Décret du 4 juin 1910, art
et dans les faits. Est-ce une bonne chose ? En thèse générale, je n'hésite pas à répondre affirmativement à cette question.
Le système de la gradualité est dans l'ordre de la nature. Rien, autour de nous, n'éclot spontanément : tout a son procès régulier, tout passe par un grandissement successif. De sorte qu’il faudrait, à la formation des fonctionnaires, une faveur bien mystérieuse pour qu'elle :dût échapper à cette loi générale.
Le systèmes de fa gradualité est aussi dans l'ordre démocratique. C’est le seul qui soit susceptible de réaliser l'égalité des droits, Grâce à lui, chacun subit le même régime que tous. La loi ne favorise où ne défavorise personne : elle montre à tout le monde le même chemin et laisse aux inégalités naturelles, aux différences de courage, d’inteligence où d’ambition, contre lesquelles elle ne peut rien, le soin de faire dés grands et des humbles.Ce caractère démocratique de la gradualité, le général Cavaignac le mettait en lumière, dans les termes que voici, lors de la discussion de la loi du 30 novembre 1850, sur le recrutement des ingénieurs des ponts et chaussées : « Du moment que vous n'attribuerez plus le commandement à des principes abstraits, tels que la naissance et je ne sais plus quels autres, lorsque vous ferez, de l’autorité, le résultat, le droit, le titre de la capacité, du travail et des services rendus, à l'instant même, l’avancement hiérarchique doit être une conséquence logique du principe » (1).
La professionnalisation de la fonction publique, qui est une conséquence nécessaire de sa permanence, me paraît avoir la gradualité pour corollaire. Les mêmes raisons, qui veulent le professionnalisme, veulent le gradualisme : il faut que la fonction soit bien remplie, et, pour qu'elle soit bien remplie, il y faut des gens du métier, des hommes