II
Camozzi, noble de Bergame, domicilié à Milan . . 500,000
Castelbarco (comte) le père 100,000
» comtesse Antonia, née Litta 300,000
Besana (Gaetano) 60,000
Strigelli (Gaetano) 50,000
» Luigi, son frère 20,000
Franchetti frères, entrepreneurs des diligences. 60,000
Mozzoni, conseiller 10,000
» Achille, âgé de 17 ans 10,000
Le grand hôpital de Milan, créancier de l'Autriche pour quelques millions 300,000
Luchi (Teodoro) général, de Brescia, propriétaire à Milan £0,000
Clerici (don Giorgio) 30,000
» don Carlo 30,000
» don Pietro 30,000
Reslelli , avocat 20,000
D'Adda (marquise) née Doria 20,000
Porro-Lambertenghi (comte Luige) 20,000
» comte Giberto 20,000
» femme de Giberto 20,000
Scotti (duc Filippo) 70,000
Mazzoni (Giovanni) * 10,000
Bisleri 50,000
Fossati (Giuseppe) 20,000
Fossati-Seraglia 20,000
Nava (comte Ambrogio) 80,000
Durini (comte Giuseppe) 100,000
» (comte Ercole) 20,000
Cette liste incomplète et composée seulement de propriétaires de la ville et de la province de Milan, constituait dcjù un total de 14 millions. Si, par un calcul approximatif, on considère que les propriétaires de Milan représentent à eux seuls
la dixième partie des valeurs immobilières du royaume Lombard-Vénitien, si l'on y ajoute ceux imn compris dans la liste et les propriétaires des autres provinces, il en résultera un total qui ne pas moindre de 150 millions. Outre les propriétaires, le maréchal songeait sans doute (on en verra bientôt la preuve) à imposer aussi les négociants, les capitalistes et même les hospices, comme l'annonçait la contribution imposée au grand hôpital de Milan ; de sorte que la contribution de guerre par lui imaginée serait montée à 300 millions au moins. La Sainte-Alliance, qui envahit la France en 1815, se montra bien plus modérée en imposant à ce pays une contribution de guerre de 720 millions, car la France est sept fois plus grande, et est d'ailleurs en proportion plus riche de ressources que le royaume Lombard- Vénitien.
Le maréchal Radetzky aurait voulu continuer à produire ses listes; mais l'opposition du comte Montecuccoli et des ordres positifs venus d'Olmûtz l'y firent renoncer. Néanmoins, nous avons encore ici une preuve de plus de la faiblesse du gouvernement impérial et de l'insolence de l'oligarchie militaire. Le maréchal refusa opiniâtrement de signer la révocation de sa proclamation ; l'Empereur n'avait pas assez de fermeté pour la révoquer de son autorité privée ; les quelques ministres intérimaires qui lui restaient encore, et qui étaient tout prêts à rendre définitivement leurs portefeuilles, n'auraient pas osé le faire; \Jontecuccoli
non plus; de sorte qu'on eut recours à l'expédient d'une contre-proclamation anonyme, non pas imprimée, mais lithographiée, non pas publiée dans les formes habituelles, mais répandue presque mystérieusement dans les administrations, et accompagnée d'une circulaire également lithographiée. C'est le devoir de l'histoire de conserver de semblables documents.