EXPLOITATION DES MINES DB FBR
remarquer que, d'ores et déjà, une grosse partie de la production de Bourberouge trouvera un placement immédiat, car la maison Krupp a offert à M. de Poorter de traiter pour 200.000 tonnes par an. Cette offre a été ajournée jusqu'à ce que la question du port de Granville soit résolue.
La concession de Bourberouge a donné lieu à des expertises d'ingénieurs allemands et, à la suite de leurs rapports, le groupe Stinnes avait demandé à M. de Poorter de prendre la direction de cette mine, moyennant la remise d'une somme de 1.500.000 fr. En outre le minerai extrait eût été partagé par moitié entre le groupe Stinnes et la Société française des mines de fer et enfin le groupe Stinnes aurait consacré une somme de un million cinq cent mille francs au développement de la mine. L'intention de ce groupe était de créer une usine métallurgique, avec un capital de 40 millions de francs.
On a estimé à 50 millions de tonnes le minerai probable de la concession de Bourberouge et on constate un enrichissement en profondeur.
Ainsi cette loi sur l'autonomie des ports français va avoir comme premier résultat la germanisation du port de Granville, condition sine qua non d'un contrat en bonne et due forme du Hollandais J. de Poorter avec la maison Krupp d'Essen Ruhr.
C'est de cette façon que la richesse métallurgique de la Normandie qui devrait être, sous un régime normal et national, une condition de prospérité pour notre pays, est devenue, de par la trahison de la République, un moyen de réalisation pour les visées allemandes, un moyen de pénétration pour l'industrie allemande.
A Bourberouge, comme à Jurques, chez de Poorter comme chez Lucien Baumann des Moulins de Corbeil, ne pénètre pas qui veut. Ces précautions ont leur raison d'être. Mais il n'est pas de porte si h«r-
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métiquement close que ne puisse forcer un patriote vigilant, malgré les cerbères étrangers.
On sait que l'aménagement d'une mine comporte un certain nombre de précautions et de travaux préalables, puits de sondage, constructions et autres, que règlent avec soin les ingénieurs, car c'est de cette vigilance initiale que dépendra, par la suite, la sécurité des travailleurs. A l'exploitation de Jurques, rien de semblable. Il n'y eut là aucun travail préalable, et tout y indique encore aujourd'hui la ferme volonté, chez l'exploitant, d'obtenir le plus de minerai, dans le plus bref délai possible, avec le minimum de moyens. Pour l'installation et la mise en œuvre, M. de Poorter a fait appel non à des ingénieurs, mais à un certain nombre de maîtres mineurs qu'il tenait ainsi plus étroitement dans sa dépendance. Il est entendu que le salaire des ouvriers — français, espagnols ou italiens — ne doit jamais dépas5îer six francs par jour. Il n'y a ici ni cité ouvrière, ni jardin, ni coopérative. Bien mieux, la société de secours MUTUELS, LÉGALEMENT OBLIGATOIRE, n'existe PAS. Amodiataire de Jurques, alors qu'il est propriétaire d'Ondefontaine, M. Jos.de Poorter considère évidemment que les lois françaises ne sont pas faites pour les étrangers et qu'il est au-dessus de leur observance. Ce :i donne un avant-goût de ce qu'il fera du port de Granville, le jour où le gouvernement de la République et la municipalité lui en auront accordé la concession.
Par ailleurs, la désobéissance aux règlements concernant les mines serait flagrante à Jurques. C'est ainsi que l'absence des manœuvres de sécurité y est absolue. Lk'< machines ont leurs soupapes calkes,
DE FAÇON A MARCiŒK A PLUS HAUTE PRESSION, ÉCONO-