‹ L'autreChapitre 74 sur 150 · HÉLÈNE, MAXWELL, JEANNE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE, MAXWELL, JEANNE

MAX W E L L, voulant suivre Barthcz.

Barlhoz va trop vile, vous ne consenlez pas... laissez-inoi

le retenir. (Hélène le retient par la main sans rien dire, un peu confuse.}

Quoi donc?... Parlez î...

JEANNE

Vous voyez bien qu elle l'aime !

MAXWELL

Qu'elle le dise el je l'aimerai aussi, moi, s'il le faiil! — Hélène! ne suis-je pas votre ami le plus dévoue? parlez, je le veux... je vous en prie !...

JEANNE

Oui, Hélène soyez sincère !...

HÉLÈNE

Ah ! mes amis, je ne peux pas dire, moi, je ne sais pas ! j'ai tant souffert, tous ces derniers temps, je me suis tellement oubliée...

MAXWELL

Dites la vériié, Hélène, vous vous croyez enchaînée et vous allez encore vous sacrifier ! Pour que Marcus recouvre des moyens d'existence qu'il ne sait pas devoir à lui-même, vous laissez renouer un lien qui se détachait tout seul.

HÉLÈNE

Non, ce n'est pas cela; c'est... tenez, jugez-moi tous deux ! je l'aimais tant, quand il était ici élevé avec moi!... je lu cédais toujours.

88 L'AUTllE

MAXWELL

Oui, ei vous continuez !...

HÉLÈNE

Mais... c'était mon plaisir et ma joie, de lui céder; pourquoi ne serait-ce plus de même ? quand je le voyais content, j'étais heureuse, quand il se blessait en jouant, c'est moi qui pleurais! j'ai eu tant de chagrin quand il nous a quittés pour habiter la ville! il riait, lui. il était content de changer, de s'émanciper... moi, je dcvoiais mes larmes. Depuis ce moment-là, j'ai senti que je l'aimais autrement, moins bien peut-être ! je lui en ai voulu de m'avoir été si cher et de ne pas s'en être aperçu, j'ai reconnu que je n» pouvais pas vivre heureuse sans lui et j'ai été bien on colère de ce qu'il pouvait vivre sans moi. Voilà pourquoi depuis trois ans je vous dis que je ne l'aime pas... mais je crois bien que je me suis menti à moi-même, et à présent, qu'il m'aime bien ou mal, je ne veux pas qu'il parte, car avec lui s'en ira tout mon courage, et, quand je n'aurai plus ma grand'mère, mon existence sans lui n'aura plus de raison d'être !

Jl-: AXNE, à Maxwell.

Je savais tout cela, moi ! il faut être femme pour comprendre ce qu'on ne vous dit pas et vous ne vouliez pas me croire.

HÉLÈNE, à Maxwell.

Vous voilà mécontent, attristé ! Ah ! mon ami, -vous avez promis de l'aimer si je l'aime !

MA XWELL.

Je suis très-malheuroux, Hélène ! oui, bien malheureux ! vous l'aimez, je le sens, je le vois, et vous ne pouvez pas l'épouser, à présent du moins et dans ces conditions-là !

Qui donc s'y opposerait:'

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