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quelques frottements. Les lésions du sommet sont actuellement en voie de guérison : les craquements ont disparu; la respiration est rude; le pouls est un peu rapide : 104 pulsations par minute. L'appétit reste capricieux, mais la malade prend un peu de viande, quelques œufs et des légumes. Elle est très heureuse du résultat obtenu et se considère comme guérie.
Nous n'oserions partager son optimisme, et en constatant l’amélioration très nette de cette péritonite tuberculeuse, nous Lenons à faire des réserves sur son évolution ultérieure : la tuberculose pleuro-péritonéale a régressé, mais l’avenir seul pourra nous dire si elle est complètement guérie.
P. Carmou. Thèse de Toulouse 1910. Observation VI, p. 50-58.
B... Rose, 25 ans, lingère, Sort: salle Sainte-Marthe, 5 (Hôtel-Dieu).
re malade est entrée à l'hôpital le 22 avril 1910, dans le service de M. Chamayou, se plaigüant de douleurs abdominales s’irradiant dans les reins et entraînant une grande gêne respiratoire et l’impossibilité de la marche. C’est par hasard que nous avons eu l’occasion d'examiner cette femme le 26 avril. c’est-àdire quatre jours après son entrée à l’hôpital. M. Chamayou désirait faire une laparotomie, mais état général de la malade étant mauvais, l'opération était ajoutnée et on avait institué un traitement médical pour mettre la malade en état de supporter l'intervention. Je demandai à M. Chamayou l'autorisation d’essayer l’antosérothérapie, il eut l'extrême amabilité de me l’accorder.
Dans les antécédents héréditaires’ de la malade, nous voyons que son père mourut à l’âge de 40/ans, à la suite d'une gangrène du pied consécutive à un accident. « Il avait, nous dit la malade, une petite santé, il s’enrhumait facilement tous les hivers, mais, aJoutait-elle, cela ne l’a jamais empêché de travailler et il n’a Jamais craché le sang. » La mère, rhumatisante, est encore vivante.
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Dans les antécédents collatéraux, nous trouvons des choses plus intéressantes. La malade a eu sept frères et une sœur : cinq frères sont morts, deux à la suite de convulsions à l’âge de 9 mois, deux sont mort-nés. Des deux frères vivants, un est bien portant, l’autre, qui est âgé de 32 ans, a, depuis l’âge de 24 ans, une hémiplégie droite. La sœur est actuellement en bonne santé, mais, nous dit la malade, on lui a mis des pointes de feu à la salle Sainte-Germaine. |
Les antécédents personnels sont très chargés.
B... Rose a été nourrie au sein pendant quelque temps, puis elle a été confiée à des étrangers qui l'ont alimentée au biberon et avec des soupes. Elle a marché à 11 mois.
A 1 an, elle a la rougeole très sévère avec broncho-pneumonie.
À 2 ans, elle a le carreau et reste à la salle Saint-Jacques pendant un an.
À # ans, elle: entre à La Grave. La malade raconte qu’après avoir fait une chute sur le genou gauche, celui-ci est devenu très gros, on le place dans un appareil plâtré. Elle garde ce. plâtre pendant six mois, puis on fait des piqûres et des injections tout autour de la rotule (chlorure de zinc sans doute) et on replace le membre dans une gouttière. La malade ne veut plus avoir sa jambe immobilisée et on enlève l’appareil, mais elle ne tarde pas à prendre une position vicieuse, sa jambe se met en flexion sur la cuisse et on est obligé, pour corriger cette mauvaise attitude, de faire pendant trois mois du massage et de l’extension continue. Vers 10 ans, la malade fait un nouveau séjour à l'hôpital pour une ostéite de son tibia gauche. Des fistules s’établissent et la suppuration ne cède qu'avec la cautérisation
-ignée. Un an plus tard une nouvelle manifestation tuberculeuse
apparaît : une olite suppurée atteint son oreille gauche en même temps qu’une adénite envahit ses ganglions sous-maxillaires. A 15 ans, des symptômes pulmonaires montrent que les poumons sont à leur tour atteints. La malade est très pâle, elle tousse le matin et a des crachats striés de sang. L’appétit est nul, elle accuse des douleurs dans l’hypocondre gauche, qui sont calmées par des cataplasmes laudanisés. Elle a de la diar-
rhée et ses selles sont sanguinolentes. On l’envoie à Luchon où elle passe six mois et d’où elle revient bien améliorée, ses douleurs abdominales, en particulier, ont diminué. Le 17, elle passe deux mois à Sainte-Germaine où on traite son état général (huile de foie de morue) et son otorrhée qui est persistante et qui a entraîné une surdité complète de l'oreille gauche.
À 19 ans, apparaissent pour la première fois les règles, mais celles-ci sont peu abondantes, très irrégulières, peu colorées. La malade passe quatre à cinq mois sans être réglée et est obligée de passer l'époque menstruelle alitée. De 15 à 23 ans, la malade habite Cannes et se porte assez bien, mais elle ne tarde pas à retomber malade et passe un mois el demi à l'hôpital de Marseille où on la soigné pour une jaunisse (eau de Vichy, lait, calomel). Elle rentre à Toulouse et vient passer quelque temps à
la salle Saint-Vincent. Elle accuse des douleurs dans son ventre |
qui est légèrement ballonné. on la traite par des applications locales de glace et la suralimentation. Elle veut sortir mais ne tarde pas à révenir à la salle Saint-Vincent car son ventre a continué à grossir, les douleurs lombaires ont reparu ; on la soumet au mème traitement et au même régime. Sous l’influence de cette thérapeutique, le ventre diminue de volume et devient plus souple; la malade quitte de nouveau l'hôpital et part pour Montpellier. Peu de temps après son arrivée dans cette ville, le ventre grossit à nouveau, les jambes se gonflent, l'appétit diminue, la malade qui ressent une grande courbature fait appeler le Dr Lamouroux, qui institue un traitement analogue à celui
que la malade suivait à Saint-Vincent. Mais l’état général devient
de plus en plus mauvais, elle pâlit et surtout maigrit énormément, ses forces s’épuisent et elle est obligée de passer presque toute la journée couchée sur une chaise longue. Voyant que son état ne s’améliore pas, elle veut revenir avec sa famille à Toulouse, et entre le 22 avril à la salle Sainte-Marthe.
Quand j'examine la malade le 25, son élat général est peu satisfaisant. Elle a le teint terreux, le facies grippé, le pouls est mou et fréquent (120 pulsations à la minute), la température est peu élevée 376; Les jambes présentent de l’ædème au niveau
On Eu
des malléoles, les urines sont lrès rares; à peine si la malade urine 250 grammes par vingt-quatre heures. Elle s’alimente fort peu et c'est avec la plus grande difficulté qu’on arrive à lui faire prendre 1 litre de lait par jour. Aussi quand on découvre la malade, la grosseur de son ventre contraste vivement avec sa maigreur générale.
Le ventre est, en effet très volumi neux,saillant, en obusier, la base de la cage thoracique est élargie. La peau du ventre est tendue, lisse, très amincie et comme vernissée: on trouve un peu d’œdème dans la région sus-pubienne, mais peu de veines développées pour la circulation complémentaire. La cicatrice ombilicale a disparu et au lieu de trouver la dépression habituelle, celte région fait presque hernie. La déformation du ventre ne
présente aucune voussure plus accentuée à un endroit qu’à un
autre, elle est régulière et symétrique. L’abondance du liquide est trop grande pour permettre de trouver quoi que ce soit par ‘la palpation; partout on ne perçoit qu’une surface lisse et unie. Tandis que la main gauche étant appliquée contre le flanc gauche de la malade, je donne avec le médius de la main droite une chiquenaude sur son flanc droit, je perçois très nettement la
sensation de flot. La percussion montre la matité dans les flancs :
et dans la région sous-ombilicale, la région épigastrique est seule un peu sonore. Ces zones de matité et de sonorité ne varient pas quand on fait coucher la malade sur les côtés; d’ailleurs nous n'avons pu nous en rendre compte que très difficilement la malade ne changeant de position qu'à grand'peine. Elle est obligée de rester dans le décubitus horizontal; c'est dans cette position que les douleurs lombaires qu’elle ressent sont les moins vives. Ces douleurs sont réveillées par la percussion de l'abdomen, la malade souffre surtout quand on percute la région péri-ombilicale et l’hypocondre gauche.
Par le toucher vaginal, nous constatons deux signes que l’on rencontre fréquemment dans les ascites : l’abaissement de l’utérus et des culs-de-sac vaginaux et la mobilité du coi.
L'appareil digestif de la malade fonctionne d’une façon très défectueuse. Il y a une anorexie presque absolue, de la diarrhée