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GRANDS MOULINS DE CORBEIL

anciens établissements Darblay et Béranger

Fondés en 1830.

Société anonyme au capital de douze millions entièremeni

versé

Siège social

Corbeil (S.-et-O.)

Adr. Télég. : Corbellum-Corbeil.

Téléphones : 74-82-83-84 85.

Corbeil, 4 juillet 1912.

Société anonyme Siern-Sonneborn.

Rua Victor-Hugo

Pantin (Seine,..

Nous avons bien reçu votre honorée du 3 courant. Nous avons remplacé l'huile Titania de la turbine à vapeur par de l'huile Gloria, le 30 juin, et avons immédiatement remarqué une différence de température.

Au palier de butée comme au palier de côté régulateur, !a température de sortie de l'huile était 65" centigrades av-T l'huile Titania; elle est actuellement à 55*.

Il est vrai qu'il faut tenir compte de l'état de propreté du

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Grands Moulins de Corbeil s'entrune en temps dô paix à rainer les meuniers français.

Le procédé habituel consiste à forcer la main aux acheteurs pour des quantités de farine supérieures à leurs besoins, en leur laissant espérer un crédit proportionné à l'importance de l'achat. Puis, quelque

réfrigérant qui vient d'être nettoyé, mais il est toutefois certain que, mcnie avec un réfrigérant envasé, la température ne dépassera pas 57 à 58» centigrades.

En ce qui concerne l'huile blanche pour transmissions, nous avons remarqué encore un abaissement de température, mais n'avons encore rien pu noter comme consommation.

A vous lire, veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées.

Le chef du service technique, lUiêible.

Grands Moulins de Corbeil.

P. P** de radniini.strateur-délégué,

IllUible.

En s'adressant ainsi à un compatriote, notre homme a toutes chances pour être bien servi. Mais rien ne prouve, par contre, que la Société allemande Stern-Sonneborn apporte le même soin dans la fourniture de l'huile destinée au scn'ice des automobiles de l'armée française. C'est elle en effet qui a été choisie par le Ministère de la Guerre, comme en témoigne cet c.\ trait du prospectus de la Société :

uinis'i>:rp.

de la gl'krhk

Apre* un concours sécère, tant technique que vratique^ 32 concurrente ont ctd éliminé* et

l'Huile Sternoline-Oiiag

a clé 8F.ULB retenue comme remplissant toutes les conditions requises : elle est donc adoptée exclusivement pour le

SERVICE DES AUTOMOBILES DE L'aRMÉK FRANÇAISE

Ajoutons qu'en Allemagne le gouvernement vient de décréter que les carburants des automobiles militaires seraient dorénavant un monopole d'Etat !

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temps après, Lucien Baumann et ses agents refusent ou restreignent le crédit et attaquent les boulangers et les courtiers qui ont donné dans leur panneau. D'où une série de litiges qui représentent, pour les petits boulangers, la lutte du pot de terre contre le pot de for. Les Grands Moulins de Corbeil font par ailleurs une concurrence acharnée aux meuniers français. Ils vendent leur farlne a des prix trî^s

RÉDUITS, chose ÉTONNANTE, CAR ILS ONT DES FRAIS DOUBLES : TRANSPORT DU BLÉ AUX MOULINS ; TRANSPORT DE LA FARINE SUR LES MARCHÉS.

Lors des inondations de 1910, Lucien Baumann augmenta sa farine de six ou sept francs par gros sac (150 kilogs), au moment précis où les boulangers consentaient d'énormes sacrifices pour venir en aide aux populations. Voilà, pour un « Français de la quarantaine en 1907 », du patriotisme bien entendu. Jugez un peu de ce que Lucien Baumann eût fait s'il était demeuré sujet et soldat allemand !

Le 2 octobre 1912, VHuinanité signalait un nouveau coup de Bourse de Lucien Baumann qui se serait livré, d'après elle, à une opération singulière :

« L'opérateur principal — je n'hésite pas à le nommer — est un personnage que ses précédents exploits en Bourse ont déjà rendu notoire : c'est M. Baumann, directeur des Grands Moulins de Corbeil. Un peu avant trois heures, un de ses représentants à la Bourse a déclaré : « Je prends et je donne à 30,65. » C'était là Tétranglement classique du découvert, qui, la base de liquidation étant 27,90, devra donc payer une prime de 2,75 par quintal. Le bénéfice réalisé par les haussiers serait, dit-on, considérable. »

Le fait qu'une minoterie joue à la hausse n'est évidemment pas banal, mais il s'agissait là d'uno

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spéculation à laquelle aurait été mêlée la Baii.jue Suisse et Française, autrement dit la banque des Grands Moulins de Corbeil.

Il était naturel que les deux sociétés, ayant des administrateurs communs, eussent partie liée dans uu coup de ce genre. Or il est de notoriété publique qae, selon l'expression de la Revue Financière des Deux Mondes, la Banque Suisse et Française est « une caudataire de la Deutsche Bank ».

Il y aurait une étude des plus curieuses à faire sur les procédés masqués d'intermédiaire et de substitution qu'emploie ainsi la finance allemande pour capter et malaxer et faire servir aux visées allemandes l'or français. Certaines maisons, d'apparence française, ne sont que des agences allemandes qui drainent impudemment nos capitaux. Tout cela, en attendant le grand projet d'introduction des valeurs allemandes à la Bourse de Paris, desideratum non seulement de toute la finance juive, mais encore de tous les parlementaires français du clan des Ya, éminents jetons de présence dont quelques-uns se donnent comme de fouirueux patriotes.

Pour en revenir à la Ba.iqnc Suisse et Française d«,s Grands Moulins de Corbeil et de Lucien Bau- 1.1 inn, apprenez que :

Sous rinspiratioD de la linance teutonne, cette Gretrhon hybride a constitué un organisme bizari'e qui vien;

; ' I de Soc i 'te Finnuritrc Frai.

• créée, le 1^^ juin dernier, au

capital de six millions de francs, divisé en 1.200 actions ' " ' " -. On notera, en passant, le r! ',

i-ve du [.air. C'e.-t la niotliodc Inutile de dire que la nouvelle entreprise n'a de français que \o. nom. 11 suflit de lire af.entivernent ses statuts pour voir que le mot • étranger » y figure aussi

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Bouvent que le mot « français », la dernière signification ne servant que de paravent.

Or, cette Société, qui ne compte pas encore trois semaines d'existence, vient d'avoir l'aplomb de demander l'appui de capitaux français en vue d'un grand emprunt de cinq millions de francs, en 10.000 obligations de 500 francs 4 1/2 0/0 qui seraient émises au prix de 470 francs.

Que valent de pareils titres?

PouT" s'en rendre compte, il suffit de méditer sur les observations suivantes :

1° L'objet de la Société Financière Française est extrêmement vague, et cela à dessein, parce que son véritable but, qui est de venir en aide à des industriels ou à des commerçants allemands gênés dans leurs affaires, ne pouvait être avoué publiquement;

2'^ Le Conseil d'administration ne renferme aucune personnalité de marque ;

3° Les formalités exigées pour un appel au crédit en • France n'ont pas été, en réalité, observées. La loi exige, en effet, la publication d'un premier bilan. Or, celui-ci ne paraîtra que le 30 juin 1913, donc un an après la tentative d'émission à laquelle on procède actuellement ;

4° Les obligations ne reposent sur aucune garantie, car c'est un leurre de proclamer gravement que ces titres ont comme garanties le capital et les prêts consentis par la Société.

On se garderait bien de déclarer que les prêts en question seraient garantis par une hypothèque au prolit des obligataires. Dès lors, ils n'ont comme sûreté que les brouillards de la Sprée ou du Neckar ;

5® Fait significatif : ni la Banque de Paris, ni le Crédit Lyonnais, ni la Société Générale, ni aucun de nos grands Etabli^semients de crédit n'ont ouvert leurs guichets à la souscription. Ce silence équivaut à une condamnation.

Conclusion : Les Grands Moulins de Corbcil, Lucien Baumann, la Banque Suisse et Française, la

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Société Fniancière Française, tout cela n'est qu'une même pompe allemande à plusieurs pistons qui aspire l'or et fait monter le cours du blé. Ces sociétés allemandes arborent le titre de « françaises », simple mesure de prudence pour écarter les soupçons des patriotes peu clairvoyants, et agitent avec frénésie sur leur tête notre pavillon national aPm de couvrir leurs menées diverses.

Dans quelle autre nation civilisée une telle situation serait-elle tolérée?

Imagine-t-on un minotier français installé aux portes de Berlin, susceptible d'afl'amer Berlin en vingt-quatre heures en cas de guerre et s'amusant, en temps de paix, à faire la <lisette par l'agiotage?

C'est cependant ce qui se passe cliez nous trait pour trait. Le gouvernement de la République nous iinpn^fî une servitudo sans oxf'in[)le.

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