‹ L'Autothérapie ascitiqueChapitre 31 sur 32 · A ACTE LES · texte numérisé non relu

A ACTE LES

et des vomissements biliaires. Le foie et la rate paraissent avoir un volume normal,

Les urines sont très rares : 200-250 grammes par vingt-quatre heures, hautes en couleur, mais ue renferment pas d’albumine. L’auscultation du cœur ne montre aucune lésion valvulaire, mais le pouls est mou et très rapide. Du côté de son appareil génital, nous avons à noter de la vaginite granuleuse, de la leucorrhée, les règles sont absentes depuis trois mois. Du côté de son appareil respiratoire, nous n’observons pas de crachats, la malade tousse peu dans la journée, elle a quelques quintes le matin au réveil ; le symptôme fonctionnel le plus important est la dypsnée ; l’ascite très abondante qui occupe sa cavité péritonéale et refoule son diaphragme entraîne une grande gêne pour la respiration. La malade est à demi assise dans son lit, sa tête reposant sur un oreiller retenue par une chaise placée sur le lit.

Le thorax présente un amaigrissement extrême, le gril costal apparaît nettement et la saillie des clavicules détermine une forte dépression sus et sous-claviculaire. La palpation nous montre de l'exagération des vibrations thoraciques au sommet gauche en avant et en arrière et la diminution dans les deux bases en arrière. La percussion normale au sommet droit donne de la submatité et de la résistance au doigt au sommet gauche et dans les deux bases. Elle est douloureuse au sommet gauche. A l’auscultation, nous trouvons de la respiration soufflante complémentaire au sommet droit en avant et en arrière, de la respiration rude au sommet gauche en avant, de la respiration rude et. . quelques craquements en arrière. Le murmure vésiculaire est diminué aux deux bases, on trouve quelques frottements à la base gauche, mais pas trace d’épanchement.

Les réflexes et la sensibilité ne présentent rien de particulier.

C’est surtout d’une grande lassitude et de vives douleurs lombaires, qui s’irradient dans les jambes et qui rendent tout mouvement presque impossible, que se plaint La malade.

C’est à cause de ces mauvaises conditions que la laparotomie que devait subir la malade est différée et que je commence le traitement par l’autosérothérapie. /

La malade étant complètement à plat sur son lit, je prends très exactement la mesure de la circonférence abdominale au niveau de l’ombilic. Elle est de 95 centimètres. Puis, en recommandant à la malade de mettre les mêmes vêtements chaque fois qu’elle se pèsera, je la fais porter sur une chaise jusqu’à la bascule ; son poids est de 61 k. 500. Toule médication est suspendue ; la malade qui supporte mal le lait qu’elle accuse de provoquer ses vomissements est autorisée à prendre ce qui lui fera plaisir : blanc de poulet, biscuits, vin de Bordeaux, etc. L'urine de vingt-quatre heures est soigneusement recuéillie dans un bocal et je recommande à la malade de ne pas en perdre en allant à la garde-robe. |

Toutes ces précautions préliminaires étant prises, je fais une ponction, suivie d'injection dans le tissu cellulaire sous-cutané du flanc de 5 centimètres cubes de liquide ascitique qui est de couleur citrine. Croyant éviter toute douleur à la malade qui redoutait beaucoup cette piqûre, je l’avais fait précéder d’une pulvérisation au chlorure d’éthyle sur la région où je devais ponctionner. Mais j'ai reconnu à la seconde injection que cette opération pratiquée sans anesthésie préalable est moins doulou. reuse. Je recouvre l’endroit de ia piqûre d’un peu d’ouate imbibée de collodion. Mais il vaut mieux s’abstenir de cette pratique ; nous avons observé, en effet, le lendemain, un peu de rougeur et la formation de petites vésicules disposées régulièrement suivant la circonférence formée par l’ouate.

Cette première injection, à cause de l’anesthésie locale qui a été pratiquée, a donc été un peu douloureuse, mais cette douleur avait disparu quand je suis venu voir la malade dans l'après-midi. .

La température est à 38°4, Le pouls à 120.

Le lendemain 20, température 37°4, pouls 118, urines 500. Soir, température 38°.

30 avril. — Température 37%, pouls 115, urines 750. La malade dit avoir mieux dormi et avoir moins souffert des reins.

1er mai. — Température : 37, pouls : 115, urines : 1 litre.

Circonférence prise au niveau de l’ombilic, 94 centimètres.

GALUP

Du 1°" au 5 mai, l'état reste à peu près stationnaire, mais les douleurs lombaires ont diminué beaucoup d’intensité et c’est avec plaisir cette fois que la malade apprend que je me dispose à faire une nouvelle ponclion.

6 mai, matin. — Ponction et injection de 5 centimètres cubes. Température : 36°5, pouls: 110. Pas d’anesthésie locale préalable, liquide citrin, peu de douleur. Soir. — Température : 38°2, pouls: 120. La malade a été assez fatiguée toute la journée.

8 mai, — Température : 369, pouls : 110, urines : 2 litres.

Du 8 mai au 11 mai, — Amélioration très sensible, la malade mange un peu de tout etsurtout avec plaisir ; la quantité d'urine se maintient à 2 litres par jour, l'aspect de l’abdomen a surtout changé. La peau est moins luisante et ne donne plus l’impression qu’elle va éclater, elle est moins tendue et le ventre un peu plus souple, plus dépressible et moins saillant. La circonférence n’est plus que de 90 centimètres et le lendemain, quand je fais peser la malade, elle ne pèse plus que 58 kilogrammes.

La quantité d'urine se maintient en plateau jusqu’au 15 et je propose à la malade une troisième ponction qui est pratiquée le lendemain.

- 16 mai. — Température du matin : 365, pouls : 100, urines : 800. Soir. — Température : 37°2, pouls : 100.

17 mai. — Urines : 2.500, température : 365.

18 mai. — Urines : 3.000, température : 36°5.

L'état général s'améliore de plus en plus. Plus de douleur, plus d’æœdème malléolaire, l’appélit a reparu et la malade prend du bouillon, de la volaille, de la viande rôtie. La circonférence de l'abdomen est de 88 centimètres, la malade se lève un peu dans la journée. Le lendemain elle me ménageait une bonne surprise, car à ma visite du 21 mai elle me disait qu’elle avait pu aller se peser toute seule et qu'elle pesait 57 kilogrammes.

Du 21 au 26 mai. — L'état s'améliore de jour en jour ; la malade ne souffre plus, elle mange le menu du jour et se promène presque toute la journée dans la salle. Le ventre est revenu à sa grosseur normale, on ne perçoit plus de liquide, plus de matité dans les flancs, seulement une petite zone de matité dans

— ‘99 l’hypocondre gauche avec un peu de douleur à la palpation profonde, et frottements péritonéaux très nets. La souplesse actuelle du ventre permet de se rendre compte de la présence probable d’adhérences péritonfales qu'on n’avait pu percevoir à son entrée dans le service.

26 mai. — Température: 36°5, pouls : 85, urines: 2.100, poids: 8 kilogrammes.

Le 2 juin, la malade va aller compléter sa guérison à Luchon,: elle pèse 59 kilogrammes ; dans douze jours, son poids a augmenté de 2 kilogrammes.

L’auscultation de ses poumons donne sensiblement les mêmes résultats que lors de l'entrée de la malade à l’hôpital.

GonrEewoskr. Observ. inédites.

Deux cas de péritonite bacillaire. Échec complet de l’autosérothérapie sans polyurie consécutive.

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