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PARAGRAPHE 2 CAUSES DE L’AUTONOMIE FINANCIÈRE

Les services économiques sont en général de création récente. leur apparition est due à des causes diverses mais qui, toutes, ont pour conséquence le développement de l'intervention de l'Etat en matière économique.

La première cause a été le mouvement socialiste et collecti-

viste. Celui-ci a son origine en France dès le début du x1x° siècle. Mais le caractère théorique et utopique de ses doctrines n’en ont rendu les quelques applications (notamment sous la Révolution de 1848) que précaires. C’est Karl Marx et le socialisme allemand qui en firent un mouvement à donnée scientifique. Leur influence ne tarda pas à se faire sentir en France. Or, une des doctrines essentielles du socialisme est la nationalisation, c’est-à-dire la gestion de toutes les entreprises économiques par l'Etat. Elle est à rapprocher des projets de nationalisation industrialisée qu'a établis la Confédération Générale du Travail et que nous verrons plus tard avec des points de ressemblance avec les divers services industriels créés depuis peu.

La deuxième origine est une doctrine de la bourgeoisie. Celle-ci a eu pour fonction historique de réaliser la prospérité matérielle du pays par des procédés économiques. Dans cette fonction elle a acquis une grande autorité et une grande valeur dont nous voyons l’origine au xvrr° et au xvur° siècles et le plein épanouissement au xix° siècle, notamment sous la Monarchie de juillet et le Second Empire, à l’époque de l’accroissement rapide du mouvement industriel. La disparition de l’aristocratie gouvernementale, l’affaiblissement continu du pouvoir absolu ont permis à la bourgeoisie d’accéder aux fonctions politiques. Elle y a transporté tout naturellement ses méthodes en concluant de l’excellence de ses procédés économiques à l'excellence de ses mêmes procédés en matière politique. Nous en trouvons les signes précurseurs dans la doctrine d’un Saint-Simon prévoyant une société laïque, espèce d'ordre religieux, obéissant à la règle de l’organisation industrielle étatique. Ces conceptions an peu nébuleuses ne furent pas appliquées, mais il est à remarquer que c’est de cette école que sortirent de nombreux

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industriels. D’autre part, la classe bourgeoïise, vers la fin du x1x° siècle, perdait la supériorité intellectuelle qui l'avait jusqu'ici maintenue sans difficulté au pouvoir. Elle dut la partager avec les représentants issus de couches plus basses de la nation. Il en est resté une espèce de pragmatisme qui est une forme de la prédominance de l’Economique dans l'Etat.

En même temps, se développait l’activité économique, de nouvelles industries apparaissaient, les anciennes s’étendaient dans de grandes proportions, et ce mouvement appelait une réglementation croissante qui amenait l'Etat à intervenir de plus en plus dans ce domaine. La guerre donna précipita à cette évolution. Troublant l’économie nationale, elle poussa les pouvoirs publics à économiser et pour cela à concentrer les forces productives. L'Etat fut ainsi chargé de centraliser la production et la vente et souvent même de l'entreprendre lui-même. Cette intervention se justifiait par les circonstances exceptionnelles nées soit de la guerre, soit de la reconstitution économique du pays. Mais une fois ces causes disparues, si l’Etat abandonna la plupart de ces fonctions, il en garda quelques-unes, et surtout les esprits avaient été familiarisés avec cette main-mise du pouvoir central sur la vie économique ; le terrain des applications pratiques était tout préparé.

Autrefois, les revenus du domaine constituaient la majeure partie des ressources du souverain. À l'heure actuelle, l’impôt alimente la presque totalité du budget. Les ressources de l’ancien domaine patrimonial ont en France presque disparu, mais il s’est formé, à la suite des événements que nous avons retracés, un nouveau domaine différant de l’ancien : tandis qu’autrefois le souverain exploitait ses terres comme tout propriétaire privé, l'Etat,

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