III. — A cause de la dite taxe île guerre et pour en assurer
■: nent, sont déclarés anéantit, nuls, et d'aucun effet, tous disposition et d'obligation ([ni ont eu lieu depuis le 18 mars 1848, jusqu'à présent, et la dite taxe sera tacitement considérée comme étant inscrite hypothécairement à la date da 18 mars, sur les biens stables et les créances hypothécaires qui, à cette époque, appartenaient aux imposés.
IV. — Le temps fixé pour le paiement de la taxe étant écoulé sans que ce paiement ait été effectué, la taxe sera augmentée de la cinquième parlie de la somme fixée par l'ordre du paiement. Auront lieu à la charge des retardataire tes actes coactifs, suivant
déments militaires, outre uestre général et la nomina lion d'un administrateur des revenus de l'imposé, afin qu'à !a réalisation de ces biens et ■Tee les revenus , on effectue le lit de la contribution de : re.
V. — De plus, la fraction de la totalité de l'indemnité qui ne pourrait pas être obtenue par les moyens ci-dessus indiqués, sera répartie, fixée et
e de la manière convenable et proportionnée que, dans la suite, je jugerai à propos d'ordonner, selon les circonstances.
En attendant , les sujets loyaux et tranquilles doivent se reposer sur les intentions bienfaisantes du gouvernement ;
leurs facultés matérielles et intellectuelles.
La quote part de la contribution sera indiquée dans la notification respective qu'on signifiera à chacun des individus ou au domicile ordinaire qu'ils ont ou qu'ils avaient le 18 mars 1848. Elle devra être payée à la caisse de guerre respective , dans le délai de six semaines à courir depuis la signification de la dite notification.
Ce délai écoulé, les biens de l'imposé seront soumis au séquestre et à un curateur, ce qui est le moyen le plus opportun pour que, avec les revenus des biens et le produit de la vente, on obtienne le paiement de la taxe infligée. Dans ces biens, sont compris aussi ceux que chaque contribuable avait à l'époque du 16 mars 1848, sans aucun égard aux aliénations et obligations qui auraient été contractées depuis lors.
Au moyen de ces contributions et lorsque le paiement en aura été fait , on secourra aussi les indigents de la manière et dans la proportion qui seront ensuite déterminées.
Milan, le 11 novembre 4848.
Radetzky, Feld-maréchal.
j'invite donc tous les habitants de ces provinces Lombardes- Vénitiennes à avoir pleine confiance en lui, et à ne pas prêter l'oreille aux séductions et aux menées de partis uniquement occupés de troubler l'ordre, afin que le gouvernement ne soit pas entravé, au préjudice du pays, dans l'exécution des décisions meilleures qu'il pourra promulger.
Milan, 3 octobre 1848.
Radetzy, Feld-maréchal.
Remarquez que le maréchal dit mon armée, et qu'il détermine une contribution aussi excessive, à lui seul, sans seulement nommer l'Empereur, d'où l'on peut conjecturer comment et par qui était alors gouvernée la monarchie autrichienne. 11 y avait un Empereur, il y avait un conseil des ministres, il y avait à Milan un ministre d'État auquel le monarque avait confié ses pleins pouvoirs; et le maréchal Radetzky, un sujet, se mettant audessus de tous, prend des décisions de sa pleine autorité et contre la volonté du ministre plénipotentiaire, du conseil des ministres, de rEmpeivur. Telle était l'anarchie dans laquelle tombait l'empire d'Autriche.
Qu'on remarque encore que le maréchal fait un crime aux émigrés de ne pas être revenus apri ^ l'amnistie. Le manifeste de l'Empereur, quoique daté du 20 septembre, ne fut publié à Milan que
dans la soirée du 8 et dans la matinée du 9 octobre. Il n'y avait donc pas môme eu le temps matériellement nécessaire pour que les émigrés dispersés en eussent été informés; et d'ailleurs, qui garantissait ce décret? Il était signé de l'Empereur et de son premier ministre; mais le maréchal, si insouciant aux ordres de son souverain, l'aurait-il respecté ? Et comment un homme, soucieux de sa tranquillité et de sa sécurité, pouvait-il revenir là, où tout était régi par l'absolutisme militaire, où chaque jour était témoin d'exécutions militaires et de violences brutales, où le maréchal lui-même recourait à des moyens iniques pour provoquer les habitants, pour les attirer dans le piège et accroître le nombre de ses victimes? Ne voit-on pas d'ailleurs que son décret de spoliation était préparé pour être publié avant l'amnistie impériale? Non- seulement cette hypocrisie était inutile, mais elle était démentie de la manière la plus positive par la liste des imposés, parmi lesquels figurent, outre les membres des ex-gouvernements provisoires ou de ce qu'on appelait des comités, des personnes qui n'ont jamais mis le pied hors de leur pays et qui ne se mêlèrent jamais de rien ; d'autres qui sont connues pour leur dévouement à l'Autriche, et jusqu'à des hôpitaux. Quoique longue, la liste est incomplète ; je la transcris, afin que toute l'Europe connaisse ce document du plus infâme brigandage.
Liste dos propriétaires établis à Milan et qui d'après le dé-
pouillement censitaire fait par le comte Pachta et l'avocat Lorenzo Rizzi, furent taxés, ainsi qu'il suit, pour la contribution
de guerre. Les sommes sont en livres autrichiennes; une livre autrichienne vaut 87 centimes de France.
Lines .
Borromeo (comte Vitaliano) 800,000
» Manetta sa femme, née comtesse d'Adda. . .. 20,000
» Le comte Renato, frère du précédent 600,000
» La comtesse Verri 80,000
Litta-Aresi (duc Antonio) 800,000
» Le comte Giulio son frère 600,000
» La duchesse leur mère 60,000
Litla-Biumi (chevalier Pompée) 60,000
Pallavicini ( marquis Giorgio) 600,000
Poldi-Pezzoli, noble 600,000
Visconti-Modrone, duc 800,000
Casali (comte Gabrio) 300,000
Traversi, avocat 500,000
Decio, conseiller du gouvernement 30,000
Visconti-Aimi, marquis Antonio 300,000
Busca, marquise, née duchesse Serbelloni . . . . 800,000
Succession Mellerio 600,000
Cusani (marquis) 100,000
» sa femme, née marquise Botta 100,000
Tealdi, banquier Suisse 80,000
Manara Luciano 60,000
» sa femme 20,000
Filippo, son frère 60,000
Achille, idem 20,000
Kramer, professeur 50,000
» Teresa 60,000
Greppi (comte Marco), membre du gouvernement provisoire 200,000
» un de ses fds (8 ans) orphelin de mère. 80,000
» Paolo 60,000
» Giuseppe 60,000
Gonzaga (prince Louis) 100,000
neretta, membre du gouvernement provisoire. 80,000
Berrà Francesco 50,000
» Carolina, sa femme 20,000
Belgioioso (princesse Cristina, née marquise Tri-
vulzio) 800,000
Trivulzio (marquis Giorgio), son cousin 500,000
Falco (prince Pio Carpi), espagnol domicilié depuis plusieurs années à Milan, puis expulsé
par Torresani 200,000
Archimi (comte Giuseppe) 500,000
Sormanni (comte Alexandre) 300,000
Bettolio (donna xMarietta, née Vidiserti) 60,000
Sanseverino (comte Faustino) 50,000
Piccinini-Rossari 90,000
Taccioli (l<s frères Enrico et Gaetano) 50,000
Siampa-Soncino (marquis frères) 380,000
De Rosale* (marquis Gaspare) 80,000
Maari (Achille) 60,000
•ni, ingénieur (Alessandro) 80,000
Rocci -Saporita , marquis piémontais 80,000
Della Somiglia (comte Giovanni) 50,000
Pertusati (comte Francesco) 30,000
Pio Scotti (marquis) 60,000
Succession Azimonti 30,000
Taverna (comte Carlo) 300,000
» comte Paolo 60,000
» comte Lorenzo 60,000
» comte Pilippo 60,000
» sa femme 20,000
» un fou de cette famille 30,000
Prinetti (Giulio) 50,000
Tofetti (comte Vicente) 50,000
Giulini (comte Cesare) 50,000
Perego (Gaeiano) 100,000
Annoni (comte Francesco) 600,000