SCÈNE IX ,M.\RCUS, MAXWELL
M AU eu s.
Non certes, je ne m'en irai pas avant que vous m'ayez répondu, vous !
MAXWELL, absorbé. .
A quelle question dois-je répondre?...
M ARC us.
A celle-ci : Est-ce vous, monsieur, qui avez décidé Hélène à rompre ainsi avec moi?
MAXWELL
Oui, monsieur, c'est moi.
MARCUS
C'est bien. J'aime la franchise, vous me voyez dès lors tout résigné. Vous avez la supériorité du talent et de la richesse, c'est en ce monde le droit du plus fort. Mais, avant d'être le fiancé d'Hélène, j'étais son ami et son frère, c'est le droit du sang, c'est le droit du cœur, je l'ai, je le garde I je ne souffrirai pas que votre continuelle présence ici et l'autorité que vous y avo7, prise compromelletit plus longtemps ma cousine,
94 L'AUTHIi
à moins que vous ne déclariez prétendre ouverlement à sa mainl... Vous ne répondez pas?...
MAXWELL
Ce que vous dites là est insensé, monsieur Marcus.
Est-ce là votre réponse?... Elle n'est pas seulement impertinente, elle est lâche !
MAXWELL
Taisez-vous, vous êtes un enfant !
MARCUS
Un enfant qui vous chassera d'ici.
Il Teut porter les mains sur Maxwell, qui les lui saisit et les retient avec force.
MAXWELL
Un enfant que je briserai comme un fétu, si sa rage est celle de l'ambition déçue; un enfant à qui je pardonne tout, si sa jalousie pari du cœur.
MARCUS, douloureusement.
Ah! vous m'accusez de cupidité.
M A X W E L L, le forçant à s'asseoir.
Taisez-vous, écoulez-moi. Si vous êtes jaloux, vous qui affectiez le mépris des passions, j'aime mieux vous voir ainsi, emporté tout bouillant par l'orage, que roulé inerte par le destin. Mais celte jalousie ne me rassure pas sur l'avenir d'Hélène ; voyons, dites-moi si vous l'aimez réellement.
MARCUS
Ah! vous m'interrogez, vous? Eh bien, sachez que je n'ouvre pas mon cœur à qui ne m'inspire ni confiance ni estime !
Ni estime?