Ch. des Dép., 27 mars 1911, p
2. Je n’ai pas cru devoir attacherla moindre importance à l’argument de ceux qui voient une € kumilialion » dans le fait, pour un homme d’un certain âge, d'avoir à subir des examens : je trouve beaucoup plus humiliant d’avoir à tirer des cordons de sonnette ou à compter les quarts d'heure dans une antichambre. M. Cazeneuve a rappelé au Sénat, comment Chauveau, professeur de l’enseignement supérieur et membre de l'Institut, se fit recevoir docteur en médecine pour pouvoir être nommé professeur à la Faculté de médecine (Sénat, 4 avril 1911, Déb. parl., p. 357) : cet exemple ne devrait-1l pas rassurer les candidats à l'humiliation ? Et s’il faut d’autres comparaisons, ne voyons-nous pas, tous les ans, des dépu tés, des sénateurs, pourvus de titres universitaires, scientifiques ou littéraires, mais comprenant le paradoxe d'un législateur étranger aux principes de la législation, venir s’asseoir à côté d’étudiants de vingt ans, sur les bancs d'examen de la Faculté de droit de Paris ? Ceux-là s’honorent et ne s’humilient pas. Et des chefs de bureau seraient humiliés, s’ils avaient à mesurer, entre eux, leurs aptitudes à Femploi de directeur ?
ter celles qui n'ont pu se manifester à une époque anticipée, elles atténueraient, dans le système du concours, cet inconvénient, relevé par Le Play (1), « d'exclure Îles capacités qui se révèlent spontanément, par la pratique de la vie ». Enfin, en répartissant les épreuves d'aptitude sur un plus long espace de temps, elles nivelleraient intellisemment les conditions, car elles retireraient aux jeunes gens qui ont eu le bonheur de pouvoir faire des études supérieures avant d'avoir besoin de gagner leur vie, Pespèce de prime dont ils bénéficient actuellement au détriment de ceux qui ont dû s'assurer le pain de chaque jour avant de songer à satisfaire leur soif d'apprendre; elles constilueraient donc les cadres avec les plus laborieux, au lieu de les peupler surtout des plus heureux (2). Il est cerain, par exemple, que si l’on n'exigeait la culture générale du licencié que des rédacteurs postulant au grade de sous-chef de bureau, au lieu de limposer à tous les candidats rédacteurs, là où on lPimpose, on ferait un recrutement plus démocratique.
Mais, comment faut-il organiser ces épreuves probatoires de l'aptitude à l'avancement, ces épreuves que j'estime nécessaires dans les cas où la fonction supérieure exige réellement des connaissances dont l'exercice de la fonction inférieure ne suffit pas à attester la possession? Jusqu'ici, jai parlé d'examens ou de concours, pour désigner un mode d'épreuves se différenciant du choix : mais j'ai beaucoup à dire, pour préciser ma pensée.
En théorie, l'administration devrait prendre les dispositions nécessaires pour permettre, à ceux de ses agents