‹ L'autreChapitre 37 sur 150 · SCÈNE VIII MARCUS, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII MARCUS, HÉLÈNE

AI A R eus, lui présentant un bouquet.

C'est ta vingt et unième année qui commence ! Je le la souhaite bonne et heureuse.

Elle lui tend ses deux joues. Il 1 embrasse froidement. HÉLÈNE.

Merci I voilà de belles fleurs de montagne! (a part.) Qu'il n'a certes pas cueillies lui-même ! (Haut.) On ne t'a pas vu depuis longtemps ; lu t'es donc bien amus6 à la ville ?

MARCUS

Je ne sais pas si je me suis amu^d ; je sais que je ne m'amuserai plus, ni là nJ ailleurs.

HÉLÈNE

Qu'est-ce que ça veut dire"? Tu es contrarié ?

MARCUS

Très-contrarié, ma chère : je suis ruiné.

Ruiné?

MARCUS

A plat ! Tu sais, mes deux cent mille francs, tout mon avoir, lout mon avenir?

HIÔLÈNE.

Eh bien ?

MARCUS

Ils ont tilé dans la dcbàclo Eargès et Compagnie, de Marseille.

HÉLÈNE

Tu es sûr ?

MARCUS

Très-sùr. Voici la lettre de l'ami Fourrières, qui est là-bas, inquiet aussi pour son compte... Qu'est-ce que tu dis de ça?

H l': L ii N E , lui rendant la lettre .

Ah ! pauvre Marcus ! Est-ce que ma bonne maman le sait?

MARCUS

Il fallait bien le lui dire. Je ne sais pas si elle a bien compris. Elle a vu pourtant que je lui faisais mes adieux, et elle m'a mis dans la main son gros diamant que je le rapporte. Je ne veux rien, je suis de ceux que la pitié humilie.

Il remet d'autorité la bague nu doigt d'Hélène. HKLÈNE.

Mais qu'est-ce que tu vas devenir ?

MARCUS, lui montrant la mer au loin.

Tu vois d'ici le chemin bleu que je vais prendre. J'irai sur les océans plus ou moins pacifiques , tâcher de taire une petite fortune.

HÉLÈNE

Est-ce que tu sauras jamais faire fortune, toi ?

Je suis trop ignorant et trop paresseux, n'est-ce pas '?

HÉLÈNE

Je ne dis pas cela, mais tu n'as pas de spécialité. Puisque lu as ici un emploi dans les bureaux de la marine, pouniuoi ne pas attendre ton avancement?

MARCUS

Parce que je manque de souplesse et de grâce pour me faire remarquer, je ne veux pas pourrir dans un bureau. J'ai accepté ce fade exercice pour avoir l'air occupé ; ta grand'mère le désirait, je n'avais rien à lui refuser. Je comptais, par la

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