‹ L'autreChapitre 114 sur 150 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

GALILEEj sans l'entendre, et comme se parlant à lui-même.

La tache xVpparaît quinze jours, puis quinze jours se cache; Elle est visible au bord de Tastre étincelant, Comme une tache d'encre au bord d'un papier blanc.

Le Soleil est couché depuis longtemps.

GALILÉE

Sans doute;

— Mais c'était pleine Lune.

LIVIE, avec un geste d'extrême impatience.

Ah!

GALILEE, s'animant de plus en plus.

Quel spectacle ! — Ecoute:

La Lune a des volcans, des plaines, des rochers. Et des pics orgueilleux et des -vallons cachés, Et l'on peut mesurer par la longueur des ombres Ses faîtes lumineux ou ses profondeurs sombres.

— L'aube éclaire d'abord le sommet rougissant, Puis le jour par degrés dans les gouflres descend , Si bien que. quand la Lune...

36 GALILEE

LIVIE, poussée à bout, se levant.

Au diantre soit la Lune!

Monterez-voLis là-haut pour y chercher fortune. Quand vous vous trouverez — ce qui tardera peu — N'avoir plus ici-bas ni pain, ni feu, ni lieu?

— Notre terme est échu ; l'argent manque ; de sorte Qu'on nous a menacés de nous mettre à la porte.

(i A L I L E E j se levant.

Bah! ne paîrons-nous pas avec mon trailement?

— Il n'en reste plus rien, de vrai, pour le moment; Mais...

LlVIE.

Oui, oui, nous savons où passent les recettes; Vous engloutissez tout au fond de vos lunettes. Est-ce donc d'un bon père? est-ce agir comme il faut? Vous avez une fille à marier tantôt; ^ Mais, au lieu d'amasser sa dot livre par livre, Vous en fondez l'argent dans un tuyau de cuivre!

— Ah ! pauvre enfant !

GALILÉE

>'a, va, je lui cherche un mari.

Page 1