‹ L'Autorité dans l'embarras, comédie-vaudeville en 1 acte, de MM. Alexis Decomberousse et Jaime... [Paris, Variétés, 14 janvier 1835.]Chapitre 3 sur 17 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

JS ANETTE, MÈRE PERRIN, MÈRE LE- LEU, puis PATOCHE , d ta fcnltre.

N ANETTE. Ça n’cmpêchepas, mes chères voisines, que c’est comme ça..

MÈRE LELEU. Pardine, nous 1’ savons ben, mais aussi, comment se fait-il que c’eitcomme ça?

Babette. Ah! dam!., parce que c’ garçon aime c’te fille...

mère leleu. Et puis, pare’quc c’te fille a enjôlé c’ garçon.

Mère Perrin. Pas autr’ chose.,.

2’ ATtltÉI.

NANETTE. Vous croyez... Eh! ben... eu attendant , c’est c’ matin à neuf heures que le mariage va avoir lien. Il en est déjà huit, me v’ià en grand costume, M. Patoche, mon mari, qu’est justement l’adjoint du maire, est en train d’ s’habiller... la mariée va t’être prête, le futur demeure en face, vous voyez que ça n’ s’ra pas long...

mlre leleu. Ah ! nous savons ben que vous ne perdez pas votr’ temps...

NANETTE, d part. L’impertinente!..

patoche, d la fenêtre. Ma femme ! ma femme 1.. mon épouse, madame Patoche, donnez-moi, mes vêtemens...

NANETTE Tout est prêt dans ta chambre...

patoche. Mais non , ça n’est pas prêL..

( Montrant sa chenùse.) Je n’ai absolument que ce simple tissu, et je ne trouve qu’une cravatte, c’est par trop négligé...

NANETTE. Est-il étonnant, cet être-là...

(A f’aloc/tc.jMais le reste te crève les yeux, tu as passé dix fois devant; tout est sur la commode. . . (Il referme sa fenêtre. A tu voisines.) Tenez, voisines, si vous faisiez bien, tome i. fi

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L£ MAGASIN THàATAAL.

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tous prendriez votre parti, et vous seriez de la noce.

MÈRE LELEU. Du tout.. .

Air de Fonction.

J’ veux qu'il épouse ma lillc 1

liàax rusais.

Il trouve la mienne gentille...

TOOIKS DEUX.

11 faut qu'Ovidc soit son mari...

Kl nette , les interrompant.

Bien qu'on voie à la ronde ,

Certaines femmes qu'en usent tant et plus,

U y a des hommes pour tout le monde C'est l' tout de mettre la main dessus.

PATOCHE , <1 la fenêtre. Ma femme! mon épouse!., ma femme!..

MAMETTE. Qu’est-cc qu’il te faut donc

encore...

PATOCilE. Mais je ne trouve pas mon gilet papillon...

MANETTE. Je crois bien, il est usé...

mets ton gilet ponceau.

PATOCUE. Du tout... le ponceau me pSlit, le ponceau me tue!., je suis atroce avec du ponceau, je veux mon papillon.

K ANETTE. Puis que je te dis qu’il est usé.

PATOCHE. Eh bien ! alors . j’aime mieux aller sans rien... je vas descendre sans rien...

Il referme sa fenêtre.

MANETTE. Dieu! quel homme, qu’il est

MÈRE LBI-Etl. Il a ben fallu qu’il le soit, pour décider Ovide Pitrat à se détacher do nia fille...

MANETTE. Laissez donc, dès qu on trouve une jeune fille plus gentille que celle à qui l’on faisait d’abord la cour, on n’a besoin d’ personne , allez. . . pour se détacher de la première , et c’est comme ça qu’ c’est arrivé à Ovide. ,

MÈRE TELEC. Oh! l’on sait comm ça s’est arrangé... certainement le pauvr’ garçon qu’est possesseur d’un’ bonn’ ferme n’aurait pas été s’amouracher tout seul d’une orpheline qui n'a pas le sou.

MANETTE. Vous oubliez qu’ c’est not’ fille

adoptive...

MÈRE LELEU. Et d’plus, un belle mijaurée , qui a été élevée chez l’ancien maître du château, défunt... c’ pauvre capitaine Servicux, soignée et presque habillée comme sa propre fille , si bien qu’on les prenait quelquefois l’une pour l’autre.

MANETTE. Dam!.. c’est tout simple , deux jolies sœurs de lait, et qui portaient le même

nom. ,

mère LELEU. Encore une fois, c est votre

intrigue qu’a manigancé ça, et puis ça fait pitié .par avarice, marier une fille si jeune.

MÈRE PATOCHE. J’ me suis bien mariée A quinze ans, et puis cette enfant, nous l’avons adoptée; au moins, en la mariant, ça lui fera une position dans le monde.

mère LELEU. D’ailleurs , on n’ignore pas que M. Patoche, l’adjoint, a tout pouvoir sur l'esprit d' ce jeune homme.

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