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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

N" 343 du Répertoire.

Dé|)6t du six mai mille neuf cent cinq.

Société anonyme pour le blancininoiit du coton, dont le sièj^e est à Montferrand, canton de Boussières (Doubs), au capital de six cent mille francs, divisé en douze cents actions de cinq cents francs chacune, dont neuf cents à souscrire en numéraire et à libérer du quart au moins lors de la souscription.

Liste des souscripteurs et état des cersementi ejfeciués.

M. Maitin (H.), industriel à Mûlheim-sur-le-Rliin ' Allema^Mie) ; nombre d'actions souscrites; 250; luonlaiit nominal des actions : liJô.OOO francs; ver.semenis eiï(^ctués: 31.250 fiancs.

M. Martin (P.), industriel à Mùlheim-sur-le-Kliin (Mlemagne); nombre d'actions souscrites: 200; montant nominal des actions : 100.000 francs; versements effectués : 25.000 francs.

M. Martin (G.), industriel à Mùllx-nn-sur-le-Hliiii (Allemagne); nombre d'actions souscrites : 20(J; montant nominal des actions : 100.000 francs: versement» effectués : 25.000 francs.

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{Ici un certain nombre de souscripteurs français industriels et négociants de la région).

Totaux. — Nombre d'actions souscrites : 900; montant nominal des actions : 450.000 francs; versements etîectués : 112.500 francs.

Le présent état est certifié exact et véritable par M. H. Martin, soussigné, fondateur de la Société anonyme pour le blanchiment du coton dont le siège est à Montferrand (Doubs).

Besançon, le cinq avril mil neuf cent cinq. Lu et approuvé :

Signé : H. Martin Pour expédition :

Le Greffier : Guillemard.

Qu'est-ce que ces frères Martin qui figurent pour 325.000 francs sur 450.000 francs dans la liste des souscripteurs?

Leur nom, commun en France, l'est non moins en Allemagne, et, il ne faut pas qu'on s'y trompe : nous avons les preuves absolues que les Martin, les Gebrûder Martin, de Mûlheim-sur-Rhin, sont allemands.

Ce sont ces Allemands qui, depuis plusieurs mois, avec la ténacité propre à leur peuple, intriguent sous le couvert d'un nom français pour se rendre indispensables dans la fourniture de la matière première de nos poudres. Ce sont ces Allemands qui, installés en pleine France, ont cherché à développer à leur aise une industrie allemande sur un point que sa situation géographique sur le canal du Rhùne au Rhin, rend précieux pour eux en cas de guerre, puisqu'il leur serait aussi facile d'approvisionner de là leurs compatriotes allemands que l'Etat français.

Les « Gebrùder Martin » n'en sont d ailleurs pas à leur coup d'essai. Ils reçoivent depuis plusieurs années d'importantes commandes du ministère de la Guerre, puisqu'ils prennent part régulièrement aux adjudications. Mais ils reçoivent aussi les commandes derÉiat allemand. Si scandaleux que le fait puisse paraître, il

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est certain. Il existe, en effet, à Mûlheim une seconde

usine dirigée par les Gebrûder Martin Or, l'usine

allemande soumissionne aux adjudications du ministère de la Guerre allemand.

A la suite de ces révélations, M. de X nous

adressa une lettre rectificative dans laquelle il nous déclarait :

!• Qu'il n'avait jamais eu aucun intérêt dans la Société de Montferrand et qu'il n'en avait plus dans la Société de Besançon ; il avait demandé des cotons de Montferrand parce qu'il les connaissait pour en avoir employé en Hongrie. « Il avait, au contraire constamment demandé que le gouvernement français achetât ses cotons en balles d'origine et les blanchît lui-même. »

2» Que les échantillons de pyroxyles de guerre par lui préparées aux Poudres et Salpêtres avaient répondu exactement aux conditions requises, comme en faisait foi le procès-verbal officiel.

3* Que les expériences de purification et de stabilisation ne pouvaient être entreprises à Paris, parce que le Laboratoire Central des Poudres et Salpêtres ne possédait aucun des appareils nécessaires.

Qu'il soit bien entendu que l'éminent chercheur

qu'est M. de X n'est nullement en cause dans

cette affaire. L'essentiel de notre renseignement consiste en ceci : qu'une Société allemande prend part indircctcaiont — par ses trois membres les plus importants — aux adjudications du ministère de la Guerre pour la fourniture du coton-poudre. C'est là le point capital, le seul qui nous intéresse, car il met en péril une fois de plus, les intérêts de la Défeaee Nationale*

NOS COTONS-POUDRES ET l'aLLLMAGNE lit

HUILE DE GRAISSAGE ALLEMANDE ET AUTOMOBILES DE l'armée française

Nous avons déjà eu l'occasion de ne us occuper incidemment, au cours de ces études, de la Société Stern-Sonneborn et du produit- qu'elle fabrique sous le nom d'Huile Sternoline-Ossag.

Lucien Baumann est, nous l'avons vu, fort satisfait des résultats obtenus dans ses Moulins de Corbeil par l'emploi de cette huile. Qu'il se fournisse chez ses compatriotes, c'est son intérêt. Mais où la chose devient inexplicable, c'est quand on voit notre ministère de la Guerre français s'adresser à une société allemande pour lui demander de lui fournir son huile de graissage pour ses automobiles !

Tel est pourtant le cas.

Notre confrère le Mois Automobile a signalé ce fait scandaleux. Il ne faudra donc pas trop s'étonner si, au moment de la mobilisation, un certain nombre de ces automobiles restent en panne, soit que l'huile de la société « française » Stern-Sonneborn vienne à manquer, la maison- mère de Hambourg (21-26, Werfstrasse) n'en envoyant plus à Pantin, soit que cette huile, comme par hasard, devienne d'une qualité détestable et, en l'occurrence, dangereuse. C'est à se demander si les services responsables du ministère de la Guerre n'ont pas perdu la tête. Il ne manque pas de maisons françaises qui fourniraient de l'huile de graissage. Cette préférence exclusive accordée à l'ennemi éventuel ne s'explique pas.

J'ai là, sur ma table, à la disposition des incré-

dules le prospectus suivant imprimé en caractères rouges :

Ministère de la Guerre.

Après un concours sévère, tant technique que pratique, 32 concurrents ont été éliminés et l'Huilo Stcrnoline-Ossag a été seule retenue comme reinplis>jant toutes les conditions requises; elle est donc adoptée exclusivement pour le service des automobiles de l'ar^ mée française.

C'est formidable, n'est-ce pas?... surtout quand on sait que les administrateurs de la société anonyme « française » Stern-Sonnkborn s'appellent Maurice Baer, Isidore Braun, Paul Berliner, Joseph Stern et J. SoNNCBORN ! Jugez un peu ce que ce serait si la société n'était pas « française ».

Les administrateurs de la Société Stern-Sonneborn soiit domiciliés légalement en Allemagne, et ceci constitue un manquement à la loi qui veut que les administrateurs de sociétés fourn': ant l'État aient au moins leur domicile légal en i'r • ^e.

Stern et Sonneborn fournissent en particulier l'arsenal de Tulls. Ils fournissent aussi et exclusivement la Préfecture de la Seine {usines de» Eaiwc, etc.). Le 21 septembre 1912, la concession leur fut adjugée d'un premier lot de fourniture (huiles et graisses), atteignant le chiffre de 17G.0()0 francs.

Il serait intéressant, entr-^ 'hèses, de connaître

les noms des agents de c. .. .Lime allemande qui sont chargés de visiter les arsenaux se fournissant chez elle.

Enfin, on m'affirme que Stern et Sonneborn font des ral«ais énormes et coronlètempnt inexplicables.

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Le cas a déjà été signalé dans diverses branches d'industrie et notamment quant aux locomotives allemandes fournies à nos compagnies de chemins de fer... ce qui constitue aussi', de la part de ces compagnies, une grave imprudence. Comment, en temps de guerre, proccderait-on aux réparations qui exigent soit un personnel allemand, soit des pièces de rechange allemandes ?

Pendant ce temps, l'État allemand, comme le constate notre confrère Georges Prade, du Journal, décide que, vu l'importance nationale des services automobiles et de dirigeables et des moteurs à ex;lo sion, il fabriquera lui-même le carburant des moteurs de son armée :

Le gouvernement allemand vient de prendre une décision plus hardie : il vient de passer commande d'un matériel d'usine qui sera sa propriété et qui, alimenté par le charbon fourni par le gouvernement luimême, doit fournir un minimum de trois cent mille hectoHtres do benzol par an.

Le carburant destiné à l'armée allemande sera désormais fabriqué en Allemagne, par l'État allemand.

Que va-t-on faire en France ?

En France, mon cher confrère? Oh I c'est bien simple : on va s'adresser à une société allemande et lui accorder le privilège exclusif de fourniture de carburant aux moteurs de l'armée frangaivso...

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