SA NATURE—SA NÉCESSIT. — SON ORIGINE — SON EXERCICE
Conférence faite à la Basilique de Québec, le dimanche % septembre 1909, par Mgr Archambeault, évêque de Joliette
‘“‘Praebete aures, vos qui ‘‘ continetis multitudines...
“ Quoniam data est a Domi- ‘’ no potestas vobis, et vir- ‘‘ tus ab Altissimo qui inter- ‘‘rogabit opera vestra et ‘‘ cogitationes scrutabitur.’’
‘‘ Prêtez l'oreille, vous “qui gouvernez des multi- ‘‘tudes... parce que la ‘‘ puissance vous a été don- ‘* née par le Seigneur et la
‘force par le Très-Haut ‘qui interrogera vos oeu- ‘‘vres et scrutera vos pen- LL] sées.'’
Sagesse, VI, 3-4.
Excellence, Mar l'Archevêque de Québec, Messeigneurs, Mes frères.
Tout Concile est une affirmation solennelle de la divine constitution de l'Eglise, C'est, de la part de ceux qui les possèdent, la mise en exercice des droits et des pouvoirs sacrés dont les successeurs des Apôtres sont les dépositaires,
Un Concile national est encore comme l'examen de conscience des Chefs des Eglises particulières de tout un pays. Les évêques, réunis sous la conduite de l'Esprit-Saint, se recuelllent, prient, consultent, cherchent à se rendre compte, devant Dieu, de l'usage qu'ils ont fait de leurs pouvoirs juridictionnels. Ils étudient, à la lumière de l'expérience, la nature des lois en vigueur, leur observance par le clergé et les fidèles, l'opportunité de modifier ces lois: de
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les adoucir ou de les rendre plus s6vères, d'en ajouter même de nouvelles, rendues nécessaires par les be soins des temps,
Un Concile est enfin, pour les évéques, l'occasion favorable de prendre Contact avec les fidèles, de rapeler a tous les principaux devoirs qu'ils ont à remplir, pour être de bons citoyens et de véritables catholiques. Sous l'influence de cette dernière pensée féconde, le vénéré Métropolitain de Québec, le Chef aimé de l'Eglise Mère des Eglises de l'Amérique du Nord, a voulu, qu'au cours du Premier Concile Plénier du Canada, 11 y eût, dans les principaux temples de sa ville épiscopale, uz : suite de cérémonies religieuses. A ces réunions extraconciliaires sont conviés les enfants, les jeunes gens et les jeunes filles, les pères et les mères, les membres de trutes les classes sociales : patrons et ouvriers, hommes de commerce et d'industrie, profesesurs et élèves des universités, représentants des professions libérales, de la magistrature et de l'Etat,
Désigné par Sa Grandeur pour adresser la parole À l'auditoire d'élite qui, ce soir, se presse sous les voûtes de cette vieille basilique de Notre- Dame, j'ai cru faire une oeuvre utile
en exposant devant vous la doctrine catholique au sujet du pouvoir civil.
L'autorité sociale n'est-elle pas je nos jours, comme l'autorité de l'Eglise, l'objet de vives controverses ?
Les uns l'exagèrent au détriment de la vérité et des libertés les plus légitimes ; d'autres, au contraire, la diminuent au point de rendre impossible l'accomplissement de sa mission daas la société ; beaucoup n'ont sur cette autorité auguste que des idées vagues et confuses, des notions fausses ou incomplètes,
Mieux faire connaître le pouvoir civil, afin de le faire mieux aimer et respecter, en démontrer la nécessité, rappuier quelle en est la source, exposer brièvement les droits, mais aussi les graves vbligations de ceux qui en sont revêtus: voilà mon but.
L'étendue et la complexité du sujet à traiter m'obligent À me contenter d'une simple synthèse, Je laisse à vos intelligences cultivées, la tâche de compléter mon enseignement en y ajoutant les développements et les applications particulières qu'il comporte.
Je prie Dieu, par l'intercession de la Vierge Immaculée, patronne de cette église métropolitaine, de met-
tre sur mes lèvres la vérité sans mélange d'erreur ou d'exagération: dans mon coeur, le courage de parler avec franchise le langage des Apôtres, lorsqu'ils annonçaient la parole de Dieu aux grands et aux puissants de ce monde, leur rappelant, avec une sainte hardiesse, la sublimité de leur mission et la gravité de leurs devoirs.