‹ L'autre (volume 2)Chapitre 61 sur 88 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Moi, j'ai abusé! Demandez à Hélène ce qu'elle pense de' moi !

CKSAIRE.

Si elle doule, c'est votre faute !

MARCUS

Aussi c'est de ma faute que je me plains ; c'est à moi seu que j'en veux, à mon froid visage, à mes sols discours !

CÉSAIRE

Eh bien, mais... cerlainemenl, je le sais bien, moi, que vous vous donnez le change. Eh morbleu! vous avez tort Quand on aime, il faut oser le dire, sapristi '

MARCUS

Eh bien, et vous, Césaire?

CÉSAIRE

Moi?...

-MARCUS

Oui, vous qui aimez Jeanne depuis douze ou quinze ans ? Il n'y a pourtant qu'elle qui ne s'en doute pas!

CÉSAIRE

Moi... c'est différent; je suis timide, je suis d'une gaucherie!...

MARCUS

Vous l'avouez, c'est votre excuse; moi, j'ai la vanité de cacher ma faiblesse. Je fais comme les poltrons, qui chantent pour se rassurer. Vous tremblez: moi, je ris; vous vous taisez : moi, je mens !

Savez-vous ce qu'il faut faire?

MARCUS

Dites!

CÉSAIRE

* Il ne faut pas mentir, il ne faut pas chanter, il faut parler 1... MARC us.

A Hélène? Oui.

CÉSAIRE

Non, à M. Maxwell.

MA R eus.

Ah oui-dà! et pourquoi ?...

CÉSAIRE

Parce qu'il a désormais sur elle une influence... illimitée!...

Je m'en doutais bien!...

CÉSAIRE

C'est une Irês-bonne et très-légitime influence. Ouvrez-lui votre cœur. Chargez-le de traduire à Hélène, lui qui a des façons si séduisantes, le sentiment que vous ne savez pas exprimer.

MARCUS

Dites donc , Césaire , comptez-vous vous servir de lui comme de truchement auprès de Jeanne ?

Peut-être, mon cher Marcus, peut-être ! quand le moment sera venu, si je me trouve trop interdit...

MARCUS

Je ne peux pas être aussi naïf et aussi confiant que vous, Césaire. Si mon amour doit passer par cotte traduction-là, j'aime autant le laisser étouffer dans le silence. Voire consei^ ingénu me rappelle ce que voire compassion allait me faire oublier. Je ne puis lutter contre ce personnage incomparable, et j'aurais mauvaise grâce à le tenter à présent que la fortune d'Hélène peut être menacée ; c'est cette pensée-là qui me glace. Hélène ne paraît pas la comprendre, elle aime mieux

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