La Démocratie, p
division ou de bureau de leurs ministères, et ils le disaient avec de tels accents de sincérité qu'on les croyait (1) : aujourd’hui, force leur est de prendre les chefs de division parmi les chefs de bureau, où plus exactement parmi certains chefs de bureau, les chefs de bureau parmi certains sous-chefs, et si lon songe que ceux-ci sont choisis parmi certains rédacteurs, lesquels sont recrutés au concours, on constate que la liberté de leur choix se trouve singulièrement amoindrie. Est-ce que ces entraves, mises à l’exercice d’un pouvoir jusqu'alors prétendu devoir être sans limites, ont diminué la valeur du personnel des ministères? Est-ce qu’elles ont rendu impossible la tâche des ministres? Est-ce que la perspective d’administrer avec des chefs de bureau choisis parmi les sous-chefs, et des chefs de division pris parmi les chefs de bureau, a détourné beaucoup de parlementaires de la course aux portefeuilles? Non. À présent, les ministres admettent très bien de gouverner sans avoir le droit d'improviser des chefs de bureau ou de division ; mais ils soutiennent encore que, pour les directeurs, c est une autre affaire, et ils le soutiendront jusqu’au jour où il sera décidé, malgré eux, que les directeurs doivent être obligatoirement choisis dans tel ou tel groupe de fonctionnaires de carrière.
Mais le plus curieux, c'est qu’il se trouve des gens pour croire que cela ne marcherait pas, comme il se trouvait autrefois des gens pour croire qu'un ministre ne serait plus rien le jour où, en entrant au ministère, il n’aurait plus le droit d’y introduire ses amis et ses parents avec le titre de chefs de bureau ou de chefs de division. Nous sommes ainsi faits : chaque fois qu’on a voulu injecter un peu de droit dans les chairs ou dans les veines du pouvoir, le pouvoir à dit : « vous allez me faire mal », et des âmes sensibles ont imploré pitié, puis ont détourné la tête « pour