EXPLOITATION DES MINES DB FER
municipalité de Granville de se charger de l'établissement d'un port, moyennant qu'on lui assure l'ainodia-
Monsieur le Rédacteur en Chef de l'Action Françaite, 3, chaussée d'Anlin, Paris.
« Monsieur le Rédacteur,
« Je proteste contre votre article du 14 courant, et je vous prie de prendre bonne note de ma protestation et de la publijr.
« Il serait inutile d'énumére? toutes les inexactitudes sur lesquelles les conclusions de cet article sont basées.
« Je tiens seulement à déclarer formellement que : ni M. Thyssen, ni M. Krupp, ni quelque autre Allemand quelconque se trouve sous mes espèces, comme l'imagination do l'écrivain de votre article semble le croire. Je tiens à déclarer que les actions de la Société française des Mines de fer appartiennent exclusivement à des Français et à des Hollandais, sans exception, et que je travaille pour mon compte personnel, sans que personne, Allemand ou autre y soit intéressé. Je ne sais où les journaux que vous citez dans votre article puisent leurs informations, mais elles sont souvent inexactes. De tout ce qui est dit dans votre article, il ne reste de vrai que ce qui suit: « Les minerais de fer de la Bretagne et de la Normandie, exploités soit par la Société Française des Mines de fer, soit par tout autre exploitant quelconque, sont vendus pour la plus grande partie en Allemagne. » La seule conclusion à tirer de cet état de choses est « que les Allemands donnent pour ce minerai le meilleur prix », c'est tout.
« La politique que tous y cherchez n'y est pour rien!
« Et surtout dans la Société Française des Mines de fer, dont je suis l'administrateur-délégué, il n'y a aucun Allemand, ni personne quelconque (sic) étrangère, à part de Hol...ndais susnommés, qui y aurait la moindre influence ni direcie, ni indirecte.
« Je n'ai cherché que des concours français.
« Et la dite Société se trouve exacieiiiont dans la même situation que, par e.xemple, les marchands de vi.is de Hurdeaux ou de Champagne, de modes de Paris, etc., etc., c'està-dire qui dirigent leurs produits ou leurs articles sur l'Allemagne, sans que, pour cela, vous puissiez conclure que les Tilles de Bordeaux, de Reims ou de Paris soient sous l'influence allemande.
« Veuillez agréer, monsieur le Rédacteur en chef, l'assurance de ma haute considération.
« » JOS. DK POORTKR. »
Tout ceci est fort bien, mais en somme secondaire. M. de
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tion des services de ce port. Cette opération est possible, puis4ue la loi sur l'autonomie des ports a été récemment promulguée, mais le décret d'administration publique n'a pas encore été rendu et sa promulgation est nécessaire pour que la municipalité de Granville puisse traiter avec M. de Poorter. Il faut bien
i^ooner ne souffle pas mot de l'essentiel à savoir de l'amodia^ tion du port de Granrille qu'il sollicite et qu'il espère bien arracher à la complaisance du Gouvernement français. Or, c'est précisément cette concession, grave entre toutes, d'un port français à un étranger qui m'a fait écrire l'article du 14 avril l'Jl2.
M. Jos. de Poorter me dit en gros que ■ ni M. Thyssen, ni M. Krupp, ni quelque autre Allemand quelconque se trouve sous ses espèces ». Mais il ne souffle pas mot de l'ajournement de l'offre Krupp jusqu'à ce que la concession du port de Granville à M. Jos. de Poorter soit accordée.
Par cette condâiiou iine gua non la maison Krupp tient M. Jos. Poorter, lequel aspire lui-même à tenir le port de Granville.
Je lui ferai observer aussi qu'il a eu tort d'appeler sa société. Société Française des Minet de fer, attendu qu'il n'est pas français et qu'il est à la tête de la combinaison. Cette façon de franciser une entreprise hollandaise, suspendue pour une pari au bon vouloir de Krupp, apparaîtra comme un peu sommaire et même audacieuse.
Tous les Français penseront, comme nous, qu'il faut 4 M. Jos. de Poorter du toupet pour oser formuler l'assimilation entre sa Société des Mines de fer, dite française, administrée par un Hollandais et des marchands de vins français écoutant leurs produits au dehors. M. de Poorter oublie deux choses ; la première, qu'il n'est pas français. La seconde, qu'un ne saurait confondre uo canon de vju et un canon Krupp.
La lettre de M. de Poorter, extrêmement prudente et flottante sous son aspect de dénégation générale, ne modifle en rien lei> réflexions ijue ses prétentions sur le port de Granville m'avaient bUggcroes. M. Jos. de Poorter n'est peut-être pas • M PUS les espèces » de Thyssen et de Krupp, mais la qualité du c.onirat pasbé par lui avcc Thysïjin pour la conceshion de Jurquca, par exemple, — 100.0000 tonnes par an achetées d'aeanee pour 10 ans par Le groupement Thyssen, — fait de lui, Hollandais, l'associé et le féal du métallurgiste allemaad •a Normandie.