Ces formalités ont été simplifiées par la création des
bureaux de naturalisation. Le nombre des étrangers qui vivent
liez nous et les facilités qu'ils ont à revêtir la nationalité
française devaient faire naitre ces fabriques de « citoyens deux
fois français ».
On relève que, de 1867 à 1889, la moyenne annuelle des naturalisations était de 458 ; depuis 1S89, elle est do 5,968 Pour la seule période lOlÙ-1911, on en a compté 13,430.
Un dernier convoi do plus de treize mille étrang«,^rs a donc porté, l'année dernière, le nombre total de ceux-ci en France à cent vingt mille. Et ce nombre n'est plus exact, à l'heure actuelle, car la période 1911-1912 nous aura valu, sans aucun doute, un contingent plus considérable encore que la précédente.
On sait que le gouvernement a ordonné une plus grande sévérité dans la surveillance des étrangers. Cette mesure, de l'application de laquelle nous avons quelques raisons de douter, concerne naturellement les étrangers non naturalisés. Mais croit-on que ces derniers soient les seuls dangereux? Et n'y aurait-il pas une lourde erreur à s'iiypnotiser sur la vertu de cet acte administratif qui s'appelle la naturalisation.
Mais revenons à cos fameux bureaux de naturalisation dont nous avons signalé plus haut la création. Naturallemônt les
cien lui fut délivré par la préfecture de Strasbourg en date du 15 juin 1907, à TeiTet de sa réintégration dans la qualité de Français en vertu de la loi du 26 juin 1889 et par application de l'article 18 du Code civil.
Cette formalité, réclamée par le rôle d'administrateur des Grands Moulins de CorJK.il, n'empêchait nullement Lucien Baumann de demeurer Allemand comme devant. Eji effet, d'après la loi allemande, la qualité d'Allemand ne se perd jamais, d'où l'adage a Semel Gernianus semper gei-manus. » Le projet de loi Delbruck, du nom du secrétaire d'Etat allemand
tenanciers de ces officines font une abondante réclame. Voici la reproduction d'une affiche apposée, par les soins de l'un d'eux, sur les murs de Lyon :
AVIS AUX ÉTRANGRKS