‹ L'avant-guerreChapitre 19 sur 59 · DANS NOS FORTS DE L^BST · texte numérisé non relu

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dun, demandent la fourniture d'un type de locomotires chargées de faire le service, au dire de Koppel luimême, sur le tracé de nos forts. Ces locomotives à essieu breveté permettent aux roues motrices de s'inscrire dans de très fortes courbes, à cause du nombre de ces roues, malgré la puissance relative que ce Ijrevet permet de leur réserver. La principale référence allemande de ces locomotives Koppel est l'administration de la Guerre pour les forts de la Lorraine annexée. Leur principale référence française est la clientèle de nos forts de l'Est*. La mise en route et les essais de ces machines sont effectués par les représentants et mécaniciens de Koppel, lesquels ont ainsi toutes facilités pour l'inspection périodique de nos forts de l'Est. Il est superflu d'ajouter que toutes

1. La Société Orenstein et Koppel affectionne d'une manière toute spéciale les terrains militaires. Ne lisait-on pas, eneiïet, dans le Matin du 5 juin 1912, les lignes suivantes :

« Sur le plateau de Satory, à Versailles, au centre de l'organisation défensive et des approvisionnements de guerre d'une partie importante du camp retranché de Paris, la construction d'une voie ferrée militaire a été depuis peu commencée pour desservir les ouvrages fortifiés et les magasins. Tout le travail de la voie, en partie en déblai, est effectué par une puissante machine excavatrice à vapeur, véritable monument, provenant de la maison A. Koppel, de Spandau. Les différentes parties de cette machine ont été un beau jour déposées sur le plateau, dans un très grand nombre de caisses volumineuses venant directement de Prusse. Des Allemands sont venus ensuite procéder au montage et à la mise en maiche, toujours en plein milieu d'un terrain militaire, où opèrent à la fois, chaque jour, une commission des poudres, une commission de réception de mitiailleuses, de carlouelies, etc., etc., sans parler de tous les divers établissements militaires qui sont situés sur le même teiTain. »>

Le plus fort c'est que la machine en question ponnu en grosses lettres l'indication de sa provenance allemande. Mais nous n'en bonmies plus à nous étonner du sans-gêne allemand sous l'oeil bienveillant de nos gouvernants.

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les pièces de rechange nécessaires aux réparations viennent, comme pour les Grands Moulins de Corbeil, directement d'Allemagne.

Mois qu'est-ce donc que cette fameuse Société Orcnstein et Kojtpel à laquelle nous sommes redevables de ces magnifiques locomotives si complaisantes, si roulantes en temps de paix mais qui le seraient sans doute moins si l'empereur Guillaume nous déclarait la guerre?

Cette société allemande, comme son nom l'indique assez clairement; a fusionné en 1911 avec la société des chemins de fer à voie étroite Decauville.

Les personnalités compétentes en la matière s'aocordent à reconnaître que, en temps de guerre ces très ingénieux petits chemins de fer Decauville, que tout le monde connaît, auraient une importance considérable. On les installe avec facilité. On les transporte aisément d'un point à l'autre. Pour toutes les besognes de transport, ils suppléeraient avec avantage la traction par chevaux, et chacun sait que la raréfaction de notre cavalerie, — raréfaction augmentée par les récents achats en chevaux de l'Allemagne, — est une des préoccupations du ministère de la Guerre. Au jour de la mobilisation, les Decauville auraient en particulier ce double rôle :

1** Transporter les matériaux de défense dans les places;

'1" Alléger les convois et transports de l'arriére.

C'est à ce titre que nous nous occupons de la nouvelle firme allemande qui a fusionné avec l'ancienne société Decauville, car, nous n'envisacroons dans ces études, que les compromis, industriels ou autres, qui ont un intérêt quant à la Défense Natio

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nale. Même ainsi délimité, le champ demeure assez vaste et menaçant.

Voici d'abord, d'après V Annuaire des Sociétés par actions en quoi consistait la Société Nouvelle des Élahlissements Decauville aîné :

Capital: 4 millions de francs divisés en 40,000 actions de 100 francs entièrement libérées. — Obligations : 5,000 de 500 fr., 4 0/0 remboursables de 18L'8 à 1942.

Durée : 50 ans, du 31 décembre 1894.

Objets : Exploiter les établissements industriels de Corbeil (Seine-et-Oise) connus sous le nom de «< Etablissements Decauville aine », ceux du Yal-Saint-Lambert, commune de Seraing (Belgique) et ceux de Petite- Synthe, près Dunkerque (Nord), a\ec la clientèle et l'achalandage y attachés, ainsi que tous brevets, marques de fabrique, immeubles, matériel, marchandises, droits de toute nature, etc., en dépendant, le tout provenant de la liquidation de la Société des Établissements Decauville aine; construire du matériel de chemin de fer, dit « chemin de fer Decauville » ou autre; construire tous objets et machines se rattachant au matériel de chemin de fer fixe ou roulant à voie étroite ou normale; construire et vendre rails, locomotives, chaudières, machines à vapeur, excavateurs.

Voici maintenant un extrait de rapi)ort qui demande à être lu avec soin.

Orenstein und Koppel-Arthur Koppo] Aktiongesellscliaft, Berlin

Résultats de l'exercice ai/u/it pr-ia jin le 31 décembre 1910.

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