ACTE DEUXIEME
El vous ne vous rappelez rien de lui ?
HÉLÈNE
Il ne m'aura donc jamais bi^nie!... el elle, elle ne l'aura donc jamais revu! Voyez! c'est navrant, cette lettre qu'elle écrit à un mort !
LA COMTESSE, se retournant.
Mort?... Qui donc est mort?
Cnstel cesse brusquement de jouer.
JEANNE , vivement.
Personne, madame !
HÉLÈNE , allant à elle.
Non, non, personne, chère mère ! Est-ce que vous avez lini de dicter ?
LA COMTESSE
Oui, ma mignonne, j'ai parlé pour nous deux : signe.
HÉLÈNE, signe.
Voilà, maman.
LA COMTESSE
Et l'adresse ?
HÉLÈNE
Vous la connaissez, Césairo ?
CÉSA IRE.
Parfaitement !
Il plie el met l'adresse.
LA COMTESSE
A présent, mes enfants, mes amis, je me sens lasse.
JEANNE
Madame veut se retirer?
LA COMTESSE
Non! un peu d'air... (a Hélène.) Je me sens bien ! Ris, cause, amuse-toi !
Elle va sur la terrasse avec Jeanne, Césaire et le docteur. — un l'y fait asseoir. MA R eus , allant prendre la main d'Hélène et la ramenant.
Voyons, Hélène, du courage !
H ÉLÈNE .
Est-ce que je songe à moi ? Mais elle, Dieu aurait dû lui épargner ce dernier coup !
BARTHEZ
11 faudra cependant le lui porter, et vous seule saurez le lui adoucir.
HÉLÈNE
Moi, lui apprendre?... Non, certes! Vous croyez donc qu'elle a cessé d'aimer son fils ? Oh ! non, allez ! son cœur de mère saigne encore comme au premier jour de leur séparation. Je sais cela, moi qui l'observe! Est-ce que tout à l'heure, quand elle a revu M. Maxwell... vous avez bien entendu? elle a crié: «Mon fils! «Non, tenez, on ne peut pas, on ne doit pas lui ôter sa dernière illusion, elle en mourrait!
BARTHEZ
Pourtant, les affaires...
Quelles affaires? les miennes?... Ah! pauvre chère maman ! Il irait de ma vie que je la tromperais I 11 faut la tromper, mes amis, je le veux ! Je vous en supplie, je l'exige !
Elle va rejoindre au fond sa grand'nière. CASTEL, à Marcus.
Voilà voire mariage...