ACTE DEUXIÈME 6:V
MAXWELL
Et vous ne vous rappelez rien de lui ?
HÉLÈNE
Il ne m'aura donc jamais bénie!... el elle, elle ne l'aura ' donc jamais revu ! Yoyez ! c'est navrant, cette leltre qu'elle écrit à un mort !
LA COMTESSE, se retournant.
Mort?... Qui donc est mort?
Castel cesse brusquement de jouer. JEANNE, vivement.
Personne, madame !
HÉLÈNE , allant à elle.
Non, non, personne, chère mère ! Est-ce que vous avez tini de dicter ?
LA C0 5ITESSE.
Oui, ma mignonne, j'ai parlé pour nous deux : signe.
HÉLÈNE, signe.
Voilà, maman.
Et l'adresse ?
HÉLÈNE
Vous la connaissez, Gésair-^ ?
CÉSAIRE
Paifailement !
Il plie et met l'adresse.
LA COMTESSE
A présent, mes enfants, mes amis, je me sens lasse.
Madame veut se retirer?
LA COMTESSE
Non! un pou d'air... (a Hélène.) Je me sens bien ! Ris, cause, amuse-toi !
Elle va sur la terrasse avec Jeanne, Césaire et le docteur.— On l'y fait asseoir. MARC US, allant prendre la main d'Hélène et la ramenant.
Voyons, Hélène, du courage !
HÉLÈNE
Est-ce que je songe à moi ? Mais elle, Dieu aurait dû épargner ce dernier coup !
BARTHEZ
11 faudra cependant le lui porter, et vous seule saurez le lui adoucir.
HÉLÈNE
Moi, lui apprendre?... Non, certes! Vous croyez donc qu'elle a cessé d'aimer son fils ? Oh ! non, allez ! son cœur de mère saigne encore comme au premier jour de leur séparation. Je sais cela, moi qui l'observe! Est-ce que tout à l'heure, quand elle a revu monsieur Maxwell... vous avez bien entendu? elle a crié : « Mon fils ! y> Non, tenez, on ne peut pas, on ne doit pas lui ôter sa dernière illusion, elle en mourrait!
BARTHEZ
Pourtant, les affaires...
HÉLÈNE
Quelles affaires ? les miennes?... Ah ! pauvre chère maman ! Il irait de ma vie que je la tromperais ! Il faut la tromper, mes amis, je le veux! Je vous en supplie, je l'exige!
Elle va rejoindre au fond sa grand'mère. G A STEL, à Marcus,
Voilà votre mariage...