‹ L'autreChapitre 91 sur 150 · ACTE QUATRIÈME IH · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME IH

HÉLÈNE

Une réparation !... Est-ce que l'argent peut réparer le désastre de mon cœur ? Esl-ce qu'il peut rendre la vie à ma mère et l'honneur à sa tombe ? Est-ce qu'il peut effacer le mensonge qui m'a fait entrer ici ?

MAXWELL

Ce mensonge, sachez-le, c'est l'époux de votre mère qui l'a commis, ce fui sa vengeance de vous arracher à votre père!... Mais vous avez raison, Hélène, l'argent ne rachète pas l'honneur et ne réchauffe pas la cendre des morts ! Seulement, après les années qui apportent aux vivants la douleur et le mérite de l'expiation, le fruit d'un noble et ardent labeur est le témoignage d'une incessante sollicitude. Votre père a consacré sa vie, son intelligence, toutes les forces de son être à racheter votre indépendance, et votre dignité, aujourd'hui froissées. Ce malheureux dont vous ne voulez pas même savoir le nom, n'a pas voulu connaître d'autre devoir, d'autre famille que vous. Pour vous, il a contemplé, seul et face à face, le spectre navrant du passé. Aucun nouvel amour n'est venu se placer entre lui et ce déchirant souvenir ! Aucune douce vision d'enfant n'a jamais pris, dans ses rêves, une autre forme que la vôtre! Aura-t-il donc vécu d'une illusion et, plus sévère que Dieu même, lui défendrez-vous de réparer le mal qu'il a commis ?

HÉLÈNE

Mon Dieu!... il a donc survécu?...

MAXWELL

Oui !

HÉLÈNE

11 vit peut-être encore?

MARCUS

Non!

Tu me trompes, il vil!

il2 , L'AUTRE

MAXWELL

Si cela était, vous le repousseriez?

HÉLÈ NE.,

Ah ! vous me troublez ! vous me faites peur ! un père ! c'est un être que l'on respecte, que l'on peut vénérer. C'est presque l'objet d'un culic religieux, dans ma pensée ! Mais celui auquel on est forcé de pardonner... il y a là quelque chose qui blesse l'âme ! ce peut être un ami... mais ce n'est pas là un père !

MAXWELL

Hélène , c'est un outrage à Dieu, ce que vous dites là?

HÉLÈNE

Dieu n'a pas à pardonner. Il est plus grand que cela, il efface ! Nous qui ne pouvons rien effacer, nous avons inventé le pardon qui punit, puisqu'il rabaisse.

Ainsi, vous n'avez que le châtiment à offrir? votre pitié serait une insulte? Prenez garde que ce ne soit un blasphème !

HÉLÈNE

Âh ! que voulez-vous ! le blasphème éclôt fatalement sur les lèvres des enfants nés du parjure !

MAXWELL, indigné.

Malheureuse !...

Il tombe sur un siège la tête dans ses mains. Hélène, effrayée, se réfugie dans les bras de Marcus.

MARC US, ému.

Comme il souffre ! Hélène, c'est trop !

HÉLÈNE

Mais, mon Dieu ! quel intérêt si grand peut-il donc prendre...?

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