I. F. DOCTEUR
Il le faut absolumenl; vous avez des prëvcniions!...
MAXWELL
Mes préventions tomberaient d'elles-mêmes, s'il acceptait avec vaillance toutes les éventualités. Mais vous voyez bien qu'il s'en allait encore!
BARTHEZ
Mon cher monsieur, i! ne s'affit pas de sentiment, il s'agit d'affaires. Je songe, moi, à assurer le sort d'IIcJùnc... Et tenez, la voici !
HELENE
Oui, mon ami. Que venez-vous m'annoncer ?...
BARTHEZ
Ma chère enfant, ayez courage et confiance.
HÉLÈNE
Encore une mauvaise nouvelle ?
BARTHEZ
Bah ! bah ! c'est la guerre qui éclate, c'est le premier coup de feu ; mais je suis là, moi, et bien armé, ne craignez rien I...
JEANNE
On alla(|uc ouvertement le mariage de ses parents ?
ACTK TROISIEME
HÉLÈNE
Dites !
BA KTHEZ.
C'est pire encore, et il ne faut pas se dissimuler qu'on sera très-hostile, Irès-crucl pour les vivants et pour les inorls. Il faut se garaniir. Voyons, docteur Pons, à vous le droit d'aînesse. Parlez le premier. Madame la comtesse est-elle lucido ?
LI£ DOCTEUR
Je ne puis pariager les illusions de mon éminenl confrère... Madame la comtesse ne comprendra pas.
BARTHEZ
A vous, cher monsieur Maxwell : vous affirmez le contraire?...
MAXWK L I..
Ai-je affirmé?. .
HÉLÈNE
Maman a pailc aujourd'hui!
LE UOCTELU.
Allons donc !... ^
HÉLÈNE
Elle a dit mon nom et d'autres mois encore, n'est-ce ])as, Jeanne?...
BARTIIEZ.
Alors, loui va bien! Hélène, il faut obtenir d'elle un effort de mémoire et de volonté.
UÉLÈNE.
Non !... c'est trop tôt!...
B ARÏUEZ.
Le temps presse. Écoulez-moi bien; vous aussi, Jeanne, il faudra nous aider ! (a nrhue.) On iirélend \ous conleslcr \olro nom, votre a\enir ; ne laisbcz pas discuter cela. La situation
de Marcus est inattaquable et madame la comtesse est libre de tester en sa faveur. Faisons qu'elle l'institue son héritier^ à la condition qu'il vous épousera, et dès lors cpousez-le au plus vite, vous restez Hélène de Mérangis plus que jamais.
(a Maxwell qui ne peut contenir un mouvement d impatience.) VouS Cil
doutez, clier monsieur?
MAXWELL
Je ne dis rien, monsieur B.irthez.
HÉLÈNE
Slais i)Oui'quoi imposer à Marcus l'obligation de m'dpouser ? puisque j'ai sa parole ? et pourquoi se tant presser ?
BA RTIIEZ.
Paice que les paroles sont bonnes et que les actes valent encore mieux. — Monsieur Maxwell, en votre âme et conscience, je vous parle Irès-sérieuscment et je fais appel à votre honneur, croyez-vous qu'il soit possible d'obtenir de niadime de Mérangis ce que nous croyons urgent et nécessaire ?
M A \ \V IC L L, péniblement.
En mon âme et conscience, madame de Mérangis comprendra sans effort et sans danger ; mais. ..
B ARTHEZ
Il n'y a pas de mais ! votre parole nous suffit, (au docteur.) Allons prévenir Marcus.
HÉLÈNE
Je veux le voir auparavant : je veux lui dire que je n'exige pas de conditions humiliantes.
BA RTIIEZ.
Eh bien, je vais le ciiercher et je vous l'amène, (au docteur.) Vous, allez voir madame.
Ils sortent.