SCÈNE PREMIÈRE
MONSIEUR JADAIN PERE, ETIENNE JADAIN, MADAME JADAIN MERE, MADELEINE, MxVDAME CHENEVAS.
MONSIEUR JADAIN, jetant ses cartes avec mauvaise humeur sur la table. — Rien à faire avec co jeu-là... Donncs-tu des cartes?
ETIENNE, résolument. — Non.
MONSIEUR j.\DAiN. — Naturellement.
MADELEINE, riant. — Bien sûr, grand-père, tu no dissimules pas assez ton mécontente-
ment ; alors, papa %'oit tout de suite que tu as un sale jeu et il ne te donne pas de cartes... mets-toi à sa place.
MONSIEUR JADAIN. — Evidemment.
ETIENNE. — D'ailleurs, j'ai le roi.
Mo.NsiEUR JADAIN. — C'&st uu bel liomme.
ÉTiENN"E. — Ça me fait quatre et voilà mon jeu.
II étale ses cartes.
MONSIEUR JADAIN. — Tu as eiicoro gagné... Faisons-nous une autre partie?
ETIENNE. — ■ Oh! non, père, j'ai à travailler... et puis, je t'avouei'ai que je ne suis pas fou de l'écarté.
MADELEINE. — Ah! papa, ça t'ennuie de ne pas avoir ton Freydières pour te faire ta partie d'échecs ?
BTiBNNE. — Ah! il nie manque beaucoup.
Allons! je vais travailler.
.M.vu.^ME J.\DAiN. — Comuie ça, tout de suite après ton déjeuner, c'est mauvais pour la digestion. Tu ne te reposes donc jaanaisy
KTiENNic. — Jamais, mère, jamais.
Il s'en va dans son cabinet.
MADA.ME JADAiN. — Alors, va te promener.
MONSIEUR JAUAiN. — Merci.
MADAME JADAiN. — Mais oui, va te promener, va faire un petit tour, ça te distraira.
MONSIEl'R JADAIN. — AvCC CC tCmps-là... il
pleut à verse.
MADELEINE. — Ticns, c'cst Vrai... Freydières dirait: u Si ça commence à cette heure-ci nous en a,vons pour toute la journée », et il ajouterait : a Mais ça tombe trop fort pour durer. »
Elle rit.