuve, autrement que par -des phrases. Le sentiment qu'on peut avoir que la classe ou- VTière n'a pas profité dans la mesure convenable des améliorations des conditions de la production est une chose trop vague pour permettre de conclure à l'évolution nécessaire de la société vers le régime collectiviste. On ne peut pas accuser > capitalisme de ne pas favoriser assez rapidement Téclosion de la petite propriété individuelle ; si on constate que le salaire augmentant l'ouvrier n'épargne pas davantage, on peut peut- •être voir là au contraire que l'épargne nécessite des qualités qui ne sont pas assez répandues, ce qui explique que cet acte exige une rémunération assez élevée.

L'attaque de Bemstein, aussi bien et peut-être plus encore, la réponse de Kautsky, nous montre donc que le corps même de la théorie de l'exploitation, en tant que les faits sont venus corroborer les réfutations d'ordre purement théorique qui ont été faites au thème marxiste de la valeur, est définitivement ruiné «l que le capitalisme améliore la condition du prolétariat.

Voici comment s'exprime KatUsky : « Précisément, dît-il, <lans les pays capitalistes les phis avancés il n'est pas possible <le constater une progression générale de la misère physique ; tout montre au contraire que la misère physique diminue. La classe ouvrière vit mieux aujourd'hui qu'il y a 50 ans. » (p. 221. Kautsky).

Ainsi sur le thème fondamental de l'exploitation partielle de Fouvrier, bon gré, malgré, l'accord est fait entre le réformisme et le collectivisme intégral, quoique ce <lemier s'en défende ^nergiqnement. Les socialistes purs, que peuvent-ils répondre

à ceux qui, partant du môme point de départ, demandent à améliorer une maison dont l'habitation a naturellement uno tendance a se faire plus acceptable ? Voici Targument exposé par Kaulsky lui-même : « L'accroissement de la nouvelle classe moyenne est aussi indéniable que Taccroissement du bien-être physique dans certaines catégories d'ouvriers, mais celle nouvelle classe n'est plus aussi intéressée que l'ancienne classe de pelils producteurs à la conser\ation de la propriété individuelle, des moyens de production, cependant que la misère sociale qui provient de l'augmentation des besoins, est un facteur de lutte de classe plus puissant que la misère physique : il dojt « produire le mécontentement beaucoup plus tôt, et ce mécontentement produira beaucoup plus tôt des effets durables » que la misère physique. Et pendant ce temps le prolétariat augmente ses forces et son intelligence, et la concentration industrielle lui donne par le groupement le sentiment qu'il a de sa force ; tout concourt ainsi à rendre inévitable l'organisation et la victoire du parti.

C'est donc sur un sentiment vulgaire, l'envie, et sur la concentration, considérée comme un phénomène de production favorisant la propagande et la militarisation du parti que s'appuie Kaulsky, c'est dans la facilité d'organisation d'une armée révolutionnaire, ou i\\vu groupement politique destiné à réaliser une enlrcprise d'expropriation forcée que se résume aujourd'hui le rôle du grand fait histaiiquc qui devait convaincre de riniquité du mode privé d'appropriation. Voilà qui explique pourquoi Kaulsky répond à Bernslein qui lui rappelle les statistiques des salaires et de la répartition des fortunes, par des chiffres indiquant une diminution du nombre des cliefs d'entreprises. Voilà encore ce qui explique c|ue Bêbel citait, naguère, des chiffres de concentration sans les accompagner d'aucun exposé théorique.

Combien celte position n'est-elle pas inférieure à celle qu'aurait pu rêver le théoricien du capital et de la plus-value î Lai justice de la cause, l'équité du procès fait à la société capî^^listo devient très douteuse, il faudrait maintenant prouver, en s'appuyant sur des motifs économiques, que la partie qui est encore retenue par les capitalistes sur le produit du travail no correspond pas au paiement d'un senice rendu à la feociélé, puis(|ue la preuve à posteriori, la paupérisation et Taccumuiation ne peuvent plus être invoquées. Il n'est plus certain que la stabilité sociale soit ébranlée car il ne paraît pas évident

que, si la condition de Tartisan, du petit industriel, du petit conynerçant, jeté brutalement dans le prolétariat est supérieure conime salarié à ce qu'elle était en tant que petit producteur autonome, celui-ci soit plus disposé à faire un saut dans Tinconnu (1) .Quant à l'ouvrier purement manuel, est-il certain que, son salaire s'améliorant, il se donne avec la même ardeur à bouleverser une société dans laquelle il a quoique chose à perdre ; est-il certain qu'une illusion le conduira toujours ? Et puis, admettant que sous l'influence d'un malentendu social et d'une organisation révolutionaire fortement constituée, le prolérariat soit maître de ses destinées, soit à la suite d'un coup de force, soit par la conquête des pouvoirs publics par le bulletin de vote, reste à savoir si, en l'absence du fait économique qui voulait « d'airain de l'histoire » la transformation de la propriété individuelle en propriété collective, uno fois maître des insl^raents de production il ne restaurera pas, au profit des plus habiles ou des plus heureux, le régime précédent, l'effort du grand soir n'aboutirait alors qu'à une simple translation de prouriélé. L'anarchie théorique qui' a suivi* ! 'ef fond rem oïit des thèses de l'accumulation et de la paupérisation est la cause des dissensions intérieures du parti socialiste. I^s uns par leur éducation, par le besoin de soumettre leurs opinions à leur raison, se sentent attirés vers le parti des réfoiincs qui, logiquement, peut seul s'appuyer sur la théorie de l'exploitation relative. Les autres, par leur foi dans le dogme marxiste de la concentration, se rattachent à la seule interprétation qui leur reste d'un thème naguère plus large : l'organisation d'une armée destinée à imposer par la force une solution qui n'est plus justifiée par la raison. Les plus avisés se rendent compte, néanmoins, des dangers de l'entreprise ; parmi eux, n'en est-il pas quelques-uns dont le sens économique est développé et qui gardent leur foi dans la lutte des classes, tout en ayant grand soin de ne pas décourager les socialisles opportunistes, dons le secret espoir de voir des réformistes, grâce à leurs interventions arbitraires dans le domaine économique, créer ce milieu de misère physique, que Marx considérait comme devant être la conséquence du capitalisme. Toutes ces tendances s'affirment

il) Echec des socialistes en Allemagne, en Angleterre (Bévue po^ Uiiq%€ et parlementaire, 10 mai 1907).

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dans les mouvements eontradictoires qui s'opèrent à Taile gauche des partis démocratiques : eette absence d'unité, malgré lesdécisions des conciks, provient de Téchec absolu, irrémédiable^ infligé à la doctrine du socialisme scientifique par les faits de la hausse des salaires et de la formation de nouvelles cbss^ privilégiées. Marx avait considéré la concentration comme un phénomène de production dont les conséquences devaient faire sentir, par le mécanisme de la distribution, ks effets seci^dcment inutiles du capitalisme.

La base économique faisant défaut, les socialistes parlent, il est vrai, devant des assemblées plus compactes, mais te thème de leurs discours n'est qu'une équivoqcie. Envisagé en lui-même,, le marxisme a cessé d'être une doctrine d'évolution pour n'être plus qu'une théorie de la révolution.

Amu^ Pinâbd.

NOTES HlSTORigenW dUïf LE RtPOS HEBDOMADAIRE 33^-

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