‹ L'Autorité dans l'embarras, comédie-vaudeville en 1 acte, de MM. Alexis Decomberousse et Jaime... [Paris, Variétés, 14 janvier 1835.]Chapitre 11 sur 17 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

PATOCHE, GUSTAVE.

patoche. Hum! hum! voici l'instant

l’autorité dans l'embarras.

de terminereette déplorable affaire ; soyons I éloquent, empruntons ponr un moment la langue des Fénélon et des Bossuet... hum!

hum! jeune homme, maintenant que nous TOilà seuls... à moins que les arbres, les oiseaux, le souille léger de l’air ne jugent à propos de s’immiscer dans ce qui ne les regarde pas , ce qui est douteux ; écoutezmoi, je Tais tous parler avec la Toix de Fénélon.

GUSTAVE, lt prenant par la main et l’amenant sur le itérant de la seine La dernière fois que je l’ai tu , monsieur , je l'ai étouffé.

PATOCHE. Qui ça? Fénélon?

GUSTAVE. Oui , je l’ai mangé , je l’ai dé- Toré de caresses.

PATOCHB. Fénélon ?

GUSTAVE. 11 était blond, monsieur, ses yeux étaient bleus comme ceux d’un auge.

PATOCHE. Les yeux de Fénélon... Ah! { ça mais...

GUSTAVE. Aussi, n’ai-je eu besoin que de le Toirpour reconnaître mon fils...

PATOCHE, comprenant. Allons donc .. je disais aussi... Jeune homme, avant de vous accorder ma fille adoptive . je dois m’assit- J rer en bon magistrat si tous remplisses toutes les conditions d’un bon mari.

GUSTAVE. Parbleu!

PATOCHE. Parbleu ! parbleu ! il faut encore l’habitude!., du côté des devoirs conjugaux, il y a une créature, passons... passons... tous avei donné le jour, c'est clair; mais avex-vous de quoi l'empêcher d’être obscur, autrement dit de quoi fournir aux besoins d’une femme, d’une famille...

GUSTAVE. Je possède la plus belle fortune...

PATOCHE. Hommage à La plus belle... | approximativement... combien?

GUSTAVE. Un demi-million de revenu... |

PATOCHE, virement. Un demi-million 1 peste! jeune homme, je vous regarde, dès ce moment, comme un mari bon et utile, non-seulement à sa femme, niais à la com- ' mune où il s’établira; vous choisirez la nô- . tre , n’cst-ce pas ? endroit délicieux ! et un air... je ne tous parle pas de ma famille...

GUSTAVE. Connaissex-vous quelque chose de plus absurde que les parons, monsieur.

PATOCHE. Moi I je n’ai jamais voulu être parent, je ne veux être que le bienfaiteur de l'humanité, c’est mon rêve, ma fièvre, ma passion ! tel que vous me voyez j’ai fait des découvertes admirables, monsieur, soumis au préfet des projets gigantesques.

Gustave. Ils ne comprennent rien,

monsieur..;

PATOCHB. C’était pourtant bien simple,

des fontaines publiques dans ma cour, une promenade dans la plaine... et des potpaux partout... des poteaux! qui auraient indiqué le chemin aux voyageurs... la lune aux vigneruns, et l’A , B, C, aux petits enfans. ..

GUSTAVE. Vous les aimex?

PATOCHE. Passionnément ; mais mon chef-d'œuvre, c’est un charmant petit ruisseau, au moyen duquel, en l’arrangeant un peu, on aurait fait un très joli petit port de mer, pour recevoir de très jolis petits vaisseaux... Savex-vous ce qu’il a répondu, qu'il me ferait destituer, si je ne le laissais pas tranquille, et il administre, le malheureuxl.. vous le Terrex passer tantôt, administrant...

GUSTAVE. Connaissex-vousquelque chose de meilleur, de plus éclairé, et de plus intelligent qu’une femme.

PATOCHE. Oui, vous, jeune homme...

je vois à votre regard, à votre fortune, que vous me seconderex, que vous applanirex les difficultés que m’a suscitée la préfecture, et que mes plans...

GUSTAVE. Je les approuve...

PATOCHE. Sans les connaître... Eh bien, alors vous vous y connaissez; en voilé donc un qui me comprend... mais il faut des fonds...

GUSTAVE. Je les avance...

PATOCHE. Quand ?

GUSTAVE. Tout de suite.

PATOCHF.. Alors, moi, j’avance la main.

(Gustave se remet d écrire sur son calepin et déchire la feuille. — A part.) Ah ça! est-ce qu’il va me donner son coeur enflammé...

GUSTAVE. Tenez!..

PATOCHE, lisant. • Gustave de Givrai, • cent mille francs sur son banquier. » Diable, diable, diable... ccci n’est plus ù la manière d’Anacrcon . c’est à la manière de Crésus. Cent mille francs! û ravissement!

ô mes poteaux! M. Gustave! vous allez être l’époux de Madine, en mettant votre nom à la place de celui d’Ovide sur les bans et autres papiers , la noce pourra se faire à l’instant même, car tout le reste est prêt...

GUSTAVE. Allons, conduisez-moi...

PATOCHE, te repoussant en arriire. Pardon, j’ai besoin de me parler... ( A part.) Si j’envoyais toucher l’argent tout de suite, ce serait d’abord un moyen d’avoir la somme... Ah! oui, très bien!., ensuite, cela éloignerait ce pauvre Pitrat, pendant que sa future se mariera avec un autre ; car décemment, il ne peut pas être le père d’un enfant dans la composition duquel iF n’es

te

U Uiei.HK THÉAT84L.

entré pour rien,.. (Il appelle.) Pitrat! ohé! i Pitrat...

Page 1