SCENE Vil
CLAIKE, FKEYDIEIÎES, MADELEINE
MADELEINE. — Tu ui'as fait demander, nianiun ?
CLAIRE. — Oui, ma chérie, M. Freydi^res voudrait te parler.
MADELEINE, souriaiif. — Ail! (Puis 'coijaiit le trouble de Freydicres.) Ck>mme vous me regardez! Vous nio trouvez changée, n'est-ce [)ns? J'ai été très malade, voius savez, très malade.
ERJiYDiÈREs. — Je le vois bien... je lu vois bien.
MADELEINE. — Mais vous m'effrayez ! V^ous avez l'air de ne paiS me reconnaître; je suis Juin:- changée à ce point-là? Ah! je ne dois
La feiiinie de chambre entre.
MARIE. — Madame a sonné.
CLAIRE. — Dites à mademoiselle de venir.
MARIE. — Bien, madame.
Elle sort.
FREvniÈRES. — Comment voulez-vous que je lui dise?
CLAIRE. — Je ne sais pas... vous trouverez sans doute les raisons que je n'ai pas su trouver.
MADELEINE
Voici ma main...
pas être très jolie et je ne suis guère coquette pour paraître devaait vous avec une figure pareille. Mais vous avez à me parler?
FREYDiÈRES, avec UH (jraud effort. — Oui, je viens vous dire adieu.
MADELEINE, très cmu€. — Comment, adieu?
Vous partez ?
FREYDiÈRES. — Oui, je pai's.
MADELEINE. — Pourquoi me dites-vous adieu et non pas au revoir? Vous partez
donc pour toujours... Je ne vous reverrai plus... Jo ne vous reverrai plus...
Ses yeux se remplissent de larmes ; elle est sur le point de tomber.
FREYDifiRES, s^élançaiit cpis elle. — Non, non, Madeleine, je reviendrai... je reviendrai... Je suis obligé de partir... Loi^sqne j'ai pris cette décision, votre mère ne m'avait pas encore parlé; je ne connaissais pas encore vos sentiments... mais s'ils n'ont pas chanhgê... à mon retour...
MArxELEi.NE. — Voici ma main, mon grand a.mi, quoi qu'il arrive, mes sentiments à moi ne cliangeront jamais. (Elle va xe jeter davs les hnis de sa mère, puis, très troublée, elle dit:) J'ai L'hissé tante Alice très inquiète... j'ai promis de la rassurer... je vais la chercher.
Elle sort.