ACTE TROISIÈME
HÉLÈNE
Eh bien ?...
Avec cette prévision fâcheuse, il te faudrait un bon parti pour conjurer le désastre et je ne suis pas ce parti-là.
UÉLÈyE.
Un parti? je ne sais vraiment pas de quoi lu me parles !
D'autant plus que tu ne m'écoutes pas.
HÉLÈNE
Si fait ! Je croyais voir monsieur Maxwell dans le jardin.
M ARGUS, avec dépil.
Il viendra, sois tranquille, car il vient tous les jours, n'estce pas?
HÉLÈNE
Oh ! oui, tous les jours ! Il est si bon !
M ARGUS
Accorde-moi un dernier moment d'attention et je te laisse. Si, comme le dit Barlhez, tu conserves ta position et que je l'épouse, je reste ton obligé.
Eh bien, lu y consens ?...
J'ai accepté, mais j'en souffre!
HÉLÈNE
Depuis quand?...
M ARGUS
Depuis que monsieur Maxwell m'a fait sentir qu'il fallait montrer une assion... échevelée, pour mériter la générosilé...
HÉLÈNE
Puisque, moi, je te dispense de la passion!...
M A R C U s , avec humeur.
C'est-à-dire que tu comptes t'en dispenser aussi.
HÉLÈNE, un peu railleuse.
• Eh bien , c'était le programme. Tu ne m'épousais qu'à la concfition de ne pas être follement aimé.
MARCUS
Tu le moques de moi, je le mérite. Avec les femmes, pour être pris au sérieux, il faut dire des extravagances.
HÉLÈNE
Pourquoi des extravagances ?
Tu as eu pitié de moi, Hélène, parce que tu es bonne ; mais ton cœur a besoin d'amour et ton imagination de prestige. Attendons que l'inconnu de ta situation se dégage : si lu es brisée, rappelle-moi ; oiî que je sois, je reviendrai t'offrir ma vie ; mais, si tu triomphes, ou si un héros de roman, riche... et persuasif... se présente, tu n'auras pas besoin de me reprendre ta parole, je te la rends dès aujourd'hui.
HÉLÈNE
Qu'est-ce que c'est que tout cela que tu me dis? Est-ce la crainte d'aborder avec moi une vie difficile ? Est-ce un manque de confiance dans la durée de mon dévouement?
MARCUS
Ah ! voilà ! c'est moi qui aurai eu tort ! Dis tout de suite que je ne méritais pas ta générosité.
HÉLÈNE
Tu supposes que je veux rompre, quand c'est toi ?
MARCUS
Eh parbleu, c'est toi 1