‹ L'Autriche a voulu la grande guerreChapitre 3 sur 84 · VIII ACE · texte numérisé non relu

VIII ACE

les armes aux mains et ne vous conduise pas à nos côtés ? De quelle immoralité ne donnez vous pas l'exemple, de quel égoïsme, de quel aveuglement? »

Soit. Mais tout ceci fut nôtre. C'est le premier et le plus grave enseignement de cette guerre que nous souffrons de l'application de principes de conduite qui furent, dans une certaine mesure, nos propres principes.

Lorsque, le 23 juillet 1914, TAutriche-Hongrie remit sa note outrageante à la Serbie; lorsque, le 25 juillet, elle rompit les négociations diplomatiques, malgré les satisfactions qui lui étaient données; lorsque, le 28 juillet, elle déclara la guerre, la Serbie n'avait-elle pas le droit de se tourner vers l'Europe et de lui dire : a — Je me bats pour défendre mon droit à vivre, à penser, à me développer, à créer librement ; pour défendre mon territoire, mes souvenirs, mes traditions, mes tombes, mes autels, mes foyers! C'est une juste cause. Je suis le plus faible. Cette guerre est un assassinat. Secourez-moi, c'est votre devoir ». La Serbie n'avait-elle pas le droit de se tourner vers l'Europe et de lui dire encore : « Prenez garde ! Je me bats pour défendre Salonique et Constantinople, pour arrêter le Germain dans sa marche vers l'Orient. Si je suis vaincue, — après le Danemark, après l'Autriche, après la France, — il n'y aura plus de contre-poids à la force allemande ! IClle aura l'Europe, elle aura l'Orient, et déjà menace l'Extrême-Orient. C'est l'asservissement du monde qui se prépare. Secourez-moi. C'est votre intérêt » .

Sans doute, la Serbie ne l'a pas dit, parce que le protocole ne permet pas aux petites nations de parler sur ce ton aux grandes. Mais l'Europe l'a entendu tou

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