LA MÈRE
MOUSSERON, L'ABBE BLOQUIN
Au lever du rideau, une vieille femme, la mère Mousseron, est occupée devant la maison à ranger dans une corbeille des lingeries de petit enfant. L'abbé Bloquin apparaît et se dirige vers la maison.
LA MÈRE mousseron. — Ah ! VOUS voilà ! monsieur le eur4 ? Comment allez-vous ?
l'abbé bloquin. — Ça va bien, mère Mousseron. Et vous?
la MÈRE MOUSSERON. — Oli ! moi ! ça va toujours bien doucement, bien doucement; je deviens vieille. Mais comme vous avez chaud, monsieur le curé ! C'est que ça. monte fort pour venir par chez nous.
l'abbé bloquin. — Oui, il fait chaud, mère Mousseron ; le soleil tape dur. Le père Mousseron va bien ?
LA MÈRE MOUSSERON. — Oui, Dieu merci!
quoiqu'il devienne vieux, lui aussi... Il a été engagé comme rabateur chez M. Schlaan aujourd'hui... il y a une grande chasse su château.
l'abbé bloqdin. — C'est donc ça que 3~eîitendais; tout à l'heure, une véritable fusil-
lade... {Montrant la maison.) Et là-dedans, où en Bommes-nous ? Comment va cette pauvre Céline?
LA MERE MOUSSERON. — Il y a du nouveau, monsieur le curé... un gros garçon et qui se porte bien. M. Aubierge, le docteur, qui sort d'ici, dit qu'il n'en a jamais vu d'aussi puissant... 11 pèse douze livres!
l'abbé bloquin. — En effet.
LA MÈRE MOUSSERON. — Et cc qu'il peut être geutil! Ah! bannes gens! un vrai Jésus! Non! il est trop mignon... et c'est tout le portrait de son père, bien qu'on prétende qu'il n'en a point, de père.
l'abbé bloquin. — Et la maman se porte bien?
LA MÈRE mousseron. — Aussi bicu que possible, monsieur le curé.
l'abbé bloquin. — Allons, tant mieux. Je peux la voir?
la mère mousseron. — Mais certainement; ça lui fera grand bien de vous voir, cette pauvi'e fille... elle est si touchée que l'on s'occupe d'elle, que vous ne l'abandonniez pas... D'ailleurs, M™"^ Lambert est déjà auprès d'elle.
l'abbé bloquin. — Ah ! M™® Lambert est là? A tout à l'heure...
Il entre dans la maison.