‹ L'Autriche et l'Italie devant l'EuropeChapitre 10 sur 11 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La question itaUenne. — SolatioD par la paii. — Solution par la gome.

GonduiioD.

Ainsi la question italienne se présente sous deux faces :

Indépendance nationale.

Liberté.

Il faut aux populations de la péninsule l'indépendance nationale, pour satisfaire leurs indomptables aspirations, pour les rendre fortes et dignes, pour détruire cet étemel élément de luttes, de résistances, de perturbation, pour vaincre ce morne affaissement dans lequel elles tombent après chaque défaite, pour dissiper ce désespoir qui les jette dans une inertie déplorable, d'où elles ne se réreillent que pour des soulèvements, des meurtres, des ravages, des incendies, des guerres!

Les traités de 1815 ont eu pour but, dit-on, de pacifier l'Europe.

N'a-ton plus le droit aujourd'hui de se coaliser et de jeter, dans un même but, les bases d'un système d'équilibre européen.

Ce serait là justice et pour le peuple italien et pour l'Eo^ rope.

PowlepeapleiUlieiiqiielehaâardetlaforceoat sevb aounisà Tànlnche ; pour le peaple iulîea, parce que i'oeopadoD aUemaiide n'est justifiée, lëgLÛmëe par aocane idfe chrOisatrice; pour le peaple italien, qni est notre frtee, qni a, comme novs, le génie htin et le génie grec, qui a fiit dans Tantupiité notre ciTiltsation, à qui BO«s aToi» à notre tour commmiqné notre génie, et qjÊt aTODs rerififié du sovfDe de notre réfohitiin; pow le peaple italien, qni porte dans son seinTidée firan- (aise, qni a, soos le premier empire, sniri la France dans wa ^orienses campagnes, qoi a Tersé poor nous son sang à flots, et qni n'a jamais trahi notre cause ; pov le peuple italien «ifin, qne Tindépendance peut rendre nn grand peuple, et que le serrage broierait, déforerait.

Car c'est là une question de fie oa de mort.

Ce serait justice pour l'Europe, parce qu'il suffit que Tesdamage de ce peuple soit pcur elle un danger, pour qu'eDe ail le droit de réclamer ses affiranchHRements; parce que le plus court moyen d'en finir arec cette situation intdèraUequi est bite à l'Ennuie, c'est de trancher le nosui immédiatemenl, en déclarant lilveà jamais l'Italie de toute occupation étrangère.

L'état de guerre imminente ou nous nous troufons en ce moment, la perturbation dans laquelle cet état jette rindnstrie et le commerce, le désarroi dans lequd il m^ toute chose, tout cela ne suffit-il pas pour déterminer les gouTememmts à agir une lois pour toutes?

Et ils ne peurent agir qu'en affranchissant l'Italie; our en resKrrant les liens qui l'attachent à l'Autriche» on ne ferait qu'aggrarer la situation et qu'assurer i la maison

de Hapsbonrg une puissance menaçante pour les antres États de TEnrope.

Envahissement, tel est le principe traditionnel de la politique autrichienne, qu'on ne l'oublie pas !

Chaque siècle a apporté une conquête à cette puissance, jadis si petit État, aujourd'hui si vaste empire !

Elle s'avance, elle s'avance, elle veut la mer, elle veut la Méditerranée ; que la France, que la Russie, que l'Angleterre portent là leur attention.

Il faut aux populations de la péninsule la liberté, parce qu'elle seule peut apaiser complètement les passions, parce qu'elle doit satisfaire des vœux légitimes, parce qu'il faut que ce beau pays d'Italie soit fécondé de ce beau soleil de 1789, qui fomente le progrès moral et matériel, qui féconde le cœur, l'esprit^ les hommes, la terre i parce qu'il y a dans ces contrées privilégiées et dans ces populations favorisées du ciel des germes précieux de richesses, d'intelligence, d'âme et de force ; parce qu'il y a, arrêté sous la glace du despotisme, toute une magnifique végétation qui porterait les fruits les plus abondants; parce que enfin, là est la fécondité sous toutes les formes, et que l'Italie peut devenir pour l'Europe un grenier d'abondance, en même temps qu'un foyer de progrès et de civilisation.

Deux voies se présentent pour résoudre la question italienne et pour arriver au résultat que nous proposons :

La voie diplomatique ;

La voie des armes.

Voyons d'abord le système des négociations.

En 1856, r Autriche n'a pas ronlu que Ton posât même la question italienne en congrès.

Consentira-t-elle, en 18S9, à suivre sur ce terrain les gouvernements qui voudraient pacifiquement l'y appeler ?

Toutes les puissances de l'Europe agiront- elles ellesmêmes d'ensemble pour organiser un congrès sur cette question ?

Admettons^ ce qui n'est pas probable, que l'Europe convoque une assemblée de plénipotentiaires en vue de vider cette question, et admettons aussi que l'Autriche envoie des représentants dans ce conseil.

Qu'obtiendra-t-on après les plus longs débats ?

L'Autriche ne consentira jamais à céder sans combats les provinces italiennes qu'elle possède.

Elle pourra retirer ses troupes de la péninsule, mais son influence ne sera pas moindre sur les duchés, sur les États de l'Église, sur le royaume de Naples, car les princes de ces États, dans leurs aspirations absolutistes, n'auront de confiance qu'en la maison de Hapsbourg.

Un traité basé sur ces conditions ne ferait donc que consolider la puissance autrichienne, et que replonger plus avant dans l'abtme les infortunées populations de Tltalie.

De plus, grâce à la sympathie que l'Autriche a su habilement conquérir dans la Confédération, voilà son influence victorieusement établie au détriment de celle de la Prusse.

Tel serait le résultat auquel aboutirait, croyons-nous, la solution par voie diplomatique, de la question italienne.

Reste la voie des armes.

Serons-nous vainqueurs ? serons-nous vaincus ?

Nous ayons exposé h natnre des forces et les ressources qni sont an senrice des soutiens de la cause italienne et au service de TAutriche.

On pe gagne pas de batailles par prévision, niais enfin, depuis quand les troupes françaises ont-elles oublié le chemin de la victoire?

La Russie n'a pas d'intérêt à soutenir rAutriche.

La Prusse, plus que nous, doit demander l'amoindrisse^pnt de l'influence de cet empire.

En Allemagne, un parti considérable lui est hostile.

L'Angleterre est engagée vis-à-vis de Tltalie par de nombreux précédents.

Qu'auraient en face d'elles la France et l'Italie?

Un empire fait de morceaux, et par conséquent travaillé par toute sorte de tiraillements, affaibli par le mauvais vouloir de certaines provinces, miné par l'hostilité de certaines autres, reposant, il est vrai, sur une force militaire imposante, mais qui se recruterait difficilement.

Ressources d'hommes limitées, ressources d'argent entièrement nulles, car l'Autriche emploie sa dernière obole à former son armée actuelle et à organiser la lutte.

De tout cela, les conséquences à tirer sont faciles et claires.

La guerre ne serait pas de longue durée.

Serait-elle onéreuse pour la France?

On a vu après 1815 quelles sont les merveilleuses ressources de notre pays et avec quelle étonnante rapidité se ferment et se cicatrisent les blessures les plus profondes qu'il ait pu recevoir.

Et d'ailleurs, après une guerre salutaire, la paix, éta-

blîe poor longtemps, amènerait cette sécurité si (ayonble an déTeloppement agricole, industriel et commercial.

D'an antre côté, nne fois lltalie, ce foyer rérolationnaire, pacifiée, calmée, la dynastie napoléonienne, reposant sornne double base de démocratie et de gloire, pourrait donner à l'édifice social qu'elle s'est chai^ de fonder ce couronnement de liberté qui nous a été promis et qui donnerait au progrès une impulsion nouTelle.

C'est ici le moment de nous élerer contre ces défaHlances aveugles, ces malveillances de mauvaise foi qui veulent montrer l'intérêt de la France là où il ne se trouve pas et qui cherchent à dénaturer, pour le compromettre aux yeux de l'Europe, les intentions du gouvernement.

Que répondre aux premiers?

On trouva des Français en 1814 et en 1815 qui saluèrent avec joie l'invasion étrangère.

On a trouvé des Français de 1830 à 1848 qui ont appuyé de leur influence et de leur vote la honte de la France.

Les rejeter dans ces deux catégories, c'est leur répondre.

Qu'aujourd'hui, comme alors, la honte et la réprobation tombent sur leur tête.

Gomment répondre aux seconds?

Par une protestation solennelle; et remettre ensuite à la conduite ultérieure que l'on tiendra le soin de justifier les intentions que l'on manifeste.

Après cela, que la lâcheté et la calomnie se donnent la maint

Concluons donc.

La question italienne demande immédiatement une solution favorable aux peuples de la Péninsule.

La paix est désirable, si on peut arrirer diplomatiquement à un bon résultat.

La guerre est nécessaire si, malgré la modération et l'esprit conciliant delà France, on se montre rebelle à tout esprit de concession sériease.

Toute ritaiie doit être affranchie du joug étranger, et on doit former immédiatement ou préparer la formation de l'unité italienne.

Un gouvernement libéral, de sages réformes doivent être accordées aux peuples de la Péninsule.

Prudence et énergie, telle doit être notre attitude.

Équité et civilisation : ces deux mots doivent être écrits en lettres d'or sur le drapeau de la France.

c L'intérêt de la France, a dit dans son noble discours l'empereur Napoléon III, est partout où il y a une cause juste et civilisatrice à défendre. >

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