CHAPITRE V
La presM française et ropioion publique. — La presse étrangère. -^ Les
brochures.
Les journaux devaient naturellement s'emparer avec ardeur d'une question qui ouvrait tout à coup un champ brûlant à la discussion. Aussi la presse européenne découvrit-elle tout à coup ses batteries et conmiença-t-élle pour ou contre une bataille d'arguments et de suppositions. Il y a trois côtés à envisager dans Tattitude des journaux : l'opinion qu'ils représentent; le but vers lequel ils cherchent à entraîner les choses ; le point de vue personnel où se place chaque feuille.
Ainsi les organes officiels ne sont que Técho des tendances des divers gouvernements ; et puisque nous avons exposé les intérêts et les vues de ces divers gouvernements, nous n'avons pas à nous occuper des feuilles qui les servent.
Quant à la presse indépendante, en France, nous ferons remarquer que les diverses feuilles politiques accusent en faveur de la nationalité italienne leurs sympathies en rairon directe du degré de libéralisme qu'elles représentent. C'est là une particularité curieuse à enregistrer. Il en est
de même des feuilles gouyernementales ; celle qai a reconnu Topportunité de certaines concessions libérales, la Patrie^ soutient avec le plus d'énergie la cause de lltalie. On peut même dire que ce journal est en France parmi les feuilles de toutes les opinions, Tayocatle plus ferme de cette cause. La Presse^ le Siècle^ la Revtie des Deux-Mondes ont plaidé avec une égale éloquence en faveur de Tindépendance de lltalie. Ces trois dernières se sont attachées à montrer Tafireuse situation, non-seulement de la Lombardo-Vénétie, mais encore des Deux-Siciles, des Etats Romains et des duchés Italiens. Elles ont demandé une régénération complète de lltalie. On peut dire que cette partie de la presse parisienne qui prend avec tant d'ardeur la défense de la nationalité et de la liberté italiennes, est celle qui s'adresse en France à l'immense majorité des lecteurs, et qui représente en même temps la partie la plus éclairée, la plus patriotique, la plus énergique, la plus française enfin de notre nation. Le Journal des Déhais fait de la timidité en croyant faire de la modération et de la prudence. C'est là de l'habileté d'un autre règne. Quant aux organes de la légitimité et de YulirarmnUmisme^ ils jprêchent dans le désert ou à peu près, en faveur de traités iniques et d'un état de choses impossible. Quelques feuilles se font l'écho des défaillances financières. Mais le temps n'est plus, Dieu merci, où l'Etat sacrifiait tout, intérêt national, honneur français, pour laisser s'enrichir en toute paix quelques agioteurs insatiables, quelques faiseurs audacieux.
Ainsi, les vues conciliantes, mais fermes et libérales du gouvernement français, rencojitrent le plus énergique
concours parmi les feuilles qui représentent ce qu'on a ^ippéléYopposilion démocratique^ la plus influente auprès de l'opinion. Ainsi une guerre contre les traités de 1815 et en faveur de Findépendance italienne,aurait en France une immense popularité. Elle aurait pour elle Télan des masses, la ressource de toutesles forces yives de la nation. Ce caractère du sentiment public en France n'est pas un fait accidentel, une impression du moment, une tendance nouvelle. Il est aujourd'hui, sous le second empire, ce qu'il était sous la seconde république, sous le gouvernement de juillet, sous la restauration. Depuis 1815 le peuple français proteste de toutes les manières et dans toutes les occasions contre l'invasion étrangère et contre les traités qui en furent la conséquence. Dans les journaux, à la tribune,on n'a pas cessé pendant quarante ans de jeter l'opprobre de 1815 à la face du parti légitimiste. Ce sentiment de répulsion contre les actes des alliés nous a gagnés par tous les sens, par tous les pores ! Cette situation nous rend, pour ainsi dire, co-intéressés avec les peuples de la péninsule dans la question italienne, qui devient, de cette manière, en même temps une question française.
Ce serait une banalité, tant cela a été répété, de dire aujourd'hui que la révolution de 1830 fut une protestation de 1815, et que celle de 1848 fut une explosion du sentiment national.
Les faiblesses de M. Guizot, ses complaisances pleines d'abnégation, non-seulement envers l'Angleterre, mais encore envers l'Autriche, étaient le grand grief que le parti réformiste reprochait au gouvernement de Louis- Philippe. Dans les banquets de 1847, on faisait surtout ap-
pel an sentimeot national ; la qnestion italienne s'y produisit, et l'on s'éleva avec la plus grande indignation contre les penchants autrichiens du chef du cabinet.
Nous citerons à ce propos, une partie d'un discours que feu M. Âbbatucci prononça à cette époque dans un banquet à Orléans, ville dont il représentait les intérêts à la chambre des députés ; ce sera pour nous une heureuse occasion de faire connaître les sympathies de l'illustre ministre pour la malheureuse Italie, et les sentiments patriotiques qui l'animaient.
c En serions-nous réduits, s'écriait-il, à nous demander » si le drapeau tricolore n'est plus dans les mains de la » nation française que le jouet d'un peuple enfant. Se- » rait-il donc vrai que le culte des intérêts matériels eût » étouffé dans nos âmes le culte sacré de l'honneur, et ces » sentiments chevaleresques, la gloire et le trait distinctif » du caractère français.
» Voix unanimes : Non ! non 1
t ÂBBATUCCI, avec enAùHsiasme* Gomme vous, Mes- » sieurs, je dis non t non I J'en atteste les manifestations » qui se produisent ici et par toute la France ; j'en atteste
> toutes ces . luttes engagées au nom des idées libérales I » N'est-il pas profondément triste pour la France de
» songer qu'alors que l'amour de la'liberté s'éveille chez » tous les peuples, ob nous conseille de nous accroupir 1 dans une immobilité peureuse ! Serait-il possible que,
> lorsque toute l'Italie s'agite pour se débarrasser des
» langes du vieux despotisme, la France (je me
» trompe) le représentant officiel de la nation, crie, en » son nom, à ces peuples opprimés : • Soyez sages, »
c'est-à-dire soyez toajoars les esclaves frémissants da despotisme étranger! Et dans quel moment? C'est dans ce moment où, da haut de ce Vatican d'où naguère s'échappaient des fondres impuissantes d'an fanatisme suranné, un pontife, inspiré tout à la fois par les préceptes de l'Évangile et par les idées généreuses de notre siècle, élève la voix et appelle la vieille Italie à l'indépendance et à la liberté, c'est alors que, pour toute réponse, nous offrons à l'Europe étonnée le triste spectacle de M. Guizot donnant la main à qui? au prince de Mettemich t
» Par cette conduite, sans reconquérir la stérile bienveillance des rois, nous perdons la généreuse sympathie des peuples ! »
Ces paroles d'un homme que Ton a appelé depuis un homme d'Èiai éminenU sont une éloquente réponse aux vœux des partisans de la paix à tout prix. Elles montrent assez vers quel abîme peut entraîner un gouvernement ce système pusillanime et anti-démocratique.
La paix à tout prix amena la révolution.
Qu'un gouvernement qui veut éviter à l'Europe ce désastreux cataclysme, sache à propos faire la guerre. C'est ainsi qu'il établira la paix sociale.
En Piémont comme en France, il y a un parti peu nombreux qui regrette les privilèges que les constitutions ont abolis. Ce partie sans influence, s'agite, mais il ne vit pas. C'est un cadavre galvanisé. Une presse obscure, des orateurs sans crédit, sont les organes de ce parti qui compte des nobles obstinés, des prêtres rancuniers. A ces gens-là, une guerre contre le despotisme autrichien et clé-
rical serait pent-élre peu sympathique; mais qn'ont à faire ces gens-li ayec la nation ? Ds yiyent, comme des hommes d*nn antre âge, an milieu de la cirilisation moderne, étrangers anx intérêts comme aux ai^nraticms de notre époqne.
C'est ce parti qni montra tant de manraise Tolonté ea 1818 et en 1849, et qui se battit à Norarre arec tant d1ië- * sitation et de répugnance.
Ainsi les organes de cette coterie imperceptible passent sans écho au milieu du retentissement que trourent par- ' tout dans les États-Sardes les paroles patriotiques des nombreuses feuilles nationales. Celles-ci, écrites arec une énergie brûlante, trouTent dans tout Piémontais un lecteur sympathique, pasâonné, et elles pénètrent en outre de toutes les manières, au moyen de ruses ingénieuses, dans les autres parties de l'Italie où elles entretiennent le feu sacré de l'indépendance.
Qu'on ne s'étonne pas de me Toir entrer dans des détails au courant desquels se trouTcnt, sans doute, un grand nombre de nos lecteurs. Técris un lirre pour le peuple, et tout en exposant un système personnel d'interyention, je fais en quelque sorte un manuel de la situation.
La presse nationale est entre les mains d'écrivains trèsdistingués; il y a parmi eux des réfugiés lombards^ rénitiens, romains, napolitaiuBi toscans, qui ont trouTé en Piémont un asile en mtee fonps qu'un centre d'action.
On comprend dès lors combien la question d'indépendance est puissamment serrie par des bonmies qui en sont comme les martyrs.
Dans les autres États de l'Italie, grâce aux lois draco-
nienned qai t^iâôént h presse, ridée nationale se tronve sans organe. Mais le sentiment des populations, nous l'avons dit, n'est pas pour cela moins patriotique et moins I»t)fond.
. La presse autrichienne traduit ses sentiments anti-italiens et anti-français avec une violence dont les journaux de France et de Piémont ne lui ont pas cependant donné l'exemple. Elle agite les peuples allemands au moyen de manœuvres peu loyales, soit en dénaturant la question, soit en accusant les intentions des cabinets de Turin et des Tuileries. Cette tactique a son danger. On peut bien tromper les peuples quelque temps, et les entraîner dans une manifestation contraire à leurs intérêts peut-être les plus réels, quoique les moins apparents ; mais un jour ta vérité se produit, et lorsque les peuples allemands seront convaincus par les évén^uents que la question italienne est bien exclusivement italienne ; que, basée sur le généreux principe de la nationalité, elle répond à un sentiment dont ils sont eux-mêmes travaillés, quelle ne sera pas alors, vis-à-vis de ces peuples, la responsabilité de TAutriche ? Dans quel subit abandon ne se trouvera-t-elle pas tout à coup t Ce qui peut survenir alors de plus heureux pour elle, c'est de ne perdre que scm influence en Allemagne au profit de la Prusse, et de ne vmr pas se changer en hostilité ouverte l'appui fervent ^bli promettent aujourd'hui quelques États de la Gonftdâration.
C'est sous cette impulsion et avec une grande précipitation de jugement que la presse allemande a arboré une politique ombrageuse et défiante. Elle entretient, il ne faut pas le cacher, une grande agitation parmi les popu-
latioDs. Mais cette agitation esirelle pour la France de mauvais augare? On fait grand bruit du projet caché qu'aurait le gouvernement de revendiquer le Rhin. C'est là une calomnie gratuite. Mais enfin les journaux qui soulèvent cette question sont-ils bien sûrs que les populations de la rive gauche de ce fleuve soient gallophobes, et qu'elles repousseraient toute annexion de leur territoire à la France?
Terminons en disant que la cause italienne serait trèssympathique en Allemagne si l'esprit public n'y était pas faussé par les suggestions d'une politique machiavélique.
En Prusse, les divers organes périodiques de Topinion ont une attitude assez réservée et à peu près neutre. Quant au puissant parti, dit de la Croix^ représenté dans la presse par la Nouvelle Gazette de Prusse^ il se montre ouvertement opposé à l'influence autrichienne. La Prusse, en se ralliant du reste à la politique de la Russie, voit mieux et avec moins de prévention que nul autre Etat de la confédération, le côté vrai de la situation.
En Angleterre, l'opinion des écrivains hésite et flotte entre les sympathies que conquiert la cause italienne, la jalousie qu'inspire l'initiative généreuse de la France^ les appréhensions que suscitent les souvenirs du premier
empire. Plusieurs feuilles très-importantes se sont pourtant ouvertement prononcées en faveur de l'idée, à U tête de laquelle se sont placés la France et le Piémont; le Moming Post et le Moming Adverùser apprécient avec un grand sentiment d'hupartialité, la question d'indépendance italienne et combattent la politique du miiU9tère actuel. Le Times^ dont le système d'évolution est
connu, louvoie en attendant, pour se prononcer, que l'opinion publique s'accuse ouvertement. Et nous sommes convaincu que le peuple anglais, lié à la France par une fraternité de péril et de gloire, pénétré des généreux sentiments de liberté et d'indépendance, et de tout temps dévoué à la nationalité italienne, ne refusera pas aujourd'hui ses sympathies à un peuple qui, devenu libre et unifié, serait tout étonné de s'être régénéré sans le concours de l'Angleterre, et qui serait bien plus surpris encore et bien douloureusement indigné , s'il voyait cette grande nation prêter son appui à la domination autrichienne.
La presse non périodique s'est emparée en France de la question italienne avec une ardeur au moins aussi grande que celle qui anime le journalisme. Sous le cadre facile et attrayant de la brochure, tous les systèmes personnels se sont produits. Sous cette forme, la pensée politique est plus nette, plus complète, plus franche et plus libre.
Nous ne pouvons parler ici de toutes les solutions qui ont été proposées et de toutes les manières d'envisager la question qui se sont manifestées. Il est pourtant quelques brochures qui, à cause de la source d'où elles émanent, de ridée qu'elles représentent, ou de l'originalité du point de vue où elles se placent, ont une réelle importance et présentent des systèmes qu'il est nécessaire d'apprécier.
Parmi les brochures qui ont le plus excité la curiosité publique, se place au premier rang celle qui a pour titre : L'ËMPBRBua Napoléon IU et l'Itauk. L'auteur fait re*
pù&er la légitimité de la question italienne sur les deux principes de nationalité, et de civilisation.
c L'Italie, écrit-il, représente dans l'histoire quelq[Qe » chose de plus grand encore que la nationalité, elle re- 1 présente la civilisation. C'est sur cette terre d'élite que » sont nés les principes hnmortels et les glorieux exem- » pies qui ont formé des hommes et des peuples. L'Italie » est plus qu'une sœur pour les autres nations, c'est une > mère. Son génie, sa puissance, ses institutions, ses » conquêtes, ses chefs-d'œuvre, et, plus tard, ses mal- » heurs, ses ruines, ses troubles, tout enfin dans l'ère » ancienne comme dans les temps nouveaux, ses consuls, » ses tribuns, ses historiens, ses empereurs, ses martyrs » et ses papes ont contribué à lui donner un caractère » régénérateur en quelque sorte »
Il y a là une pensée juste et vraie ; l'idée de civilisation est certainement supérieure à l'idée de nationalité. Le génie italien, c'est-à-dire latin, par son alliance avec le génie grec, a produit la civilisation moderne. Mais ce caractère générateur^ a-t-il été conservé par l'Italie? Hélas t non , et les peuples de la péninsule reçoivent ou attendent aujourd'hui l'impulsion qu'ils donnaient autrefois. Dispensateurs jadis de la civilisation, ils la subissent à notre époque. Mais enfin ils possèdent encore plus que bien d'aatres peuples ce génie rayonnant qui les animait, et, bien plus qne la race allemande, ils ont le don d'influence et d'assimilation.
Il n'y a guère au dix-neuvième siècle que deux peuples qui aient à un haut degré ce génie envahissant et pénétrant, qui sait s'emparer des idées et des mœurs d'une autre na-
tion, les plier, les façonnera son image, et imprimer à cette nation le caractère qui le distingue lui-même: ce sont le peuple français et le peuple slave ; toutes les autres races, Anglo-Saxons, Allemands, Espagnols, etc., domptent un peuple, mais ne se l'assimilent pas ou ne s'assimilent pas à lui, ne le fondent pas dans leur nationalité ; ces peuples sont éminemment destructeurs : ils peuvent coloniser, mais il ne peuvent civiliser. Les populations vaincues disparaissent sous leur domination, tandis que sous la domination française ou slave, les populations soumises se multiplient, se régénèrent, et deviennent ensuite aussi françaises, aussi slaves que leurs vainqueurs. En Amérique, les Espagnols ont fait la solitude autour d*eux; en Asie, les Anglais n'ont pu s'associer la population in^dienne, qui fuit, meurt ou se révolte devant eux ; tandis que sous la domination française, la Corse, l'Alsace ont adopté avec une facilité merveilleuse la condition française qui leur est faite; et à aucun prix elles ne voudraient redevenir italienne ou allemande. L'Algérie, elle-même, soumise d'hier, se laisse pénétrer, par tous les pores, de ce génie que la France épanche autour d'elle.
Mais bien moins que lltalie, l'Allemagne est civilisatrice. Dans la péninsule on peut dire que l'Autriche représente la barbarie asser vissant la civilisation. Si encore les deux peuples avaient quelque point par où ils puissent s'attirer ; Htalie, bien que domptée, pourrait communiquer son génie à l'Allemagne, comme jadis, elle-même, m^tresse de la Grèce subit la civilisation grecque: et ainsi matériellement vaincue, elle serait moralement victorieuse. Mais le caractère autrichien , rude , tyran-
ni<iiie, réfractaire, se montre rebelle à tonte intromis* sion des mœars étrangères, et s'enferme dans son génie propre comme dans une citadelle.
Quant aax intérêts ou aux sentiments qui peuvent soulever les sympathies ou Thostilité des divers peuples et des divers gouvernements envers la cause italienne, nous avons dans le cours de cette brochure discuté' cette ques* tion.
Une des louables illusions de l'auteur de la brochure Napoléon III et Vltalie est de croire que le pape puisse être le régénérateur et le libérateur de lltalie.
€ Les nobles qualités et les généreuses intentions de
> Pie IX, écrit-il, semblent le réserver à un rôle excep- » tionnel dans l'histoire de la papauté. Le patriotisme 1 italien s'unit en lai, à toutes les vertus chrétiennes : il » était digne de régénérer l'Italie. Ce fut la première
> in^iration de son avènement. . . Malheureusement sur- » vint la révolution qui entraîna les peuples, fit recaler » les princes, etc.
» Ce n'est pas la faute de Pie IX, si l'autorité tempo- • relie qu'il voulait réformer s'est retrouvée dans ses » mains telle qu'il l'avait reçue de son prédécesseur. »
Ce n'est pas la révolution, qui du reste n'était pas encore survenue, qui fit échouer l'entreprise de Pie IX, ce fut la position ambiguë dans laquelle il se trouvait. Tiraillé entre les intérêts temporels et les intérêts spirituels, se trouvant tout à coup dans la situation la plus fausse que puisse se faire un pape, celle de déclarer la guerre à un peuple catholique, quelle que soit d'ailleurs la raison qai le sollicitât. Pie IX vit qu'il s'était généreusement sans
doate,mais anssiimprudemmentengagé,et, reculant d'ane extrémité à l'autre, il se montra l'adversaire d'une guerre qu'il avait lui-même encouragée. Mais les peuples étaient lancés ; ne voulant pas les suivre et ne pouvant les retenir, il fallut se retirer. C'est alors que vint la révolution.
Le rôle du pape était de demeurer neutre ; toute intervention matérielle pour ou contre était contraire à sa mission. Seulement, comme l'émancipation de l'Italie est une cause juste, il pouvait, lui, homme de justice suprême, l'approuver et la bénir, tout en s'abstenant et en déplorant les fatales conséquences où son peuple et le peuple des autres États italiens se trouvaient placés. Laisser faire, tel était pour lui le parti à prendre, et tel, croyons-nous, il devrait être aujourd'hui. Toute action politique du pape compromet son caractère de chef spirituel,en ce sens qu*il est toujours forcé de se déclarer en faveur d'un parti au détriment d'un autre, et qu'il excite ainsi des colères et des ressentiments.
Peut-on maintenant tenter encore aujourd'hui une e&périence qui a échoué en 1848 et mettre le pape à la tète d'un mouvement italien? Ce serait renouveler la faute de 1848. Ce mouvement doit s'opérer en dehors de sa coopération, bien que plus que tout autre prince italien il soit intéressé au triomphe de la nationalité italienne.
L'auteur de la brochure précitée l'avoue lui-même :
c Le pape, dit-il, soutenait comme souverain la cause » de rindépendance ; comme chef de l'Église il blftmait la » guerre et refusait de rompre avec l'Autriche. >
Il se trouverait aujourd'hui encore balloté entre ces
vas. xatsaeki ^ !s ^Dia
» ttïtre «coEpatâm la fi
Od, <^eit biai & •:« fs'îl fiait âîre.
tendre ce Est?
Den Bime se préseilatt : iûe Al pi|ie«i «Ni[Tetam in fflrtiiu, doit <n défini r ait aî^ h le pape régie H le jwne ri ie p»; €« piNiTOflr teoqsmi du pope. 5imb cnmias q«e ce parti soait le pi» digne, le ptas efficace, cl il en e temps le phs ÊiToraUe à rnificatioa de lllafie.
Croit^OD par banrd qiie le pope soit indépcidaBt paire qu'il gooreme an Etat soarerain? Mû ottre q^e oefc
Elat^ par sa fûMeoe, sramet le pape à an protectorat pep. pétoel et le jette ainsi dans la dépendanee d'aae aaada paissante, le caractère d'immobilisme moral et d'astipA. thie pour les innorations, qni est dans sa natore, hû Jq^^ encore accepter et même demanda Tappoi des poissanoes anti-libérales, et le constituent Êitalonent rennemi de la Francerérolationnée,delaFrancedel789. Pour le rendre
{4 ) Jiapotéon lit $i VltaiU^ pêfsê st.
indépendant il faudrait lui créer un État de premier ordre. Hais alors quelle influence matérielle aurait-on pour l'amener à des améliorations sociales et préserver se$ Etats de révolutions dangereuses.
On ne sortira de tous ces dilemmes qu'en prenant un parti extrême.
< Les révolutions, dit l'auteur dont nous apprécions le
> système, produisent des hommes d'enthousiasme, mais » elles ne produisent en un jour ni des soldats aguerris,
> ni une organisation militaire solide, ni cet immense ma« » tériel nécessaire pour lutter avec un Etat de premier or- » dre comme l'Autriche. L'Italie ne pourrait défendre à
> elle seule son indépendance que si elle était capable de
> mettre en ligne 200,000 hommes bien disciplinés, dont » 20,000 de cavalerie, 500 pièces d'artillerie de campa- » gne, 200 pièces d'artillerie de siège ; ce qui exige envi- » ron 50,000 chevaux de trait. Par ce simple exposé on
> voit qu'il ne faudrait pas moins de dix années d'un gou-
> vemement fort et énergique pour produire une pareille
> puissance militaire, t
Que l'Italie ne puisse pas se sauver elle-même, cela est incontestable, mais qu'elle ne le pui§se pas pour les causes exposées ci-dessus, cela n'est pas croyable. Les raisons de sa faiUèsse sont toutes autres que celles qu'on a trouvées.
Nous n'avons qu'une réponse à faire aux assertions de l'auteur précité : qu'il veuille bien se rappeler ce que fit, ce que put la France en 1792 et 1793. Dans une guerre d'indépendance et au point de vue révolutionnaire où l'on se place, il ne faut pas voir la force gouvernementale, la force administrative, mais bien la force nationale, ayant
8t mmrce dans les levées ea masse, dans les rèqnisitîiiiis, les àtffmemeùU spontanés, l'élan général, enfin dans le sMsifiee de tons les intérêts et de tontes les existences pour repousser l'étranger.
Et da reste, nne fois l'Italie sonlerée, rAntriche rerrait tarie nne des sources de sa force et de sa puissance.
Mais ce dont manque l'Italie, et ce qui l'oblige à aroir recours à la protection des peuples amis, c'est ce qu'aiait la France en 1792, un pouvoir central, une résistance d'essmnUe.
En 1792 la France existait et elle put résister à la ooalitiim.
En 1659 l'Italie n'existe pas encore et elle ne peut se former ou se préparer à la formation que sous un appui étranger, loyal et fort.
Maintenant, quelle forme de constitution italienne propeso4-on?
< I/nnité italienne, écrit-on (1), ne pourrait se con^-
> tuer qu'après bien des efiorts, par la grandeur militaire
> ou la tyrannie révolationnaire. Des Alpes à la Sicile^ la
• péninsule italique présente des différences profondes,
• rmidues sensibles par les diversions même où se repro* » duit toujours l'originalité primitive. En même temps » que cette évidente variété, on constate une conformité
> de langage, de mœurs, d'intérêts, qui à toutes les épo-
> ques se révèle par une tendance fédérative, mais qui ne
> va jamais jusqu'à la fusion. »
Quoi i on avoue que les divers pays de l'Italie ont une
{^)VEmp&rmÊr Napoléon met rikMi^WSfiU.
conformité d6 langage, de mœurs, d'intérêts, et on nie qu'ils puissent se fusionner 1
Un pouvoir centralisateur a fortement lié les peuples de la France si divers autrefois de mœurs et de langage, et n'en a fait qu'une nation unie dans un même sentiment.
Qui empêche de donner à l'Italie un pouvoir fort et centralisateur?
Mais enfin puisqu'on adopte le système d'une fédération d'Etats, au moins devrait-on ménager pour l'avenir la possibilité de l'unification, soit, je suppose, en statuant qu'en cas d'extinction d'une famille souveraine dans l'un des Etats, ou dans tout autre cas grave et exceptionnel, cet Etat ferait retour à l'un des principaux de la fédération, qui, par la suite, et successivement pourrait ainsi se grossir de tous les pays souverains de l'Italie et préparer l'unification.
Mais cette ligue des princes italiens que l'on veut établir préservera-t-elle l'Italie des révolutions ?
La ligue des princes allemands n'a pas soustrait les Etats de ces princes aux commotions de 1848.
Pour trouver des adhésions à sa politique, la brochure dont nous nous occupons cherche à faire la part belle à chacun des souverains de la péninsule.
Qu'on fasse la part belle aux peuples : c'est là qu'est la force et c'est là qu'on trouvera un concours puissant.
M. de Girardin a publié sur les questions qui sont à l'ordre du jour une brochure intitulée : La gueire^
Qu'on se rassure; c'est là une provocation au lecteur, et DOD k l'Autriche. L'ancien rédacteur de la Preste sait
trëfr-bien que le meilleur moyen d'allécher le public, c'est d'aToir Tair audacieux.
Ce fut toujours là, du reste, la manœuvre de M. de Girardin, qui, en posant un pied dans tous les camps, s'est montré le plus conservateur et en même temps le plus révolutionnaire des hommes politiques.
Dernièrement dans une Revue jouée au Palais-Royal, nous avons vu M. René Luguet, les bras, les reins, les épaules, les jambes démesurément grossis par la ouate du maillotquiles couvrait, porter, en simulant un hercule, une pièce d'artillerie en carton, et représenter Yhomme-canon.
Telle est, en politique, l'occupation de M. de Girardin. Ses audaces ont aussi peu de base et ses batteries aussi peu d'efiet.
Toutefois sa brochure soulève, sans les résoudre, il est vrai, de nombreuses questions qui demandent une solution. Cette solution, les armes ou la diplomatie pourraient la donner.
M. de Girardin combat le principe des nationalités.
c Que répondrait la France à TAngleterre, écrit-il, si » celle-ci, toujours au nom des nationalités voisines, lui » disait de renoncer à sa domination en Algérie ? Que ré- » pliquerait TAngleterre à la France, si celle-ci, à son » tour et par les mêmes motifs, la requérait d*abdiquer
> l'empire des Indes ?
> Qu'on ne se laisse point abuser par la grandeur exa-
> gérée du mot : nationalité ! Ramenée à son sens vrai, il » n'est qu'une acception du mot force. En effet toute natio- » nalité précède de la force et l'on ne pourrait citer une » seule nationalité ayant fini par être opprimée qui n'ait
* commencé par être oppressive. Qu'on y prenne garde ! La i politique des nationalités où Ton paraît vouloir nous en- I gager est un défilé étroit d'où Ton ne sort de Tomière i que pour tomber dans le gouffre, i
Quant à Toccupation de l'Algérie par la France et de rinde par l'Angleterre, elle a sa justification et sa légitimitédans l'idée de civilisation qu'importaient dansces pays ces deux puissances; car, nous l'avons dit, l'idée de civilition est supérieure à celle de nationalité.
Toute nationalité, dit-on, procède de la force. Gela est possible. Mais le fait même de la nationalité constitue son droit, et son origine ne peut être invoquée ni pour ni contre. Les Etats sont parce qu'ils sont; les nations sont parce qu'elles sont.
Il y a une autre explication au sentiment qui peut nous déterminer à agir en faveur de l'Italie.
< Quand on voit dans les histoires de l'antiquité, dit i E. Quinet dans son livre des RAfoIutions d'Italie^ une » nation décliner et disparaître, il semble que ce soient là » des exemples et des symptômes qui ne soient pas faits > pour nous toucher, que la bonne et la mauvaise for- » tune, la grandeur et la décadence aient tout un autre » visage, dans le monde païen et dans le monde chrétien, i tant la différence des époques, des croyances, des
• idées met d'intervalle entre eux. Mais ici tout se passe 1 prés de nous; la maladie de ce grand corps, étendu sur » notre seuil depuis les Alpes jusqu'à la Galabre, nous » avertit qu'il s'agit d'un des nôtres. C'est, pour ainsi dire, » un de nos membres que nous voyons se dessécher 1 depub trois siècles, c'est sur nous que nous étudions
9 ici les lois de la vie et de la mort sociales dans le monde 1 chrétien, et les choses se tiennent, en effet, de si près, » que peut-être j 'eusse été découragé avant d'avoir achevé » ma tâche, si le sépulcre ne se remuait aujourd'hui dans » le travail de la résurrection. »
M. de Girardin dit que TAutriche a parfaitement le droit d'établir non-seulement sa domination matérielle sur la Lombardo-Yénétie, mais encore sa domination morale sur le royaume de Naples, du grand-duché de Toscane, du duché de Modëne, des duchés de Parme et Plaisaiàce, par la raison que la France a le droit de conclure des traités d'alliance offensive et défensive avec la Sardaigne et même avec la duchesse de Parme.
C'est comme si l'on disait, on peut accorder le plus puisqu'on peut soi-même obtenir le moins.
En outre, c'est vouloir justifier un état de menace incessante, légitimer l'oppression du faible par le fort, et donner à un gouvernement toute liberté d'humilier un gouvernement voisin et peut-être même de nuire ouvertement à ses intérêts.
M. de Girardin fait un tableau saisissant de l'état des choses à Rome, par suite de l'intervention française; il a raison certes de dire :
< Quant aux Etats Romains, les réformes spontané- » ment entreprises, en 1847^ par Pie IX sont là pour 1 prouver que la papauté, placée entre l'Autriche et la » France, est entièrement libre de choisir la direction » qui lui plaît. C'est le mouvement démontré par le mou- > vement. Ce n'est point l'Autriche qui, depuis 1849, lie » les mains du pape ; c'est la peur, c'est l'esprit de réac-
tion. Est-ce que depuis la même époque le même esprit u'a pas soufflé en France et en Allemagne? Dira-t-on que TAutriche règne politiquement à Paris et à Berlin ?
Dira-t-on que c'est à son instigation qu'en 1849, foulant aux pieds le § Y du préambule de la constitution française (1), nous nous sommes hâtés d'aller bombarder Rome ; de disperser à la pointe des sabres d'un régiment de dragons français, l'assemblée nationale romaine, de réinstaller le pouvoir pontifical, de rétablir la sainte inquisition, les tribunaux exceptionnels, le vicariat et la sacra consulta; d'instituer une commission à'emnèie judiciaire sur les opinions politiques et religiieuses de tous les citoyens; d'établir un triumvirat de cardinaux, le tribunal de la rota des prélats, le tribunal de la consulte des prélats ; de mettre au ministère des affaires étrangères, un cardinal; au ministère de l'intérieur, un prélat; à la préfecture de Rome et du district, un prélat; à la tête du parquet, un prélat ; de confier le gouvernement des cinq provinces à cinq prélats, dont un archevêque ; de supprimer le ministère de l'instruction publique pour le remplacer par une congrégation de cardinaux et de prélats; enfin, d'imposer silence à toutes les voix, à toutes les réclamations, à toutes les plaintes^ à toutes les idées? Ce qui existe à Rome n'est-il pas notre œuvre ? Qu'avions-nous besoin d'intervenir? ne suffisait-il pas d'empêcher que l'Autriche, très-occupée ailleurs, en mai {849, intervint? La personne du pape
(1 ) Constitntion française de 1848 : « Elle respecta les nationalités étrangèret» comtne elle entend faire respecter ia sienne^ n'entreprend aucune guerre dans des vues de conquête et n^emploie jamais ses farces contre la liberté d?aucun peuple.
n'ètait-elle pad en sûreté à Gaëte ? ne pouvaiM» pas patiemment attendre que Pie IX, las d'être éloigné de son palais du Vatican, et ouvrant enfin les yeux à réyidence, se décidât à profiter de toutes les réformes civiles et administratives qui eussent été accomplies en son absence? Où était rinconvénient de laisser à ces réformes le temps de se débattre, de s'appliquer, de se rectifier, de s'enraciner et de mûrir? où était l'avantage de se presser? où était la nécessité de déroger aux précédents de notre politique de non-intervention ? si l'Âuifi^e a abusé de sa force en Italie, y sommes-nous sans reproches? n'était-il pas évident, n'était-il pas certain que le siège et l'occupation de Rome nous conduiraient inévitablement à l'impasse d'où nous ne savons plus comment sortir, et où rien, absolument rien, ne nous obligeait d'entrer? »
Quant à la Lombardo-Vénétie, M. de Girardin, outrageant le sentiment de tout un peuple!^ ne recule pas devant la détermination de la livrer à jamais à l'Autriche! Si les Lombards et les Vénitiens ont lu ce passage de la brochve de cet écrivain, il est certain qu'ils ont dû prendre en exécration le nom de M. de Girardin. Mais enfin mettons-nous au point de vue de cet écrivain, et disons-lui, en le réfutant : L'annexion du royaume lombarde-vénitien à l'empire d'Autriche par le moyen d'une administration libérale est un leurre, une impossibilité ; les Autrichiens, nous l'avcms déjà expliqué, nesaventpass'assimiler un peuple, et jamaisles populations vénitiennes etlombardesn'oublieront leur nationalité italienne. A l'encontretle l'assertion de M. deGirardin^ la liberté ne trancherait rien; et la guerre peut tout trancher.
' Une fois constituée en fédération on en nnité^lltaUe, quoi qu'en dise l'auteur de la brochure de la Guerre^ serait en forces pour résbter à rAutriche, celle-ci étant épuisée d'hommes et d'argent, celle-là prospérant à la faveur de la liberté et de l'indépendance, et s'appuyant sur les Etats protecteurs qui auraient concouru à son émancipation.
Après cela, M. de Girardin se posant en politiqm à grandes idées, reprenant son rôle d'hommes ' canon hwh^. lesque, propose une grande guerre de conquête et rôve la fondation de deux vastes empires en Europe.
n conclut en disant:
c Ou la guerre avec ses conquêtes, ou la paix avec ses progrès. »
M. de Girardin en homme pratique et positif, ne cherche que les conquêtes territoriales, oubliant que les annexions de territoire coûtent souvent plus qu'elles ne rapportent. Il est des conquêtes morales, mille fois plus utiles qu'une extension de territoire.
Que si pourtant on méconnaissait la modération de la France, si on voulait dénaturer la question qui s'agite et si l'Autriche jetait, contre toute offire de médiation diplomatique, un cri de guerre répété par l'Allemagne, un jour de victoire, nous serions parfaitement en droit de prendre des garanties vis-à-vis de la confédération.
De nombreuses brochures ont, sous d'autres points de vue, encouragé la question italienne. L'espace nous manque pour les analyser. La plupart, entre autres celles de MM. Leouzon-Leduc et A. de la Forge, ont été dictées par un sentiment généreux»
Un jeune écrivain. M* L. Ghassin» a assemblé les notes
lâÎBiteB par Manio, et les a présentées comme un système de poliâqpie à sairre en Italie.
Manin, c<mmie noos l'aTons dit, regarde comme secondaire la faestion de forme. Ce qn'il demande ayant tout, c'est l'indépendance et Funificatimi pleine et entière de lltalie.
Diniei Uanin, dans une protestation adressée i lord John RvBsd, s'écrie :
c Le bat qne nons noos prqpœons, ce que nous tou- 1 Ions tons, sans exception^ le voici :
c Indépendance complète de toat le territoire italien ; 1 union de tontes les parties de l'Italie en on seol corps 1 politique. »
Quant aux moyens d'arriver à ce but, Tex-chef de la république de Yimise, repoussant le système rérolutionnaire de Biazzini, expose un programme de conciliation, et propose, ainsi que nous l'avons déjà dit, de s'enrôlar sous le commandement du roi de Piémont
Nous n'osons pas dire que cette unification immédiate scHt impossible.
Tout dépend des événements, du génie, de la loyauté et de l'énergie de YicU^-Emmanuel.
Le roi sarde, sera-t-il secondé par les événements? aura-t-il cette énergie, ce génie?
La destinée lui ouvre une carrière magnifique* Puisset-îl n'être pas aurdessous de sa mission et être s&cn par les circonstances.
En tout cas, sans une guerre Intime et non provoquée, l'empereur des Français lui a prouiis son appui; et U tiendra sa parole l